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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

Chevauchée fantastique

FOALS

Montréal, Vendredi 10 mai 2013, Club Soda

mardi 14 mai 2013, par Cynthia Quellet

22h10 - Les lumières s’éteignent sur un Club Soda archi-complet pour accueillir le quintet anglais. Morceau instrumental en guise d’ouverture, Prelude, également premier titre du dernier album de la formation d’Oxford, Holy Fire, sorti en février dernier. Avant cela Antidotes (2008) et surtout Total Life Forever (2010) leur ont valu louanges et succès que l’on sait. Six ans que les cinq amis redonnent de l’oxygène au rock britannique ; normal que Montréal se bouscule pour les voir !

En piochant savamment dans leur back catalogue pour accompagner les chansons du nouvel opus, Foals a vu juste. Les premières notes de Total Life Forever retentissent à peine qu’on commence à s’agiter. On se dit que ça va être bon, très bon. Et ça le sera. Les airs funky du hit My Number sont d’une efficacité redoutable. Les touches électro de Bad Habit, les guitares pesantes d’Inhaler et Late Night, l’excellente Providence… tout est délivré à la fois avec passion, et avec précision. À l’image de Yannis Philippakis, leader chanteur et guitariste, qui du haut de ses 26 ans impulse une dynamique et une émotion remarquables. Une prestance, une voix, une plume, des riffs de guitare éclatants et un enthousiasme le poussant à aller jouer au milieu du public, tantôt les pieds sur le plancher, tantôt se laissant porter par les bras levés. Surprenant, et juste en même temps. La foule n’en demandait pas tant, alors quand il se jette littéralement au balcon, grimpant dans les hauteurs du Club Soda, ou quand d’un coup on le voit surgir derrière soi, on en reste cois.

On pense parfois à Grizzly Bear, plusieurs fois à The Cure, on me souffle un « Il y a du Echo & The Bunnymen, là-dedans », mais au-delà des comparaisons, le style Foals est un style en soi, un style qui se transpose merveilleusement sur scène avec juste ce qu’il faut de puissance et de retenue. Si on a décroché pendant cinq minutes de ce concert d’une heure trente, c’est bien le maximum. Pourtant les chemins que nous fait prendre Foals sont tortueux, mais puisque la magie opère, on est prêts à les suivre, à escalader, à plonger. Ils s’éclipsent au bout d’une heure quinze, avant un rappel de trois titres en version étirées dont Stepson et Inhaler qui clôtureront une très belle soirée. Un show rock, vrai, étonnant, qui transpire la sincérité, sans artifice et sans clichés. Holy Fire n’est peut-être pas un album des plus accessibles au premier abord mais après une expérience comme celle-là, on ne pense qu’à les réécouter, encore et encore, lui et les deux autres. Chapeau bas les poulains.

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