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Fantasia 2014 - Dégoûtant et de bon goût (2)

Du 17 juillet au 6 août 2014

jeudi 24 juillet 2014, par François Legault

Une première semaine saisissante se termine pour le festival fantasia. À entendre les discussions dans les files d’attente celle ci semble avoir satisfait la plupart des cinéphiles. Bien que l’édition précédente au cinéma impérial a beaucoup plu, tous semblent heureux de retrouver les salles de l’université Concordia, rénovées et confortables comme jamais auparavant. Voici venu le moment de partager avec vous mes impressions sur les films que j’ai pu visionner cette semaine et de vous donner un aperçu de ceux qui me font envie pour la deuxième.

Pour commencer, le film Kite constitue ma seule déception de la semaine. Adapté d’un populaire manga, le film jouit d’une photographie exceptionnelle. Les couleurs sont fabuleuses et lors des nombreuses scènes de poursuite, les chorégraphies et les mouvements à la fois acrobatiques et fluides des poursuivants sont à couper le souffle. Dans un univers post apocalyptique, l’actrice principale assouvit sa soif de vengeance en assassinant très violemment tous ceux qu’elle estime coupables du meurtre de ses parents. Le carnage d’une heure se termine quand elle élimine le chef. On s’attendrait à voir le générique défiler mais non, c’est là qu’on a cru bon d’instaurer une intrigue policière jusqu’à présent quasi absente. On explique, on élabore, on tente de fasciner mais bref on provoque l’effet contraire et la performance plus ou moins consistante de Samuel L. Jackson (Mace Windu, Shaft) parvient à me convaincre de ne plus dorénavant le considérer comme une motivation à voir un film.

J’ai beaucoup aimé l’ensemble des autres films que j’ai pu voir par la suite. L’excellent film Faults m’a énormément surpris. Mariant avec brio drame et comédie, le film rappelle les films de Todd Solondz (Happiness, Storytelling) pour sa façon de se moquer de la condition humaine et se déroule dans une atmosphère cynique et drôle comme dans les films de Quentin Dupieux (Rubber, Wrong). Tous semblent vouloir profiter de la faiblesse d’esprit de l’autre dans ce film qui nous fait constamment changer d’opinion sur les personnages. On a tour à tour l’impression qu’ils sont tous sujets à de graves problèmes mentaux. Les punchs se succèdent et sont tous très efficaces. Plusieurs questions semblent rester sans réponses mais le film ne donne au spectateur aucune raison de s’en soucier. La performance de Mary Elizabeth Winstead (Ramona dans Scott Pilgrim vs. The World) est sublime. Sa beauté me rappelle par moments une jeune Sigourney Weaver.

Le film coréen Cold Eyes m’a fasciné par ses bonnes idées. Je m’attendais à être impressionné par un déploiement de technologies nouvelles mais c’est plutôt la façon dont le chef gérait sa troupe d’espion en les déplaçant sur une mappe d’un secteur de la ville qui m’a étonné. Chacun possède ses forces et ses faiblesses et celui-ci tire profit de son équipe un peu comme dans une partie d’échecs. L’actrice qu’on accompagne et qui le seconde possède une mémoire photographique ahurissante et les capacités de chacun serviront à coincer un malfrat intelligent qui lui aussi tire les ficelles à sa façon en élaborant des coups sans bavures, ou presque. L’adrénaline nous tient en haleine lors de ces moments d’action qui ne prennent néanmoins pas toute la place. Le rythme est bien établi et l’intrigue bien ficelée. La Corée se spécialise depuis nombre d’années dans ce type de film, celui-ci ne fait pas exception à la règle.

Honeymoon s’est avéré une agréable surprise. Le film qui tangue entre l’horreur et la science-fiction met en vedette un couple de jeunes acteurs dont le jeu est d’un naturel impressionnant. En vacances dans un chalet près d’un lac perdu au fond des bois pour leur lune de miel, ils seront victime d’un mal dont on ignore la teneur exacte tout au long du film. L’amour inconditionnel cède sa place à la méfiance et au doute, la menace semble venir de l’extérieur mais on n’en sait rien. Le récit tient en haleine, on a constamment hâte de connaître la suite et on fait quelques sauts à l’occasion. Le climat instauré suffit à effrayer avec peu de choses mais on est quand même loin des clichés et de la traditionnelle porte qui claque. L’horreur provient des personnages et des changements qui les habitent, un peu comme dans les premiers films de Cronenberg.

Mitch Davis a présenté son édition annuelle de Small Gauge Trauma, une sélection de deux heures de courts métrages dérangeants et obscurs. Habituellement présenté en semaine autour de cinq heures, le programme a cette année bénéficié d’une présentation en soirée. La salle était pratiquement pleine et la sélection était des plus spectaculaires. Un type que tout le monde a vu en rêve la nuit précédente ne peut approcher personne sans les effrayer, et le jour de son anniversaire en plus ! Un train fantôme dans un parc d’attraction abandonné cause la mort à un enfant et des insomnies à son ami trente ans durant. Une descente de police vire mal dans un immeuble qui rappelle celui des films Rec (Quarantine pour les moins chanceux) alors qu’un rituel satanique qui semblait terminé est en fait en cours. Des yeux et des sacs poubelles qui bougent en maugréant font perdre la raison aux policiers qui croyaient avoir tout vu dans le métier. Un film d’animation en stop motion magnifique fait de laine d’acier et de marionnettes aux yeux qui pleurent. Mis à part quelques variantes artistiques de films de zombies qui laissent à désirer (je déteste les zombies) cette soirée s’est avérée des plus mémorables.

Lors de cette prochaine semaine plusieurs films ont attiré mon attention. Voici quelques brèves descriptions de ceux que je compte voir et vous recommande.

Le voyage dans le temps est à la mode cette année, au moins quatre longs métrages abordent le sujet. The Infinite Man est une comédie qui relate les déboires d’un comptable ennuyant qui tente de renouer avec sa femme en lui faisant revivre leurs plus beaux moments. Quelques jeunes découvrent un appareil photo qui prend des photos d’eux dans le futur et s’en servent à leur compte avant que d’autres personnes ne veulent leur part du gâteau dans Time Lapse. Ethan Hawke est une police temporelle qui tente d’empêcher les crimes avant qu’ils ne soient commis dans Predestination. L’avantage de ce film c’est qu’il ne met pas en vedette Tom Cruise alors on est en droit de s’attendre à quelque chose d’original. La bande annonce vient d’être mise en ligne aujourd’hui.

The House at the end of time semble lui aussi aborder le voyage dans le temps mais d’une façon autre. Une femme qui a passé sa vie en prison pour un crime dont elle est innocente retourne à la maison avec promesse de ne pas la quitter durant sa probation. Quelque chose semble habiter la maison ou l’esprit de la vieille femme. Les époques s’enchevêtrent et le mystère s’épaissit. Ce film a connu un succès monstre au Venezuela d’où il provient et y a gagné un prix honorifique. Plus près du film d’horreur que de science-fiction, ce film semble avoir de quoi étonner.

At the Devil’s Door est le second film du réalisateur qui nous a livré The Pact. Il y est ici aussi question d’une maison hantée. Une agente d’immeuble doit vendre une maison où un pacte satanique a été signé. L’agente y fait la connaissance d’une jeune fille mystérieuse. Le film semble aborder l’horreur d’une façon inédite avec des prises de vue malaisantes et des changements d’époque et de plans risqués et troublants. C’est agréable de voir un réalisateur défricher un terrain que plusieurs croient avoir exploré à fond. Il y a toujours place pour du nouveau au cinéma, contrairement à ce qu’Hollywood nous laisse croire.

Les amateurs de dessins animés sont toujours bien servis au festival. Bien que ceux-ci n’y sont jamais nombreux, on nous sert toujours la crème de la crème. Ce dimanche 27 juillet deux d’entre eux seront présentés l’un à la suite de l’autre. Le film Hal raconte l’histoire d’une femme qui perd tragiquement son conjoint. Le grand-père de celle-ci lui offre un robot en tout point semblable à son mari pour la consoler. Les images sont fabuleuses et le réalisateur qui en est à son premier film a tout de même le mérite d’avoir travaillé sur Summer Wars et Tekkon Kinkreet, deux incontournables chefs d’œuvres présentés tout deux dans le passé à fantasia. Le film Giovanni’s Island présenté tout de suite après ressemble énormément au Tombeau des Lucioles de Hayao Miyazaki. Il met en vedette de jeunes enfants qui vivent et perçoivent à leur façon la guerre au Japon en 1945. J’aime beaucoup quand les dessins animés sont utilisés pour raconter des histoires humaines qui pourraient facilement être exprimées par des acteur. Si le prix Satoshi Kon est à nouveau offert cette année ce film a de grandes chances de l’emporter.

Le documentaire The Creeping Garden tente d’expliquer et de comprendre l’existence des myxomycètes, des organismes qu’on apparente souvent au moisi sans savoir qu’ils ont une façon de se reproduire unique en son genre. Ces organismes fascinent plusieurs scientifiques et certains artistes s’inspirent d’eux. Les images qu’on peut percevoir au microscope sont fascinantes et la trame sonore signée Jim O Rourke semble l’être tout autant.

Des centaines de personnes perdent leur emploi peu avant Noël et le patron de l’entreprise qui les renvoie est impossible à rejoindre par les médias, il est parti se reposer dans son château dans les bois. Face à cette criante injustice, un type au dossard orange ira se faire vengeance sur place par un massacre impressionnant dans The Man in the Orange Jacket. Une fois son acte accompli, il tentera d’usurper l’identité de son patron mais c’est sans compter la présence d’autres personnes qui ont eu une idée semblable à la sienne ou qui aspiraient depuis longtemps à une fortune facile. La bande annonce laisse supposer ces faits bien qu’elle ne les explique pas nécessairement de la manière que je les perçois. Ce film fait partie de Camera Lucidae, une sélection de longs métrages soigneusement choisis et présenté depuis quelques années par Simon Laperrière. Je n’ai pas vu tous les films que ce dernier a mis au programme à chaque année mais jamais l’un d’entre eux ne m’a déçu. Si vous aimez l’humour noir et l’imprévu, vous devez être présents à cette projection. Offerte en programme double avec The Seventh Code, vous aurez deux longs métrages pour le prix d’un (130 minutes en tout).

Enfin, je vous conseille fortement d’être présents lors de la projection de Slipstreams and Eclectic Sheep. Ce programme annuel de courts métrages porte sur le thème de la science fiction et des rapports humains. Il y a peu d’effets spéciaux mais quand même quelques uns. On s’y étend plus longuement sur les concepts particuliers ; dimensions parallèles, voyages dans le temps, télékinésie ou visions. L’an dernier ce programme m’a séduit, je me manquerai celui de cette année sous aucun prétexte.

Ça y est, près de 2000 mots encore cette semaine, j’espère ne pas vous avoir trop étourdi. Vous avez dû vous apercevoir que je priorise l’originalité avant tout, la science-fiction aussi et que j’ai du mépris pour Hollywood, Tom Cruise et les zombies. Allez, je pardonne à Samuel L. Jackson. Bon cinéma et rendez-vous la semaine prochaine.

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