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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

Voyage pour tympans mélomane

BEIRUT

28, 29 et 30 septembre 2007 @ La Sala Rossa

samedi 6 octobre 2007, par Jean-François Sénéchal

La formation Beirut a offert une série de trois concerts les 28, 29 et 30 septembre derniers à la Sala Rossa. C’est dans le cadre de Pop Montréal que la bande de Zach Condon s’est présentée sur scène face à un auditoire impatient de faire la fête. Car c’est bien pour son énergie festive que Beirut est actuellement l’une des formations le plus en vue dans le monde de la musique indépendante. Son premier album, Gulag Orkestar (2006), avait effectivement séduit la critique et le public par son alliage absolument unique de genres, empruntant tout autant à l’univers musical des Balkans qu’au folklore européen-américain et à divers courants plus ou moins exotiques. Et c’est peut-être ce qui fait avant tout l’originalité de cette formation qui intègre tant d’influences mais qui possède un son si singulier. Il est par ailleurs tout à fait étonnant que le géniteur de ce projet soit à peine âgé de 23 ans, un jeune homme décidément ouvert sur le kaléidoscope sonore de la planète. Peu étonnant que ce soit au cours de ses voyages que Condon a amassé son inspiration, notamment en Europe de l’Est et en France. Il s’adressait d’ailleurs fréquemment au public en français pour présenter ses pièces. Plusieurs spectateurs ont été surpris de découvrir que c’est de ce frêle jeune homme que jaillissait la voix si pleine qu’ils avaient entendu sur disque. Mais ce que tous étaient venus entendre, c’était plus encore cette puissance instrumentale s’élevant de toutes ces cordes et de tous ces pistons qui font la marque de commerce de Beirut : accordéon, violon, contrebasse, trompette, bugle, cor, saxophone ténor, mandoline, ukulélé, tuba, etc. En tout, huit musiciens se partageaient cette panoplie pour faire naître des mélodies puissantes et envoûtantes. La salle devenait carrément euphorique quand la fanfare explosait pour entamer les pièces qui représentent les grands moments de Gulag Orkestar, mais aussi de The Flying Club Cup, l’opus qui paraissait dans les jours suivants la série de concerts donnés à Montréal. Dédié à la France, ce dernier album s’inspire de l’esprit de l’hexagone tout en élargissant encore davantage le spectre d’influences de la formation. À noter les excellentes pièces Nantes et Cliquot, bien reçues par le public qui, pourtant, ne les connaissait pas encore. Mais ce sont les pièces de Gulag Orkestar qui ont remporté le plus de succès, souvent plus festives et puissantes du point de vue sonique que celles du dernier opus. L’un des concerts s’est d’ailleurs terminé par deux pièces du premier album, Mount Wroclai et The Gulag Orkestar. En tout, un peu plus d’une heure de musique a été offerte au public montréalais à chaque soir, une durée peut-être un peu courte, mais remplie à craquer. Tous l’ont bien senti, il y avait quelque chose de spécial dans l’air, et ça ressemblait étrangement au plaisir.

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