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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

Du soleil entre quatre murs

FANTASIA 2012 (3)

Du 19 juillet au 9 août 2012, Montréal

jeudi 2 août 2012, par François Legault

La deuxième semaine de projections se termine déjà et ne nous laisse environ qu’une semaine à se prélasser sur les confortables sièges de cinéma de ce cher festival Fantasia. Je suis très satisfait des quelques films visionnés au cours de cette semaine et la semaine à venir semble fort prometteuse en matière de bons moments. Voici alors sans plus tarder un retour hebdomadaire sur le passé et un aperçu du futur.

Jeudi dernier DJ XL5 a présenté son électrisant collage annuel de courts métrages. La salle bien pleine s’en donnait à cœur joie lors de la projection en guise de mise en bouche de vidéo-clips. James Brown s’égosillant sur scène, l’inoubliable Rico Suave et Rick James dans sa piscine ont tôt fait d’égayer le ton et tout le monde tapait des mains. Le programme de plus de trente courts métrages a fait le plaisir des adeptes et des nouveaux initiés. Le moment le plus fort de la soirée fut sans le moindre doute la projection du court The External World de David O’Reilly qu’on peut d’ailleurs visionner sur le site web de ce dernier. Ça vaut le détour, définitivement. Grâce entre autres aux inévitables Simon’s Cat, Roadkill Superstars et Bill Plympton, l’atmosphère était à la fête et tous ont vécu en l’espace d’une soirée l’une des meilleures cuvées du programmateur jusqu’à présent. Chapeau !

La projection tant attendue de Doomsday Book a eu lieu à guichets fermés. Le film divisé en trois segments était projeté en présence d’un des deux réalisateurs, le second ayant dû s’absenter, aux prises avec un tournage infernal à Hollywood avec, à ce que j’ai cru entendre, nul autre qu’Arnold Schwarzenegger. Une courte présentation filmée du réalisateur absent qui tente d’expliquer son segment a précédé la projection. Le premier des trois films, un film de zombie inspiré en partie d’Adam et Ève m’a plutôt laissé froid. La plupart des films de zombies semblent souffrir du même scénario depuis la nuit des temps et j’y suis devenu un peu allergique. Le film de zombie semble devenu une catégorie au sens large du thème au même titre que les drames, les films policiers ou les comédies et je trouve ça désolant. Le second court était de loin le plus intéressant. Le robot doté d’une fonction d’apprentissage tenait lieu de guide dans un temple bouddhiste. Il parvient à atteindre en peu de temps l’illumination à laquelle peu de moines parviennent et l’on tente de s’en défaire comme d’un objet défectueux. Ce dernier impose son point de vue avant de se faire lui-même justice. Cette œuvre poétique et très profonde éclipsait les deux autres courts métrages qui avaient peu à voir avec celui-ci. On comprend mal comment ces trois courts se sont retrouvés dans le même bloc. Le dernier des trois se voulait un peu plus original que le premier bien que réalisé par le même auteur. Il est possible que ce réalisateur parvienne à nous présenter un bon film dans le futur, mais c’est tout de même dommage que ce soit ce dernier que le festival soit parvenu à nous présenter en chair et en os plutôt que l’autre.

Le film d’action coréen Quick s’est avérée fort divertissante. Un scénario bien ficelé, de l’adrénaline pure et des explosions coûteuses à profusion m’ont cloué à mon siège pour un peu plus d’une heure. Ces fameuses explosions sont sans doute le point fort du film puisque les personnages et leurs interactions semblent parfois un peu négligés. Les quelques moments d’humour ne cadrent pas bien avec le lot si bien que ce film ne s’avère pas à la hauteur de celui qu’il veut de toute évidence imiter ; Speed. On a quand même droit à un bon divertissement et le film vaut le déplacement pour avoir sa dose d’action et de suspense.

L’excellent Wrinkles m’a convaincu d’acheter la bande dessinée dont il est tiré. Il s’agit là d’un beau dessin animé très touchant qui ne s’adresse pas du tout aux enfants. On y dépeint ce qui attend la plupart d’entre nous dans les maisons de retraite ainsi que la triste réalité des enfants qui, une fois adultes, veulent vivre leur vie amoureuse et professionnelle. Les personnes âgées comprennent et ne veulent pas être un fardeau et se résignent progressivement à vivre à l’écart de leur famille. Le sujet est triste mais traité avec énormément d’humour et d’aspects humains. Le film fait penser aux bandes dessinées de la série Paul de Michel Rabagliati. Un film impeccable et sans longueurs que je recommande fortement.

J’ai aussi assisté à la seconde représentation du film canadien The Tall Man. Le film était aussi présenté au tout début du festival. Ce fut pour moi une très agréable surprise encore toute fraiche dans ma mémoire. Dès les débuts du film, j’ai su que j’adorerais. La musique y est excellente, quelques scènes précèdent le générique qu’on diffuse sur les rues et dans la forêt de la ville éloignée où l’histoire se déroule. On se prend d’affections pour les personnages et ce quand on aperçoit le petit garçon à l’aspect un peu lugubre on se rappelle celui de Shining et on croît deviner qu’il sera sans doute la prochaine victime du kidnappeur, le Tall Man… C’est là qu’on commence à voir qu’on a tout faux, qu’on a délibérément joué avec nos émotions et que nos intuitions de cinéphiles aguerris ne nous seront d’aucune utilité. On se rappelle Twin Peaks, la musique nous emporte et on se retrouve malgré nous sur une pléiade de fausses pistes. Mais contrairement au fabuleux Twin Peaks, ici les fausses pistes ne sont pas inutiles ou lancées de-ci de-là pour rien. Je ne peux en dire plus sans révéler le contenu du film et je ne le ferai pas. Ce film est le meilleur film que j’ai vu cette année, de loin mon préféré à Fantasia 2012 jusqu’à présent et sans doute un des meilleurs que j’ai vus de ma vie. Je me questionne encore sur quelques questions soulevées par la fin qui m’habiteront longtemps. Ce film remet plusieurs valeurs et notions du cinéma en question, il brasse à nouveau les dés jetés par ses prédécesseurs et il figurera à coup sûr dans ma très petite et sélective collection lorsqu’il verra le jour en DVD ou en Blu-Ray.

Voici maintenant un aperçu des quelques films qui ont retenu mon attention pour ce huit derniers jours de projections au festival. J’ai dû choisir avec discernement afin d’alléger mon texte déjà beaucoup trop long, car cette dernière semaine est selon moi la plus intéressante de l’édition 2012 de Fantasia.

La bande-annonce du film A Letter to Momo me laisse perplexe. On dirait là un film pour enfants assez simple, mais il est réalisé par celui qui a présenté Jin-Roh à Fantasia il y a de cela plus de dix ans. Jin-Roh est un pur chef-d’œuvre d’animation qui raconte l’histoire d’amour entre un soldat armé jusqu’aux dents affublé d’un masque à gaz et d’une femme triste. Le film présente aussi un gouvernement qu’on peut facilement comparer à la mafia et à une meute de loups. Le tout est raconté parallèlement à l’histoire du petit chaperon rouge. Ce film a marqué au fer rouge l’histoire du cinéma d’animation et A Letter to Momo est le premier film du réalisateur à voir le jour depuis. Il s’agit de l’histoire d’une petite fille qui a perdu son père pilote dans un accident. Ce dernier lui a laissé une très courte lettre d’adieu qu’elle tente à tout prix de comprendre. Elle recevra la visite de quelques malins esprits. Ce film a été présenté samedi dernier et le sera à nouveau le jeudi 2 août.

Le samedi 4 août aura lieu la projection du film irlandais Grabbers. L’action prend part en Irlande lors d’une invasion extra-terrestre. La légendaire passion des Irlandais pour la bière leur sera fort utile puisque les extra-terrestres ont en horreur le houblon. On est en droit de s’attendre à une comédie semblable à Shaun of the Dead car une ville entière de guerriers saouls qui se défendent contre des monstres venus de l’espace ça ne peut pas faire autrement que d’être drôle.

À surveiller le dimanche 5 août en après-midi ; le programme double constitué de Mom et Moi, un dessin animé sur la vie d’un admirateur de Mom Boucher, et d’Après la Peine, un film québécois mettant en vedette Sasha Samar, Monique Miller et Jacques Godin. Le seul survivant d’un énorme massacre recouvre lentement la mémoire alors que la femme qui l’héberge et le curé du village font des plans le concernant.

Le drame d’action coréen Poongsan dans lequel un homme qui livre des messages, objets et mêmes des personnes entre les Corées du Nord et du Sud se voient menacées par leurs gouvernements respectifs sera présenté ce dimanche 5 août ainsi que le jeudi 9 août. Ceux et celles qui lisent mes textes depuis plusieurs années connaissent mes faibles pour les drames d’action coréens ainsi que pour les films de fantômes thaïlandais. Comme les films de la seconde catégorie ne sont pas présents cette année je ne manquerai pas Poongsan.

Lundi le 6 août The Fourth Dimension sera présenté. Il s’agit d’un bloc de trois moyens métrages comme ce fût le cas pour Doomsday Book. Cette fois-ci le sujet ; « Faites-nous connaître la quatrième dimension ». Cette fois-ci, les films nous viennent des États-Unis, de la Russie et de la Pologne. L’un des films met en vedette Val Kilmer. Je dois avouer que je n’ai pas lu le synopsis de cette projection. J’ai choisi de lui faire aveuglement confiance. Je répète l’expérience une ou deux fois chaque année et en général je suis agréablement surpris. Enfin, j’ai l’intention d’assister à la toute dernière représentation au festival, celle de The Viral Factor. Ce film d’action de Hong-Kong nous fait partager les dernières semaines à vivre d’un héros infecté par un virus qui tentera de déterminer d’où provient ce dernier et d’éliminer un danger d’infection à l’échelle mondiale. Beaucoup de fusils, de poursuites et d’explosions sont au menu.

J’ai très hâte de visionner tous ces films et aussi de vous partager mes impressions sur ceux-ci. Je vous donne rendez-vous une dernière fois après le festival pour un compte rendu global de l’édition 2012. Je vous souhaite à tous d’agréables moments en salles et vous invite à me partager vos coups de cœur.

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