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Toute la gamme des émotions

FANTASIA 2011 (3ième partie)

Du 14 juillet au 7 août 2011, Montréal

samedi 30 juillet 2011, par François Legault

Avec une deuxième semaine de projections terminée, nous voici rendus au beau milieu de ces presque quatre semaines de festivités. L’édition 2011 de Fantasia bat son plein, les salles sont toujours pleines à craquer et la qualité des films présentés est des plus impressionnante. Voici un compte-rendu des quelques films que j’ai eu l’occasion de visionner cette semaine ainsi qu’un aperçu des bons moments à venir pour cette troisième semaine.

La comédie sanglante et déficiente à souhait Super a connu un succès retentissant lors de sa projection en première québécoise. Le film déborde de violence gratuite et malsaine, mais celle-ci est abordée avec humour et naïveté ce qui confère au long métrage une atmosphère semblable à celle qu’on retrouve dans ceux de Todd Solondz, notamment Happiness et Storytelling. Le personnage principal revêt un costume de super héros afin de combattre les criminels qu’il envoie à l’hôpital à grands coups de clé anglaise. Bien que ce film s’adressera sans doute à une clientèle plus âgée que celle à laquelle il semble destiné à première vue, espérons qu’il connaîtra un vif succès lors des prochaines semaines.

Le drame policier allemand The Silence a surpassé mes attentes. Bien ficelé, le film nous présente dès le début le crime et ses coupables, deux pédophiles qui violent et tuent une fillette avant de disparaître sans laisser de traces. Le policier chargé de l’enquête fait preuve d’une déroutante instabilité émotionnelle causée par le deuil, ce dernier ayant perdu sa femme six mois plus tôt. On suit tour à tour les coupables, les victimes et les enquêteurs en partageant leurs remords, progressions et points de vue. Bien souvent ce type de film nous acoquine avec les criminels et nous donne envie que ces derniers s’en sortent. Ce n’est pas le cas ici et l’on apprécie l’intelligence de l’enquêteur et savoure ses déductions. Le film parvient à merveille à nous transporter ailleurs et l’on ne souhaite qu’une chose ; que les coupables paient leur crime.

The Whisperer in Darkness est une adaptation à l’écran d’une histoire signée H.P. Lovecraft. Tourné en noir et blanc à la manière des vieux polars, le film veut nous donner l’impression qu’il date des années trente ou quarante. C’est réussi la plupart du temps quoique certains passages sont de toute évidence sortis de studios beaucoup plus modernes. Le film est raconté à la première personne et nous fait partager l’aventure d’un scientifique qui se rend dans une ferme du Vermont où se trament des activités paranormales afin de tenter de tout expliquer par la science. Il aura tôt fait de se rendre compte que les créatures extra-terrestres sur les lieux sont bien vraies et devra les empêcher de mener à bien un plan diabolique. Le jeu des acteurs, peu convaincant, est souvent assez mauvais. On croit au début que c’est voulu, que les films de séries B de l’époque devaient ressembler à ça, mais plus on avance dans le film moins on pardonne ces faiblesses qui ternissent l’ensemble de l’œuvre. Le film souffre de quelques longueurs et rappelle la plupart des adaptations au cinéma des romans de Stephen King. Ceux et celles qui, comme moi, ont aimé le film québécois Truffe devraient toutefois apprécier l’originalité de ce nouvel ovni du cinéma.

C’est à nouveau dans une salle comble en plein délire que Marc Lamothe a accueilli les différents artistes présents derrière les caméras de son programme DJ XL5’s Rockin’ Zappin Party. Un pot-pourri de vidéo-clips des années quatre-vingt mettant en vedette entre autres de jeunes B-52’s et les fougueux membres de Journey a ouvert le bal. Plus d’une trentaine de longs métrages dont la plupart d’origine québécoise ont été présentés au grand plaisir des fantasiaques pour qui les programmes de DJ XL5 sont chaque année une valeur sûre. On a pu y voir un lapin rose drogué empêcher Moscou d’assaillir Trois-Rivières ainsi que des nonnes armées jusqu’aux dents prendre leur revanche sur l’Église catholique. Un nombre important de cinéphiles assistait pour la première fois à un événement signé DJ XL5. La majorité d’entre eux seront sans doute présents lors des prochains événements. Un collage vidéo réalisé à partir de films mexicains sera également présenté en guise de clôture au festival. C’est un rendez-vous à ne pas manquer.

Voici maintenant un aperçu des films prévus à mon horaire pour la troisième semaine de l’édition 2011 du festival Fantasia.

L’action de la comédie Lapland Odyssey prend place dans une Finlande enneigée qui ressemble à notre Grand Nord québécois en période hivernale. Les jeunes qui y vivent s’ennuient et font des conneries pour passer le temps. Comparable aux films de National Lampoons, de Bill & Ted ou de Wayne’s World, Lapland Odyssey semble nous faire partager les lubies et mésaventures de jeunes désœuvrés. En mission pour acheter un convertisseur numérique pour la télé de sa copine, Kapu entraîne ses amis avec lui dans un dédale des situations hors de son contrôle.

Le dessin animé Redline sorti tout droit des studios madhouse est sans le moindre doute un bijou d’animation. Les bonnes références pleuvent quand on entend parler de ce film. Les excellents Taste of Tea, Animatrix, Dead Leaves et Metropolis ont tous un lien avec Redline, que ce soit au niveau de la production, de la réalisation ou des acteurs prêtant leurs voix aux personnages. Des courses de bolides ont lieu dans le futur et les pilotes de ces engins se font la vie dure à l’aide d’armes et de tricheries de toutes sortes. On croirait un film dérivé de l’incontournable franchise de Nintendo F-Zero.

Les amateurs de combats et de cascades seront comblés avec le tout dernier film de Panna Rittikrai Bangkok Knockout. Le réalisateur thaïlandais nous a livré il y a de cela plusieurs années l’excellent Ong-Bak et n’a cessé d’innover depuis en accumulant les honneurs grâce à ses innombrables cascades qui frôlent la mort. Les films thaïlandais ont toujours eu une place de choix au sein du festival et j’avoue avoir un faible pour ces derniers, particulièrement les films de fantômes. Comme ces derniers se comptent sur les doigts d’une main cette année au festival, j’ai dû faire une croix sur les fantômes, mais je tiens quand même à voir au moins un film thaïlandais. Je suis toujours séduit par les paysages et la qualité des films de ce pays. Fantasia s’est d’ailleurs fait connaître en premier lieu pour ses films d’arts martiaux et ses films d’horreur alors je tiens à en voir au moins un, Detective Dee m’ayant un peu laissé sur ma faim au niveau des combats.

Mon horaire étant des plus incertains en cette période de vacances je ne peux décider à 100% des films que je visionnerai lors des deux prochaines semaines, je tenterai toutefois d’en voir un peu plus que ceux mentionnés ci-haut. Je suis curieux de voir le film Dharma Guns mettant en vedette le chanteur d’un vieux groupe punk dans le rôle d’un écrivain névrosé détenu en captivité et poursuivi par un groupe mystérieux qui croit pouvoir trouver dans ses écrits le moyen de voyager dans le temps. Le film d’horreur The Devil’s Rock semble aussi très intéressant. Un soldat s’y trouve coincé entre un militaire nazi ayant invoqué les forces du mal et le diable lui-même qui se matérialise sous la forme de sa femme décédée. Beaucoup d’hémoglobine est au menu dans ce film de la Nouvelle-Zélande. Je me dois de vous conseiller aussi The Devil’s Double, un drame biographique portant sur la vie du double d’un des fils de Saddam Hussein. Le film connaîtra une sortie régulière en salle sous peu mais sera présenté en première canadienne au festival.

Je termine avec une énième recommandation ; ne manquez pas Small Gauge Trauma 2011. Chaque année Mitch Davis, un des programmateurs vedettes du festival, nous concocte un programme de courts métrages d’humour noir et sanglant. Je me fais un devoir d’y assister annuellement. Toujours présenté en après-midi ou début de soirée en semaine, Small Gauge Trauma est l’occasion rêvée d’utiliser ce congé férié qu’il vous reste en banque ou de prétexter un malaise afin de quitter le travail plus tôt. DJ XL5 fait rire aux éclats, Mitch Davis lui vous fera trembler et serrer les dents. Il est presque impossible de ne pas détourner son regard de l’écran au moins une fois durant les deux heures de frissons et de sueurs froides au menu. Vous pouvez lire les synopsis des courts métrages dans le programme ou sur le site web du festival. Personnellement, je préfère me garder la surprise.

Je vous donne rendez-vous à nouveau très bientôt pour d’autres retour et aperçu de Fantasia 2011.

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