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La piqûre du cinéma

FANTASIA 2011 (2ième partie)

Du 14 juillet au 7 août 2011, Montréal

vendredi 22 juillet 2011, par François Legault

Avec déjà une première semaine de projections derrière nous, le temps est venu de passer en revue celle-ci et de penser à la prochaine. J’aime épier les conversations des cinéphiles qui m’entourent lorsque la salle se remplit en attente d’une projection. Il y a toujours des nouveaux venus qui accompagnent ceux qui connaissent et qui expliquent les origines du festival, les dimensions des deux salles, leurs différences par rapport au cinéma impérial et les raisons pour lesquelles Daniel le technicien de scène est si populaire. On entend parfois certaines personnes dire qu’elles en sont à leur vingtième ou trentième projection déjà en moins d’une semaine. Bien souvent, les personnes qu’on croise au festival sont de loin plus étranges que les films qu’on y présente. C’est toujours un plaisir de partager ces moments d’effervescence imaginaire en collectivité. Voici donc sans plus tarder un retour sur les films que j’ai eu l’occasion de visionner en cette première semaine de Fantasia.

En 1915, Erling, un jeune malfaiteur se retrouve dans un centre correctionnel situé sur une île en Norvège. Les jeunes qui s’y trouvent ont tous commis divers méfaits plus ou moins graves et ne sont en mesure de quitter l’endroit qu’une fois où les frères responsables de leur rééducation en décident ainsi. Erling n’entend pas s’éterniser sur l’île et prendra les moyens nécessaires pour s’enfuir, insufflant du fait même une leçon de courage et d’honneur à ses camarades qui apprendront plus de lui que de leurs hôtes. Le film est très beau et attendrit le spectateur qui prendra d’emblée la défense des jeunes faces aux frères qui décident de leur sort. On n’apprend pratiquement rien sur les crimes commis par les jeunes alors il serait dur de leur en vouloir. Les jeunes désobéissants se voient confrontés aux travaux forcés et à de faibles rations lors des repas, mais mis à part quelques mauvais traitements exceptionnels on n’a pas l’impression que la mutinerie à laquelle se joignent les prisonniers soit des plus fondées. Le film tente de faire la lumière sur un fait vécu obscur qui a nécessité l’intervention de l’armée sur l’île. La même pièce abrégée de la formation islandaise Sigur Ros fait à elle seule office de trame sonore au film qui malgré ses deux heures ne s’avère pas des plus convaincants.

Detective Dee and the Mystery of the Phantom Flame est un film d’arts martiaux, d’enquête et de fiction un peu absurde qui rappelle un peu Indiana Jones pour son action presque continue, ses mystères abondants et ses effets spéciaux et personnages irréels et ridicules. Le film jouit d’une impeccable photographie et d’une minutie sans pareil pour l’aspect visuel. On émet des hypothèses et l’on tente d’élucider les énigmes pour la première partie du film, mais quand un cerf se met à parler, que des troncs d’arbres sont projetés à mains humaines et que les combats interminables mettent en pratique téléportation et multiplicité on met vite de côté l’aspect policier pourtant si important au film et on se laisse guider par l’action. Les personnages se détestent, s’allient et s’aiment pour ensuite se détester à nouveau en nous donnant le minimum d’explications nécessaires pour ces changements d’humeur. Il s’agit d’un film festif à souhait visuellement très réussi mais qui ne devrait pas tenter de faire appel à notre cerveau.

Another Earth est un film de science-fiction qui s’est mérité le prix du public lors du réputé festival Sundance. Le film aborde des sujets plutôt délicats. Une jeune fille perd quatre de ses plus belles et jeunes années en prison à la suite d’un accident causé par un moment d’inattention au volant causé par l’apparition dans le ciel d’une seconde planète Terre. Incapable de se pardonner d’avoir causé la mort d’une femme et de son fils, elle retrouve le mari veuf dans le but de lui demander pardon sans parvenir à s’expliquer. Pendant ce temps, la nouvelle planète prend tout l’espace dans le ciel et plusieurs y voient une option de salut, une échappatoire aux erreurs du passé. Le film est un touchant drame humain sans prétention qui parvient à nous faire prendre conscience de l’importance de vivre le moment présent et d’apprécier les petits bonheurs de la vie qui passent souvent trop vite et inaperçus ainsi que de la futilité des projets d’envergure et des choses qu’on considère souvent comme la pierre angulaire de nos vies. Un film de genre efficace et remarquable comme on en voit de plus en plus souvent au festival.

A Lonely Place to Die est un thriller haletant qui nous tient en haleine au bout de notre chaise du début à la fin. Un groupe d’alpinistes en quête de sensations fortes prévoit escalader la surface nord d’une montagne dangereuse, mais voit ses plans changer lorsqu’il découvre la cachette d’une fillette kidnappée par des criminels très dangereux. Ceux-ci sont armés et prennent en chasse nos héros qui devront user de ruse pour déjouer leurs adversaires et sauver leurs vies ainsi que celle de leur protégée. L’action déboule sans cesse et chaque dénouement nous entraîne vers un nouveau piège dans ce film qui fait serrer les dents. On s’attache très vite aux personnages ce qui aide à nous faire partager leurs frousses et leurs souffrances. Les effets lors des scènes en montagnes sont très bien calculés et ajoutent au réalisme bien que de trop nombreuses balles perdues nuisent un peu à ce dernier. Le très sympathique réalisateur a répondu aux questions du public après la projection ce qui a impressionné tout le monde vu le travail considérable que le film a nécessité. Que ce soit du point de vue technique où la sécurité de l’équipe a plusieurs fois été mise en jeu ou de celui géographique quant au choix des lieux de tournage afin de répondre efficacement aux besoins du scénario, l’invité ne tarissait d’anecdotes au sujet du tournage.

The Troll Hunter est de loin mon film préféré au festival jusqu’à présent. Tourné à la manière d’un documentaire, à l’épaule mais sans vertiges, il nous fait voyager en compagnie de quelques jeunes adultes qui suivent un chasseur de trolls. On apprend que ces trolls se nourrissent de pierres, qu’ils fuient la lumière du soleil, que certains ont plusieurs têtes et que d’autres sont géants. C’est un véritable plaisir d’en apprendre sur les mœurs de ces êtres horribles qui semblent tout droit sortis des studios de Jim Henson. On a toujours hâte au moment où l’on pourra enfin en apercevoir un autre, on espère ne pas voir qu’une ombre ou une image floue et on est très bien servis, on en a pour son argent. Totalement imprévisible, le film est un tel bonheur qu’on souhaiterait qu’une série sur le sujet soit tournée. Ce film me rappelle en plusieurs points District 9 qui m’avait aussi beaucoup impressionné par son audace et son originalité.

La comédie romantique Petty Romance était plutôt mignonne bien que sans grande surprise. La collaboration forcée entre un dessinateur de manga et une auteure de nouvelles pornographique donne lieu à une histoire d’amour. Quelques scènes en dessin animé viennent donner du piquant à l’histoire de temps à autre, mais peut-on vraiment s’attendre à un grand film avec une comédie romantique. À ceux et celles qui ont envie d’une comédie romantique drôle, absurde et pimentée de séquences animées je recommande l’excellent film québécois Sans Dessein adulé à Fantasia et disponible en DVD depuis peu. Petty Romance disposait sans doute de cent fois le budget de cet autre film mais ne lui arrive pas à la cheville.

Je suis parvenu à voir Die et Love bien que ceux-ci furent présentés en même temps. J’ai apprécié Die qui rappelle un peu Seven étant donné qu’il s’agit d’une enquête policière qui mène à retrouver un psychopathe qui joue aux dés avec les sentiments de ses victimes et les marque au poignet avec des chiffres. L’éclairage sombre donne l’impression qu’il fait toujours nuit dans cette ville où les gens disparaissent. La policière qui mène l’enquête piétine, les indices lui tombent dessus assez facilement. Le jeu de l’acteur montréalais Elias Koteas est des plus impressionnants. Cet acteur fort doué n’a de toute évidence pas encore eu la chance de se faire offrir un rôle à la hauteur de son talent. Il mérite selon moi autant de reconnaissance que les Michael Wincott et Ron Perlman de ce monde.

En ce qui concerne Love mon opinion ne fera pas l’unanimité. Le film nous met dans la peau d’un astronaute à la dérive, seul rescapé de la race humaine qui découvre le secret de l’humanité ; l’amour. Le type qui passe six ans seul dans l’espace s’ennuie, mais jamais autant que moi devant son film. L’image est belle comme un calendrier de photos qu’on feuillette avant d’acheter ou de remettre sur les rayons. Le film ne parvient pas à susciter l’intérêt du spectateur plus de dix minutes, il y a d’incroyables moments creux où rien ne se passe. Il s’agit d’un film contemplatif qui offre peu à contempler. Il y a de nombreuses bonnes idées qui sont abandonnées sans être exploitées et une trame narrative quasi inexistante. Plusieurs fans du groupe Blink 182 étaient présents dans la salle afin de rencontrer leurs idoles après la projection et deux d’entre eux assis derrière moi sont sortis fumer un joint durant le film. Parions qu’ils ont eu plus de plaisir que moi.

Voilà pour ma première semaine en salles, plusieurs bons films, d’autres un peu moins, mais une expérience fort agréable dans l’ensemble. L’ambiance est toujours survoltée au festival. Plusieurs bars et DJ ne parviennent pas à créer ce sentiment dans la foule et c’est quelque chose qui vaut la peine d’être vécu. La deuxième semaine commence et j’ai encore quelques films à vous suggérer. Par ici !

La première québécoise du long métrage Super mettant entre autres en vedette Kevin Bacon, Ellen Page et Liv Tyler sera présentée à guichets fermés. On y retrouve des gens ordinaires fans de comic books qui décident de devenir super héros et de défendre la veuve et l’orphelin. Kevin Bacon joue le rôle du méchant vendeur de drogues pour qui la femme du héros principal laisse ce dernier. On peut s’attendre à une comédie pince-sans-rire à l’humour acerbe telle que Ghost World, Juno ou Igby Goes Down.

Le drame allemand The Silence voyage entre deux crimes perpétrés à plusieurs années d’intervalles. Deux disparitions de fillettes présumées violées par un pédophile. Le premier des deux crimes perpétrés n’a jamais mené à un coupable. Le deuxième ravive les plaies des habitants de la ville et oblige les enquêteurs à reprendre du service. Bien que traitant d’un dur sujet le film semble bénéficier d’une intrigue très bien ficelée et les quelques belles images qu’on peut voir dans la bande-annonce donnent envie de visionner ce film en 35mm sur l’écran géant de Fantasia.

Urban Explorer est un film d’horreur hors du commun. Il traite d’un sujet jusqu’alors inexploité ; les explorations urbaines. Quelqu’un vous a-t-il déjà proposé de visiter un château ou une usine abandonnée ? De pénétrer par effraction la nuit sans se faire voir dans un lieu fermé au public ? C’est ce que font les personnages de ce film… Dans les couloirs souterrains de Berlin. Vestiges de l’époque nazie, ces corridors obscurs abritent nombre de secrets abandonnés ou mis en quarantaine pour des raisons de sécurité nationale. Le film a été tourné en grande partie sans autorisations et l’équipe de tournage a dû fuir, renoncer à certaines scènes ou payer des amendes pour sa présence en ces lieux. Ce film n’est pas un documentaire mais bien un film d’horreur avec un tueur fictif qui fait cruellement souffrir ses victimes. Les films d’horreur sont souvent tous pareils. Quand quelque chose d’original se pointe le nez, il faut en profiter.

The Whisperer in Darkness est une adaptation d’une histoire écrite par H.P. Lovecraft. Le film, tourné en noir et blanc, veut donner l’impression qu’il a été tourné dans les années quarante. Un fermier persuadé que de perfides créatures ont envahi la ville près de chez lui fait appel à un enquêteur qui tentera de faire la lumière sur une histoire de corruption extraordinaire. Ce film se retrouvera sans doute dans nos mémoires quelque part entre Mars Attacks et Pleasantville, avec toutefois un peu plus de sérieux. Mon instinct me dit que je ne dois pas manquer cette œuvre.

Tout de suite après The Whisperer in Darkness, dans la même belle grande salle, se tiendra le party annuel de DJ Xl5 à Fantasia. Son collage vidéo explosif s’intitule cette année Rockin’ Zappin’ Party. Marc Lamothe a un talent inouï pour faire vibrer la foule de fantasiaques. L’ambiance qui règne dans les salles tout au long du festival est indescriptible. On retrouve pourtant la même, à l’écran, lors de ces soirées très prisées du festival. Les gens crient, deviennent fous et rient à gorge déployée. Ils voient là le miroir d’eux-mêmes. Bien qu’entièrement programmée d’avance, on croirait parfois que la séance dépend de la réaction du public. On pourrait croire que DJ XL5 joue live, qu’il enchaîne les courts métrages selon le moment. En gros, cette séance de plus de deux heures est une fresque de courts métrages entrecoupés de zappings décadents et impolis. Imaginez que vous avez onze ans, que votre frère débarque devant la télé avec ses amis, qu’ils sont sur l’acide, qu’ils rient à tue-tête et vous vole la manette.

Voici ce à quoi je vous convie pour cette seconde semaine de soleil à l’intérieur et rappelez vous, ils ont l’air climatisé !

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