[]

Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

Accueil du site > Concert > BLACK ANGELS, THE + DEAD MEADOW + SPINDRIFT

Séance hypnotique

BLACK ANGELS, THE + DEAD MEADOW + SPINDRIFT

Le mardi 25 octobre 2011 au Cabaret du Mile End

mercredi 26 octobre 2011, par Alexandre Fontaine-Rousseau

Trois groupes, c’est généralement trop. Avec les années qui s’accumulent, la patience s’étiole et les jambes perdent leur aplomb. Alors on se dit qu’on va arriver en retard un brin, question d’escamoter la première première partie. Surtout quand on a Dead Meadow et les Black Angels au programme. On sait d’emblée qu’on aura notre dose de rock avec un tel programme, alors pourquoi risquer l’overdose ?

Or, voilà, il ne fallait pas manquer Spindrift – entrée en matière franchement inspirante qui a donné dans le surf-rock à la sauce western sur quelques pièces avant de se lancer dans une rugissante finale psychédélique, entremêlant le stoner-rock exécuté avec un formidable aplomb et les élans « amérindiens » sans sombrer dans le ridicule qu’implique une telle description.

Dead Meadow roule sa bosse depuis maintenant plusieurs années sans jamais avoir obtenu le succès qu’il mérite. Il y a, évidemment, une explication logique à tout cela : ce sont des rockeurs psychédéliques honnêtes, techniquement aguerris, dont le répertoire compte de nombreuses pièces de résistance mais aucun « hit » à proprement parler, et ils ne possèdent pas ce charisme spectaculaire qui, en concert, séduit les masses. Ils se contentent de livrer la marchandise avec aplomb, donnant avec générosité dans le genre d’improvisations qui étaient plus populaires il y a de cela quelques décennies.

N’empêche que, comme il l’a prouvé l’an passé avec son solide long-jeu solo paru chez Tee Pee Records, Jason Simon est non seulement un foutu bon guitariste mais aussi un auteur-compositeur digne de ce nom. Un parfait disciple de l’école du classic rock qui a réussi à incorporer quelques enseignements du shoegaze à son style éminemment reconnaissable. Remarquez que, dans le contexte d’un show de Dead Meadow, on s’en fiche un peu. Ce qui fait de chaque passage du groupe à Montréal un événement à ne pas manquer, c’est l’exceptionnelle chimie qui existe entre lui et le bassiste Steve Kille – dont les lignes virtuoses mais efficaces rivent les envolées floydiennes et l’écrasant fuzz de Simon à une base solide.

Il y a une raison pour laquelle personne ne considère que The Old Growth soit le meilleur album de cette formation : ce qui fait que l’on aime Dead Meadow, ce sont les jams hypnotiques, les transes instrumentales qui s’étirent. Le trio de Washington, DC n’est pas dupe et c’est exactement ce qu’il a donné à la foule ce soir – terminant sa prestation avec l’enchaînement absorbant de ses deux meilleures pièces, At Her Open Door et Sleepy Silver Door, un morceau au riff si titanesque qu’il se trouve sur deux albums du groupe.

Les Black Angels, qui en étaient quant à eux à leur deuxième visite de Montréal cette année, ont pour leur part été à la hauteur des attentes. Mais sans plus. Gros son, bonne exécution : oui, tout y était. N’empêche que le troisième album du groupe, Phosphene Dream, est de loin le plus faible de leur discographie. C’est du Black Angels dilué, moins lourd et moins mystérieux, où le groupe délaisse l’atmosphère au profit de mélodies accrocheuses. Le disque semble, certes, avoir ses partisans, mais rien n’y accote jamais les chansons de Passover ou de Directions to See a Ghost – exception faite de Bad Vibrations, du Black Angels concis de première qualité.

Alors, au fur et à mesure que cet album s’installe dans leur répertoire et s’impose dans la liste des pièces interprétées, mon affection autrefois carrément débonnaire pour le groupe texan diminue. Ce soir, à l’exception de quelques vieux classiques, Phosphene Dream a dominé – et, sans joueur de sitar au rappel en guise de clou du spectacle, cette prestation m’a paru moins grandiose, moins mémorable, que celle d’avril passé à la Sala Rossa. Oui, ce soir, c’était moi ce vieux grincheux dans la foule qui disait : « ah, ce groupe-là était meilleur dans le temps ». Désolé.

Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0