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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

L’art de chanter des histoires

BÉNABAR

Vendredi 1er mars 2013, Métropolis, Montréal en Lumière

mercredi 6 mars 2013, par Cynthia Quellet

La langue de Molière était encore une fois à l’honneur vendredi soir au Métropolis. Une semaine après le triomphe de Matthieu Chedid, c’est son confrère Bruno Nicolini, alias Bénabar, qui montait sur scène devant un parterre de connaisseurs, parmi lesquels de nombreux français. (Merci Montréal en Lumière de nous avoir tant gâtés !)

David Giguère ouvre honorablement la soirée avec le titre « Dépanneur » et enchaîne les morceaux, nous offrant 30 minutes de pop énergique et électro, aux couleurs de son album Hisser Haut. Sa grand-mère lui ayant offert un disque de Bénabar il y a quelques années, il ne manque pas de partager combien faire sa première partie aujourd’hui est un moment spécial pour lui.

21h15 – C’est un Bénabar tout sourire, heureux d’être là (et content qu’il neige !), qui entame le spectacle avec La Phrase Qu’on N’a Pas Dite puis deux titres extraits de l’album Infréquentable (2008) : Si J’Avais Su et la populaire L’Effet Papillon, qui fait entrer le public dans la danse en deux temps trois mouvements. Chef d’orchestre d’un univers aux jeux de mots délicieux, aux mélodies entraînantes, à la plume encrée d’émotion, d’humour et d’autodérision, chacune de ses chansons raconte une vraie histoire. Bénabar représente la chanson française dans toute sa splendeur. La chanson populaire.

Entouré de ses 4 musiciens, il ira gaiement de quelques titres joyeux faisant références aux absurdités d’un quotidien qu’on connait tous avant de « casser un peu l’ambiance » avec Triste compagne, dont le refrain « Ça ira mieux demain, du moins je l’espère, parce que c’est déjà ce que je me suis dit hier. » résonne encore en moi. Après les incontournables Quatre murs et un toit & Le Dîner, chaleureusement reprises en chœur par la foule, j’ai le sourire aux lèvres et les yeux embués. Certains albums nous sont particuliers ; Reprise des négociations en est.

Un spectacle de Bénabar c’est aussi de franches rigolades, c’est passer des larmes au rire quand on l’entend nous dire qu’il s’économise parce qu’il joue à Québec le lendemain, se moquer de lui-même, suréquipé dans sa grosse doudoune… ou encore lorsqu’il évoque les sex shop des environs. Son art de jouer avec les mots peut presque tout rendre amusant. En témoignent la chanson animalière, Les deux chiens, ou encore son hymne aux Râteaux. Lui, qui confiait à Monique Giroux, en décembre dernier pour Espace Musique, combien ça lui tenait à cœur de revenir jouer au Québec et de se rapprocher du public d’ici, a fini par braver sa peur de l’avion et en a profité pour inviter l’artiste québécoise Amylie à venir l’accompagner sur le titre Titus et Bérénice. Chanson que l’on retrouve d’ailleurs sur la compilation de ses trois derniers albums, La phrase qu’on n’a pas dite, destinée uniquement au marché québécois.

Premier rappel acoustique, avec Les Mirabelles en hommage à Jocelyn Quivrin, son ami et partenaire dans Incognito, disparu quelques mois après la sortie du film (que Bénabar a aussi coécrit). Puis il nous met en joie en nous emmenant gambader À la campagne ; on danse, on rit, on tape des mains. L’ambiance est joviale. Les chauds applaudissements et le plancher qui tremble sous les pieds agités, le feront revenir pour un deuxième rappel, seul au piano avec la touchante, Je suis de celles, extraite de son 3e album, Les Risques Du Métier. Il salue la foule une dernière fois. « Merci à tous d’être venus. Merci à tous d’être restés. » Je ferme mon carnet. Je n’ai aucune idée de l’heure qu’il est. J’ai juste envie de dire : Merci Bénabar, de nous chanter de si belles histoires.

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