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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

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Haute-fidélité

FIMAV - 22ième édition

mercredi 24 août 2005, par Jean-François Rioux

Pour ceux qui croyaient que le FIMAV s’essoufflait, détrompez-vous ! Pour sa 22ième édition, le festival a attiré plus de 1000 amateurs que l’année précédente. Avec une telle grille horaire, cela aurait été une honte d’avoir moins de festivaliers. Nous aimons bien couvrir cet événement chaque année en espérant vous y retrouver l’année suivante si vous avez manqué l’évènement. Pendant pratiquement une longue semaine, la musique actuelle et expérimentale se donne à cœur joie dans les salles de Victoriaville, que ce soit dans une salle de cinéma, un cégep ou un aréna. Malheureusement, les concerts sont tous payants et rien n’est offert en plein air, ce qui pourrait convertir sans doute quelques connaisseurs de ce vaste style musical.

Nous avons couvert pour vous cinq concerts débutant samedi le 21 mai avec No Neck Blues B. La salle est ma préférée de celles que j’ai visitées dans les FIMAV passés. Mes attentes sont peut-être un peu trop hâtives. Bien assis dans la salle de cinéma, je vois le collectif entrer en scène et, dès les premières cinq minutes, j’avais l’impression de savoir en avance où allait ce concert. Plusieurs longueurs, heureusement pas trop d’agressivité. Chacun semble à son affaire, les impros sont un peu structurées, mais mènent parfois à la dérision et j’avoue avoir fermé les yeux pour mieux me concentrer sur le son que sur leur ennuyante performance. Le concert de NNCK ne m’a pas impressionné ni musicalement ni « spectaculairement » ; alors je me questionne sur ce que les vrais « fans » en pensaient. Au fond de moi, je me suis même dit : « On dirait un orchestre de sourds ! ».

Comme deuxième concert, nous avons vu le projet de Thurston Moore, Dream Aktion Unit. Comme j’avais personnellement vu Moore à quelques reprises à Victo, mes attentes étaient pas très grandes cette fois. Le surestimé Thurston Moore a été accompagné d’une brochette d’au moins sept ou huit musiciens, dans un torrent intense amené surtout par la batterie presque constante avec un ou deux repos forcés. La folie qui se dégageait de la scène était palpable, mais certains musiciens semblaient souffrir ou trouver cela quelque peu pénible. La vedette surprise fut Paul Flaherty qui nous a fait lever de notre chaise à quelques moments. Si Flaherty et son saxophone (?) n’étaient pas là, le concert n’aurait pas levé et aurait stagné dans la boue. Contrairement aux collègues new-yorkais de Moore, le No Neck Blues Band, son ensemble à lui, ressemblait à un orchestre d’aveugles incapables de lire leur notes sur un chevalet. Disons que c’était un concert pour faire saigner les tympans avec quelques hauts et plusieurs bas. Je donnerai quand même d’autres chances au leader de Sonic Youth dans le futur.

Dimanche le 22 mai, nous avons eu une belle journée, avec pour débuter, le concert d’Anthony Braxton Sextet. Personnellement, je découvrais ce talentueux saxophoniste-clarinettiste. Avec sa troupe, il nous a offert un concert à saveur jazz avec quelques expérimentations et jeux de progression forts intéressants. La prestation était de toute beauté et les oreilles n’ont pas du tout souffert cette fois. Le spectacle était beaucoup plus grand public, la musique était précise, mélodique et imprévisible. Anthony Braxton a été une belle révélation.

En fin de soirée, nous avons assisté au concert de William Parker & the Little Huey Creative Music Orchestra. Cette fois, le contrebassiste nous a coupé le souffle : un long concert puissant musicalement et techniquement. Ça sentait fort le talent dans l’aréna des Tigres ! William Parker est un contrebassiste d’un certain âge fort impressionnant, spectaculaire dans sa timidité. Bien entouré de sa troupe de plus de dix musiciens, ils ont tout donné et chacun dans l’assistance avait la bouche et les yeux grands ouverts. Parker manipule son instrument comme un roi, ses doigts rapides et précis lui ont valu le titre de « Iron Fingers », il donne l’impression que la musique marche autour de vous. Ce fut le spectacle le plus fort, pour ma part, que je me suis procuré quelques disques qui sont moins intéressants que les prestations « live » qu’il peut donner. Il faut voir William Parker une fois dans sa vie, que l’on aime le jazz, l’improvisation ou non.

Nous terminons notre séjour avec un concert à l’aréna le lundi 23 mai en présence des Boredoms. Le groupe asiatique était en feu, servant un très long concert d’une intensité monstrueuse. Le groupe qui a évolué beaucoup depuis ses débuts en a surpris plusieurs cette fois, créant sans doute un événement inoubliable pour les festivaliers. Il faut reconnaître que je ne m’attendais pas personnellement à une aussi grande foule que celle qui était présente se soir-là.

Félicitations à Michel Levasseur et son équipe pour un festival haut en couleurs. Il faut passer au moins une journée au FIMAV pour ouvrir vos sens musicaux et découvrir des styles que vous n’auriez jamais cru apprécier auparavant. J’aime bien finir avec des suggestions pour l’an prochain et, cette fois, les noms que j’ai en tête seraient Warren Ellis (Dirty Three), Michael Manring, Earth, Him ainsi que des groupes montréalais. Et j’apprécierais revoir John Zorn que j’ai manqué à son dernier passage au FIMAV.

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