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SALON DU DISQUE ET DES ARTS UNDERGROUND DE MONTRÉAL

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Le piège de l’intensité

CLAP YOUR HANDS SAY YEAH

En concert au Métropolis (Montréal), le vendredi 13 avril 2007

lundi 16 avril 2007, par Nicolas Pelletier

À l’instar d’Arcade Fire, Clap Your Hands Say Yeah est un groupe dont la majeure partie de l’intérêt réside dans l’énergie qu’ils dégagent, que ce soit en concert ou sur disque. Lorsque tous les éléments sont en place, le feu prend et on adore ! Mais lorsque la fatigue (ou la routine) s’impose, on sent vite qu’il manque ce petit quelque chose qui distingue les bands géniaux des ordinaires.

Le concert du vendredi 13 avril dernier au Metropolis a touché à ses deux ambiances. Parfois inspirés, parfois fatigués, le quintet dont les membres sont originaires de Brooklyn et de Philadelphie a offert des moments d’extase, puis d’autres de confusion, voire presque de fatigue. Servis par une solide section rythmique qui emprunte parfois les bons coups du disco (floor en évidence, hi-hat, etc.), Clap Your Hands étaient merveilleusement bien en fusion lors de certains morceaux servis de façon intense, comme Satan Said Dance ou Lost And Found. Mais le tout retombait parfois bien vite, soit entre deux morceaux, alors que les gars semblaient désorganisés, ou lors de pièces moins bien senties, comme le tube Heavy Metal, lancé en toute fin de spectacle, mais sans aucune énergie vocale. Il était temps que ça finisse.

À la défense du groupe, il faut savoir qu’ils sont présentement sur la lancée d’une longue tournée qui leur fait faire bien du millage. Après Montréal, ce seront les publics de Toronto, Buffalo, Nashville, Atlanta, Jacksonville, Orlando… à raison d’un concert par ville par soir sans aucun congé ! Et ce n’est pas fini : ils sont aux USA jusqu’au 3 mai, puis ce sera cinq dates en Australie et finalement une vingtaine d’autres en Europe, de Lisbonne à Munich en passant par Dusseldorff et l’Irlande ! Il faut battre son rock quand il est hot…

Il reste que les Clap Your Hands m’ont rappelé les débuts des Pixies mais aussi Violent Femmes : de courtes pièces intenses et punchées, une certaine dissonance, ici causée par l’étrange voix d’Alec Ounsworth (alors que la guitare lead de Joey Santiago occupait ce rôle chez nos lutins préférés) et une variété musicale appréciable, notamment grâce aux deux gars qui touchent autant aux claviers, qu’aux guitares. Très rafraîchissant, et efficace pour changer l’allure d’un concert. On peut aussi parler d’une certaine familiarité musicale avec Why ?, White Stripes, et nos Arcade Fire. En deux mots : un excellent groupe mais qui n’était pas à son meilleur.

ELVIS CHANTE DU FOLK

Deux mots sur l’excellente première partie précédant Clap Your Hands. Elvis Perkins et son groupe ont offert un folk de qualité qui, à première vue, laissait indifférent le jeune public du Metropolis venu y voir du rock. Mais Perkins ne s’est pas découragé et a livré son âme en toute confiance. Au bout des 45 minutes de sa prestation, il avait déjà conquis une grande partie de l’auditoire qui l’écoutait dorénavant plus attentivement. J’ai moi-même acheté sur place leur CD « Ash Wednesday », qui est fort agréable.

Perkins a le talent d’écrire et d’interpréter des chansons de qualité, bien construites et il possède un talent mélodique évident. Son style s’apparente à ceux de Cohen, Dylan, Blue Rodeo et des Mountain Goats. Un étrange contraste avec Clap Your Hands, il va sans dire, mais qui vaut la peine d’être entendu.

Nicolas Pelletier

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