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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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Du chaos émerge la beauté

ARTHUR, JOSEPH

Le 1er décembre 2011 au Théâtre Corona, Montréal

lundi 12 décembre 2011, par Nicolas Pelletier

La force et l’aplomb de cet auteur-compositeur-interprète sont impressionnants et émouvants. Pas seulement parce qu’il joue de tous les instruments simultanément, mais parce que sa sensibilité est à fleur de peau, que ses airs viennent du cœur même si la technologie du loop dont il est le pionnier épate au premier abord. C’est maintenant un détail, ce sont ses chansons qui sont à l’avant-plan.

Comme si ce n’était pas assez, Joseph Arthur s’est mis à peindre sur scène, pendant qu’il chante ! Facile, direz-vous puisqu’il loop déjà tous ses instruments qui continuent à émettre des sons sans qu’il ait à les jouer à répétition. Aussi bien aller prendre un café... Arthur choisit de jeter quelques couleurs sur une toile montée sur un chevalet, sur laquelle des images filmées sont projetées constamment, tout au long du concert. Certaines images sont tournées dans une ville non identifiée, d’autres sont des animations créées à partir de ses toiles et de ses personnages. Bien que je ne sois pas, personnellement, un admirateur de ses œuvres visuelles que je trouve très sombres, bordéliques et déprimantes, j’admire la démarche et trouve le gars sympathique et jamais prétentieux.

Au niveau musical, Arthur est de plus en plus fort. Sur I Miss the Zoo, c’est presque le fils de Lou Reed qui se réincarne devant nos yeux (un Lou Reed qui peindrait...). Ses fidèles fans connaissent chaque mot de ses classiques, comme Into the Sun, Say Goodbye et Walk Away. Il s’est récemment lancé dans des chansons un peu plus engagées, comme We Stand As One, qu’il a offert à titre de support aux groupes Occupy des différentes grandes villes américaines et canadiennes (Occupy L.A., Occupy Montreal...).

À travers ses boucles en séquences, Arthur se permet des périodes de bruits qui semblent de prime abord chaotiques, mais à travers lesquelles émergent des mélodies cachées sous les notes répétées et la distorsion. Il en rajoute avec le vocodeur (oh sacrilège) et réussit presque à faire quelque chose avec cette merde de dance floor. Bon, il ne peut tout accomplir en une soirée !

C’était un concert généreux qui s’est terminé au-delà de minuit. Deux heures de performance solo, avec ses moments bruyants puis intimes tout en passion et en extrêmes. Le gars est intense et verbeux, il en a à raconter.

Texte et photo : Nicolas Pelletier

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