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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

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Fantasia 2014 - Meow Mix (3)

Du 17 juillet au 6 août 2014

jeudi 31 juillet 2014, par François Legault

Du haut de ses 4 pieds bien sentis, Daniel s’affaire à enlever le micro de la scène et à éteindre les lumières de la salle en pointant sa manette à la manière de James Bond. Durant les quelques secondes de noirceur précédant le film, on peut entendre des chats miauler, des chiens japper et d’autres espèces animales se manifester avant que le silence s’installe pour la projection d’un film. Cette tradition au festival on la doit bien sûr au public un peu débile mais elle provient avant tout de la série Simon’s Cat qu’on peut apprécier durant la folie créatrice qu’est le collage de courts métrages vidéo annuel de DJ XL5, alter ego de Marc Lamothe. Depuis déjà plusieurs années, ce dernier organise à Montréal et environs des soirées de projections thématiques à l’allure de party chacune mettant en vedette un type de cinéma particulier. Les cinémas mexicain, italien et indien ont d’ailleurs reçu de vibrants hommages de la part du programmateur lors de ces soirées. Une cuvée spéciale est présentée annuellement lors du festival et celle-ci est toujours haute en couleurs. Tel un micro festival, cette soirée représente bien l’ensemble de la programmation pour qui voudrait se la taper entièrement d’un coup. On y a toujours droit à de nombreuses exclusivités internationales. Le collectif québécois Roadkill Superstars fait partie des invités de marque à s’y produire depuis de nombreuses années. C’est un rendez-vous à ne pas manquer. D’ailleurs le collectif présente une conférence sur l’ensemble de ses travaux réalisés jusqu’à maintenant le lendemain de la soirée de DJ XL5 qui a lieu ce jeudi. Une bande annonce pour la version long métrage de leur film Turbo Kid y sera notamment dévoilée. Si vous n’avez pas encore vu le court métrage un visionnement s’impose.

Voici maintenant un retour sur la deuxième semaine de projections qui se termine suivi d’un aperçu de la troisième et dernière semaine de l’édition 2014 de fantasia.

Le drame de science-fiction Predestination mettant entres autres en vedette Ethan Hawke m’a agréablement surpris. L’intrigue bien ficelée ponctuée de voyages dans le temps et de rebondissements des plus imprévus m’a gardé en haleine tout au long de son dénouement. Plusieurs éléments du film semblent de prime abord tirés par les cheveux et on se demande continuellement si la fin du film saura satisfaire ou si une partie de l’intrigue s’avérera inexpliquée. On en beurre épais de la science-fiction dans Predestination mais le jeu en vaut la chandelle. Les pièces du casse-tête s’emboîtent avec un rythme parfait, si bien qu’on a l’impression d’être plus intelligent en sortant de la salle, le sourire aux lèvres.

The House at the End of Time joue lui aussi avec le temps, superposant les époques dans une histoire de maison hantée située hors du temps. Les personnages du film semblent d’abord poursuivis par des fantômes et on comprend peu à peu que ce sont en fait des tours que la maison leur joue en leur envoyant des répliques du futur. Le film du Venezuela rappelle les classiques d’horreur italiens de Dario Argento. On comprend souvent mal les raisons qui poussent les personnages à agir comme ils le font. Le récit en souffre un peu et les scènes attendrissantes et colorées où on voit les enfants jouer semblent superflues par moments. Le film a connu beaucoup de succès à sa sortie, espérons qu’il sera l’initiateur d’une vague où d’autres talents se feront connaître.

Le dessin animé Hal était magnifique. Les images y sont d’une richesse propre à de grands classiques du genre. Les sentiments sont au cœur même de l’histoire du film mais on voit difficilement où on veut nous emmener. Les relations entre les personnages sont diffuses et les révélations bien que spectaculaires ne surprennent pas. Les émotions manquent cruellement de naturel et le film s’avère plutôt ennuyant étant donné qu’il se veut poétique. Le réalisateur aurait dû revoir les films de Satoshi Kon ou même le très beau Metropolis afin d’y étudier l’importance des émotions avant de nous balancer un drame aussi froid.

The Creeping Garden est un des rares documentaires à être présentés au festival. Très intéressant, il nous fait partager les points de vue de plusieurs collectionneurs, scientifiques, artistes et spécialistes dans le domaine des myxomycètes, espèce colorée située entre le champignon et l’animal qui vit et se déplace dans la nature sur des troncs d’arbres et qu’on comparerait à priori à de la moisissure. On y étudie le comportement de ceux-ci dans diverses situations, comme par exemple dans un labyrinthe où on a caché de la nourriture. La croissance et les mouvements sporadiques inspirent plusieurs scientifiques qui élaborent des sorties d’urgences dans les bureaux à étages ou même des musiciens qui interagissent avec eux en y branchant des électrodes reliées à un piano. Le comportement erratique des myxomycètes est fascinant.

The Man in the Orange Jacket est une œuvre qui dérange. Le personnage principal, un tueur antipathique et instable psychologiquement est en proie à des crises de paranoïa alors qu’il s’imagine des visiteurs dans un grand manoir où il a tué les occupants. On s’y sent souvent comme dans The Shining, dans une maison trop grande dont on ne connaît pas toutes les pièces. Les scènes de meurtres sont d’une perturbante violence inouïe. La narration non linéaire nous donne parfois l’impression d’avoir manqué quelque chose. Le personnage s’endort, rêve et se réveille ailleurs. La musique est souvent présente et enveloppe magiquement le film. Je n’aime pas la violence gratuite et cruelle, alors la musique demeure ce que j’ai préféré du film, qui nous donne néanmoins une bonne impression du point de vue qu’on peut avoir quand on vit dans la tête d’un tueur.

Maintenant un aperçu des quelques films à voir cette prochaine semaine, en vous rappelant bien sûr de ne pas manquer la soirée DJ XL5’s Helluva Zappin’ Party.

The Hundred-Year Old Man Who Climbed Out the Window and Disappeared est une comédie criminelle suédoise adaptée d’un roman best-seller qui a beaucoup fait parler de lui. On y suit les péripéties d’un homme âgé de cent ans qui s’échappe de sa maison de retraite avec une valise bourrée d’argent volée à des criminels qui le poursuivent. Passionné par les explosifs, le vieux sème le désordre partout où il passe. À première vue le film me fait penser au célèbre Trainspotting ainsi qu’aux films de Guy Ritchie.

Frank met en vedette Michael Fassbender (Prometheus, X-Men) dans le rôle d’un musicien timide qui se cache sous un gigantesque masque en plâtre. Cette apparence étrange et son talent certain pour la musique lui permettront de voyager pour enregistrer un album en Irlande et de le lancer ensuite au Texas lors du festival South by Southwest. La comédie est en partie écrite par celui qui nous a livré le récit de The Man Who Stare at Goats.

Metalhead traite de l’amour que porte une jeune fille pour le heavy metal. Elle vit dans un village perdu loin de tout avec ses parents et porte le deuil de son frère dont elle honore le souvenir en jouant de sa guitare. Incomprise, elle rêve de quitter le trou où elle vit et rend fou ses parents avec sa musique du diable. Comme c’est le cas pour Frank, ce film semble peindre le portrait d’un être torturé qui se libère par sa musique. Metalhead semble néanmoins plus près du drame que de la comédie.

Le drame sud coréen Steel Cold Winter raconte l’histoire d’un jeune homme qui déménage et change d’école suite au suicide d’un ami dont il se sent responsable. Rongé par la culpabilité, il fera la rencontre d’une adolescente que tout le monde méprise et croient folle. Les deux amis apprendront à soigner mutuellement leurs blessures en faisant fi de la cruauté de leurs semblables. L’action se déroule dans un village enneigé à flanc de montagne, dépaysement garanti en ce mois de juillet en ville.

Le film officiel de clôture du festival cette année met en vedette Gérard Depardieu dans le rôle d’un gros bonnet riche et fanfaron qui se retrouve au cœur d’un scandale sexuel. Je n’ai vu qu’une centaine des films de l’acteur, c’est bien peu je l’admet, mais je ne crois pas qu’on ne l’ait vu jouer ce type de rôle jusqu’à présent. Le film semble regorger de scènes d’orgies et de jolies escortes. Le réalisateur nous a livré de grands films criminels et plusieurs d’entre eux mettaient en vedette le superbe Christopher Walken. Celui-ci semble des plus intéressants.

Ceci conclut mes suggestions pour cette dernière semaine de projections. Je vous donne rendez-vous avec un retour sur celle-ci après le festival. Bon cinéma !

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