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FANTASIA 2014 - ENFIN 18 ANS !

Du 17 juillet au 6 août 2014

jeudi 17 juillet 2014, par François Legault

On se souvient tous de ces choses qui nous faisaient envie bien avant d’avoir dix huit ans. Sortir dans les bars, acheter de l’alcool ou des cigarettes sans craintes, jouer à la loterie. Plusieurs d’entre nous ont goûté ces traîtres plaisirs bien avant d’en avoir l’âge légal. Adolescents, nous sentions une injustice quand on se faisait refuser le moindre accès à quoi que ce soit dû à notre âge. En bout de ligne, en y pensant bien, on ne manquait pas grand chose en ne goûtant pas ces choses réservées aux adultes. Si il y a bien une chose par contre dont le souvenir me fait encore rager même aujourd’hui, c’est de m’être vu refuser l’accès à un film sous prétexte qu’il était réservé aux plus de treize, seize ou dix-huit ans. Qu’à cela ne tienne, les temps ont beaucoup changé ; il y a bien encore des films réservés aux plus grands mais la censure a drôlement changé de place au cours des dernières vingt années. Le festival de film de genre Fantasia fête ses dix-huit ans cette année et je serais bien surpris d’y voir un ado se faire refuser l’accès à un film d’horreur.

Le moment est aux réjouissances ; le menu des cinéphiles est en ligne, les programmateurs exultent et les cinéphiles n’ont qu’à bien se tenir. Avec une salle entièrement rénovée et une programmation des plus intense et variée, cette édition battra à nouveau des records d’assistance, j’en suis certain. J’ai à nouveau cette année, pour une douzième fois, l’honneur et le privilège de partager avec vous, lecteurs d’emoragei, mes impressions et coups de cœur face à cette enième édition du festival de films de genre le plus prisé de Montréal (oserais-je dire du globe ?). Voici donc sans plus tarder un aperçu des projections qui ont retenu mon attention durant cette première semaine en salles.

Adapté d’un célèbre manga, le film d’action très coloré Kite attire l’œil par sa superbe photographie. La bande annonce rappelle à la fois Natural Born Killers et Survive Style 5+, film qu’on ne peut s’empêcher de mentionner à qui mieux mieux au festival tant il a fait parler de lui. Mettant en vedette Samuel L. Jackson et une jeune et jolie rouquine armée et rebelle qui n’a rien à envier à Nikita, ce film d’action violent axé sur la vengeance à tout prix saura en mettre plein la vue.

Est-ce un drame ou un thriller psychologique ? Dépourvu de bande annonce, le film Faults nous réserve son lot de mystères. Mettant en vedette et coproduit par la jeune actrice qu’on a d’abord aperçue derrière sa batterie dans l’immense succès Scott Pilgrim vs The World, le film semble jouer avec la peur que suscite le phénomène des sectes. Un spécialiste des manipulations mentales et conférencier déchu et frisant la misère tentera de ramener à la raison une jeune femme qui semble avoir trouvé sa voie auprès d’une secte mystérieuse. On peut s’attendre à un huis clos digne de l’excellent Killing Words qu’on a pu apprécier il y a longtemps à Fantasia (mon dieu, c’était en 2004).

Les grands films d’action coréens sont bien souvent spectaculaires et la réalisation de Cold Eyes présenté cette année semble des plus léchées. Un détective y pourchasse un voleur de banques à l’aide d’un système de surveillance hautement sophistiqué. Les deux hommes sont redoutablement préparés et le film semble être une explosion d’artifices intellectuels. Autant le policier trouve accès à des façons auxquelles on n’imaginait pas l’existence pour rattraper son homme, autant ce dernier déploie des techniques imprévues pour y échapper. Si ce film s’avère à la hauteur de mes espérances, on se sentira constamment surveillé après l’avoir vu. Je me souviens d’un film coréen semblable où le fugitif qui détenait une famille en otage dans un building changeait constamment de carte SIM dans son téléphone pour éviter d’être repéré. Rappelez-vous de Batman et de son téléphone qui faisait office de sonar comme dans un sous-marin. C’est à ce genre de surprises que je crois être en droit de m’attendre lors de la projection de ce film.

Un choix déchirant s’impose entre deux drames présentés une seule fois et en même temps au festival. Le film Boyhood met en vedette Ethan Hawke, Patricia Arquette et un jeune garçon qui y joue le rôle principal. Ce dernier a été filmé par le réalisateur durant douze ans de sa jeune vie, de l’enfance à l’adolescence. Le film récolte un tonnerre d’applaudissement à chacune de ses diffusions, on dit de cet ovni cinématographique qu’il est un phénomène en soit. Le film I Origins de son côté est un drame de science-fiction étoffé, deuxième réalisation de celui qui nous avait livré le fabuleux Another Earth en 2012 au festival. Dans ce film une jeune femme espérait trouver une seconde chance à sa sortie de prison en visitant une deuxième planète terre qui apparaissait aux côtés de la lune. Dans le cas de I Origins, un scientifique étudie les yeux. Convaincu que chaque paire d’yeux est unique, il tente de retrouver l’âme de sa conjointe défunte auprès d’une jeune fille indienne qu’il veut à tout prix rencontrer lorsqu’il apprend que ses yeux sont en tout points identiques à ceux de celle qu’il aimait. La prémisse peut sembler étrange au premier abord mais on peut s’attendre à un bijou semblable à Contact ou The Man from Earth.

Présenté en première internationale, le thriller Honeymoon nous fait partager la lune de miel d’un jeune couple dans un chalet perdu au fond des bois. Le film semble traiter de la peur des affres du mariage, de l’angoisse de s’abandonner l’un à l’autre. Les personnages du film semblent se réveiller à l’occasion dans le bois sans trop savoir où ils sont. On pourrait croire d’abord à un film de loups garous ou une forme de métaphore par rapport au sort de ceux-ci mais la bande annonce en dit très peu. L’horreur de s’engager auprès de quelqu’un dont on ignore tout effraie, mais il ne semble pas s’agir ici d’un mariage forcé. Ma curiosité est néanmoins piquée.

Mitch Davis est un des programmateurs de longue date du festival. Plusieurs vénèrent ses choix et attendent chaque année avec impatience de connaître ses sélections. Passionné de cinéma d’horreur, ce dernier est doué pour discerner une forme de poésie visuelle là où plusieurs ne voient que des tripes et semble prendre un malin plaisir à consommer certaines cruautés. Il n’est pas donné à tous de percevoir le grand art qui se cache dans le chantage émotif des films de Todd Solondz. Rire de la terreur des autres est un plaisir malsain certes mais agréable que j’aime partager avec lui. Je vous convie tous à nouveau cette année à la présentation de l’édition 2014 de Small Gauge Trauma, un bloc de courts métrages étranges, glauques et psychologiquement violents triés avec soin par le maître qu’est Mitch dans le domaine. Je ne lis jamais les synopsis avant de me rendre à ce rendez-vous annuel mais j’en sors chaque fois ébranlé. Je ne peux faire autrement que de vous le recommander.

Évidemment, plusieurs autres films sont à l’affiche. Mamoru Oshii recevra un prix honorifique en personne sur place pour l’ensemble de sa carrière lors de la présentation d’une version restaurée en HD de Ghost in the Shell. Le film de science-fiction de Terry Gilliam Zero Theorem sera aussi présenté en première canadienne. Un nouveau long métrage animé intriguant signé Bill Plympton intitulé Cheatin’ connaîtra aussi le même honneur. Deux autres suspenses étranges, The Reconstruction of William Zero et Thou Was Mild and Lovely effraieront avec respectivement les dangers du clonage et de l’adultère. Je compte assister à un maximum de ces projections. Je vous conseille d’en faire autant. Les quelques semaines de festival auxquelles nous avons droit chaque année sont pour moi des plus précieuses et c’est toujours un plaisir de les partager avec vous et tous ces cinéphiles enjoués qu’on croise au festival Fantasia.

Je vous donne rendez-vous à nouveau la semaine prochaine pour un aperçu de la deuxième semaine de projections et un résumé de la première. Bon cinéma !

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