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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

Première semaine

FANTASIA 2016 (1)

Montréal, du 14 juillet au 3 août 2016

vendredi 22 juillet 2016, par Anne-Julie Lalande

Cette première semaine de miaulements et réactions réjouissantes du public dans les salles de l’Université Concordia maintenant achevée, voici un petit compte-rendu des quelques évènements et projections auxquels j’ai eu le chance de participer.

CONFÉRENCE DE GUILLERMO DEL TORO

Récipiendaire du prix Cheval Noir de cette 20ème édition du Festival Fantasia, le réalisateur du Labyrinthe de Pan, Hellboy, Pacific Rim et plusieurs autres a répondu aux questions de la presse vendredi dernier. S’ouvrant sur divers sujets, passant de questions manifestement issues de médias également fans du cinéaste et d’autres plus pratiques sur sa méthode et ses projets à venir, Del Toro a d’abord et avant tout exprimé son amour pour le fantastique et son importance auprès de ceux qui en chérissent la diffusion. En passant par l’imagerie de Frankenstein et Nosferatu, le réalisateur mexicain a fait hocher de nombreuses têtes enthousiastes en mentionnant l’importance de l’imagerie fantastique dans l’histoire du cinéma.

Del Toro en a également profité pour expliquer et partager son amour des monstres et de la place qu’ils occupent dans sa vie depuis son enfance. Il considère Frankenstein, par exemple, comme une figure « messianique », et sa résidence secondaire, emplie de divers objets de collection en lien avec le cinéma d’horreur et fantastique, comme un mausolée.

Déplorant une culture de la haine et du cynisme, Del Toro a d’autant plus prononcé quelques mots profondément justes lorsque questionné sur la relation entre les cinéastes et la réception de leurs films sur le web : « Nous avons remplacé l’intelligence par le cynisme […] Les émotions sont ‘’corny’’ […] Les émotions sont le nouveau punk ».

Un bon hommage au cinéma de genre en général de la part du cinéaste teintait l’ensemble de la conférence, mais également un bel avant-goût des projets à venir comme une potentielle adaptation de Pinocchio et une ouverture quant à la possibilité d’adapter Lovecraft après la « fausse-couche » (dans les mots du réalisateur) de All the Mountains of Madness il y a quelques années.

HUNT FOR THE WILDERPEOPLE

Hunt for the Wilderpeople est une adaptation d’un roman néo-zélandais de Barry Crump. Teinté d’un parler à l’accent parfois difficiles à saisir pour une oreille nord-américaine, le film rend parfaitement justice à son médium d’origine tout en profitant de plusieurs possibilités cinématographiques afin d’y inculquer un dynamisme remarquable et maîtrisé. Suivant l’histoire du pré-adolescent joufflu Ricky Barker, ce dernier film de Taiki Waititi est un récit d’apprentissage hors-du-commun, touchant et hilarant. Le nouveau venu Julian Dennison et l’éternel Sam Neill resplendissent dans des rôles plutôt opposés et relativement classiques dans la relation qui les lie l’un à l’autre et qui leur permet d’exploiter leurs meilleures facettes. Flirtant avec un aura qui rappelle Wes Anderson, précisément Moonrise Kingdom, qui met également en scène une escapade juvénile, Hunt for the Wilderpeople est une véritable friandise au grand coeur qui a fait éclater de rire à maintes reprises un public enthousiaste du début à la fin. Les paysages de la forêt néo-zélandaise en plans aériens alimentent l’esprit coloré d’un film qui possède finalement très peu de défauts et qui saura ravir aussi bien le public que la critique.

Hunt for the Wilderpeople est à l’affiche à Montréal à partir du 22 juillet.

IN A VALLEY OF VIOLENCE

Western assumé qui ne tente jamais de s’affirmer en tant qu’héritier du genre ou de tenter une appropriation qu’on pourrait associer au postmodernisme, In a Valley of Violence est une simple histoire de vengeance à l’ère du Far West avec deux grosses têtes d’affiche : Ethan Hawke et John Travolta. Changement de genre pour Ti West qui joue généralement dans la cour de l’horreur, In a Valley of Violence possède tout de même plusieurs codes et formalités se rapprochant du slasher film. Hommage au genre à plus petite échelle que ses ancêtres, qu’ils soient américains ou spaghettis, ce film au scénario sommaire est d’assez courte durée pour être efficace et divertissant sans véritablement s’illustrer au-delà de son caractère qui ressemble finalement à John Wick, mais dans le désert il y a plus d’une centaine d’année. Ethan Hawke y livre une performance qui ne passera pas à l’histoire malgré sa justesse habituelle, d’autant plus que le film sort la même année que Born to be Blue, l’un de ses plus grands rôles en carrière. Le plus gros hic du film réside malheureusement en ses quelques personnages féminins incapables d’exister en dehors de leur nécessité absolue d’être reconnue aux yeux d’hommes machos et parfois vulgaires. Il s’agit bien entendu d’une époque où la femme était regardée autrement, mais en 2016, il est difficile de comprendre pourquoi un effort de plus n’a pas été mis afin de rendre ces personnages un peu plus multidimensionnels.

THE EYES OF MY MOTHER

Selon le réalisateur Nicolas Pesce, le but principal de ce premier long-métrage est de procurer une expérience étrange au spectateur. Présenté comme une des expériences les plus intenses de la programmation de cette année, le niveau d’étrangeté et d’inconfort de ce premier film du réalisateur portugais possède tous les éléments lui permettant d’atteindre l’objectif désiré. L’élément déclencheur du film survient alors que la mère d’une petite fille nommée Francesca est sauvagement assassinée dans son propre domicile par un psychopathe local. Plus les années passent et plus Francesca doit apprendre à appréhender sa solitude ; malheureusement, cette expérience traumatique l’empêche de fonctionner normalement et la pousse à agir de façon particulièrement inaccoutumée et inquiétante. Les images en noir et blanc et la direction photo en général de Zach Kuperstein rendent bien l’atmosphère cauchemardesque parfois visiblement inspirée de David Lynch. Ce traitement de l’image combiné aux actions troublantes de sa protagoniste confèrent à The Eyes of My Mother un aura horrifiant et dérangeant. Par contre, choquer est rarement synonyme de satisfaire. Cette dédale psychotique est-elle finalement une simple allégorie de la solitude ? Ou bien s’agit-il d’en mettre plein la vue sans vocation précise ?

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