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FANTASIA 2010 (pt. 2 de 3)

Du 8 au 28 juillet 2010 à Montréal

mardi 27 juillet 2010, par Éric Dumais

THE DISAPPEARANCE OF ALICE CREED R-U | 100 min

Le réalisateur et scénariste J Blakeson (The Descent 2) vient de larguer une véritable bombe cinématographique qui risque de propulser la réputation des polars anglais au sommet des grands palmarès internationaux. En effet, l’opus The Disappearance of Alice Creed est l’un des meilleurs suspenses présentés à Fantasia cette année. Le jeu des acteurs, en particulier celui d’Eddie Marsan, que l’on connaît notamment grâce à ses performances extraordinaires dans les films Me and Orson Welles, Heartless, The Illusionist, V for Vendetta et le nouveau Sherlock Holmes, qui est paru en salles quelques semaines plus tôt, est totalement foudroyant.

Dans ce récit, J Blakeson explore l’univers sombre du kidnapping, avec les personnages de Vic (Eddie Marsan) et de Danny (Martin Compston), qui décident, et ce, dès les premières minutes du film, d’enlever la jeune Alice Creed (Gemma Arterton), dont le père, un milliardaire plein aux as, se révèle être la proie idéale pour offrir une somme d’argent considérable. Qui refuserait de kidnapper une jolie demoiselle pour la modique somme de 2 millions de dollars ? Sûrement pas Vic et Danny ! Et en plus, ils ont pensé à tout : Vic et Danny ont cadenassé la porte de la chambre dans laquelle ils vont enfermer Alice ; ils ont prévu l’achat d’une combinaison spéciale pour demeurer incognito ; ils ont même apporter les effets nécessaires à la réussite de leur kidnapping : un ordinateur portable, une caméra, etc. Que leur reste-t-il à faire, dans ce cas, à part patienter ? Mais avaient-ils pensé à tout ? Ont-ils pris en considération les complications qu’une telle histoire pouvait engendrer ? Sûrement pas…

The Disappearance of Alice Creed est un véritable bijou du cinéma indépendant britannique. Vous adorerez le jeu exceptionnel des acteurs, les péripéties parfois tragiques, parfois burlesques du scénario, mais vous aimerez surtout la relation risible entre Vic et Danny, qui vous réservent son lot de surprises.

EVE’S NECKLACE É-U | 80 min

L’opus Eve’s Necklace, du réalisateur et scénariste texan Daniel Erickson, sans être le film de l’année ou la coqueluche des grands cinéphiles, a fait beaucoup tourner les têtes au festival Fantasia cette année. Car en plus d’être un film noir classique, et d’incorporer les éléments gagnants d’un vrai thriller psychologique, il s’avère que la distribution du film est composée uniquement de… mannequins ! Oui, oui, vous avez bien lu ! Des mannequins ! Ce deuxième film d’Erickson est probablement le plus audacieux jamais présenté en salle. L’effet est assez troublant, voire déstabilisant, mais à la longue, et c’est chose étonnante, on se surprend presque à oublier l’existence de ces acteurs pour le moins… spéciaux ! Preuve que Daniel Erickson a réussi son défi.

À première vue, Eva est une conjointe idéale, celle dont nous avons toujours rêvé. Elle est grande, belle et d’allure athlétique, et présente les meilleures qualités qu’une femme peut posséder pour combler son mari. En plus, elle est enceinte et attend un bébé très bientôt. Son mari, William, est carrément aux anges. Un jour, Ramon, un fou furieux, débarque chez le jeune couple à l’improviste en prétextant qu’il est à la recherche d’Eva. S’ensuit alors une série de péripéties toutes aussi rocambolesques les unes que les autres, qui nous permettront de comprendre certains éléments du passé d’Eva, comme cette expérience pornographique qu’elle a vécue, quelques années plus tôt, et dans laquelle Ramon avait une place prépondérante. William, qui ignorait les lourds antécédents de sa femme, sera lui aussi pris dans un tourbillon infernal de rebondissements tantôt tragiques, tantôt cocasses.

L’œuvre d’Erickson est un véritable bijou cinématographique. Malgré le côté plus sombre du récit, le scénariste et réalisateur américain a su transposer au sein de l’histoire une touche d’humour noir vraiment délicieuse. Par exemple, William, à un certain moment, urine pendant 30 bonnes secondes, ce qui n’a pas manqué de faire rire l’auditoire. Aussi, il a été très cocasse de voir au cinéma un mannequin se raser, alors qu’il n’a pas un poil sur les joues, ou de le voir manger du spaghetti, et de voir aussitôt la nouille disparaître dans son corps inanimé. Rien que pour ces moments hilarants, le film en valait franchement le détour !

[REC] 2 Espagne | 85 min

Les réalisateurs Jaume Balaguerò et Paco Plaza ont créé, en 2007, un des films d’horreur les plus marquants de l’histoire du cinéma espagnol : [REC]. Cette année, ils récidivent avec la suite fort attendue de l’opus, le terrifiant [REC] 2. Il n’est pas étonnant d’apprendre qu’une suite du premier opus ait été mise en branle, étant donné le succès international qu’a connu le premier film dès sa sortie en salles. Lorsque l’on détient une formule gagnante, il faut la maintenir, l’exploiter jusqu’ à ce qu’il n’y ait plus de jus, ou jusqu’à ce que le spectateur détourne le regard. Espérons au moins qu’ils ne se rendront pas aussi loin que les multiples séries des films Décadence, dont nous avons même plus le goût d’entendre parler…

D’entrée de jeu, le récit nous plonge encore une fois dans l’univers sordide du docu-fiction, lequel est encore une fois filmé en caméra subjective, et au sein duquel on se retrouve exactement au même endroit qu’à la fin du premier chapitre. Alors que la journaliste Angela Vidal (Manuela Velasco) se fait attaquer par Nina Medeiros (Javier Botet), une unité spéciale de l’escouade tactique de la police débarque à toute vitesse afin de pénétrer dans l’antre d’un horrible édifice mis en quarantaine, en raison de l’infection avec laquelle vous êtes d’ores et déjà familier. L’équipe accompagne l’obstiné docteur Owens (Jonathan Mellor), qui est à la recherche d’une fiole contenant le sang de l’immonde créature, responsable de la propagation du virus. S’ils veulent mettre un terme à cette monstrueuse épidémie, ils devront mettre la main sur cette fiole le plus rapidement possible. Pour ce faire, ils s’armeront de courage et s’aventureront dans les couloirs sombres et ensanglantés de l’immeuble, où ils affronteront au risque de leur vie les affreuses créatures qui se mettront sur leur passage.

Le suspense est étonnamment bien maîtrisé, et l’est peut-être plus encore que la première partie du chapitre, qui possédait un budget légèrement inférieur à celui-ci. Les personnages sont cependant moins attachants (la journaliste Angela Vidal apparaît dans le récit sur le tard), et la caméra subjective (à l’épaule) nous donne le vertige plus d’une fois. Bien entendu, il y a certaines scènes totalement effrayantes qui valent à elles seules le détour. Si vous avez apprécié [REC], je vous suggère fortement l’écoute de ce film.

THE LAST EXORCISM É-U | 90 min

Voici en avant-première un autre chef-d’œuvre du cinéma d’épouvante, The Last Exorcism, le dernier-né de la vague contemporaine des films qui empruntent l’esthétisme propre au documentaire, tels que [REC], Paranormal Activity et The Blair Witch Project. Réalisé par le cinéaste américain Daniel Stamm, ce film, contrairement aux précédents, présente une entrée en matière fort inintéressante, à travers laquelle on suit le révérend Marcus dans un verbiage dont on se lasse assez rapidement. Et étonnamment, puisque l’équipe d’Alliance Vivafilm était sur place pour filmer les réactions du public, il n’y avait aucun moment de tension extrême ! The Last Exorcism n’est pas du tout comparable à l’inépuisable classique de William Friedkin, The Exorcist, lequel était adapté du roman à succès de l’auteur américain William Peter Blatty. Pendant l’écoute, les spectateurs attendaient avec impatience le chamboulement des péripéties, en vain. La caméra à l’épaule contribuait, certes, au réalisme du docu-fiction, sans pour autant nous faire oublier l’insipidité du récit. Somme toute, c’était un bon divertissement, sans plus.

L’histoire se situe en Louisiane, où le protagoniste, le révérend Cotton Marcus, se rend dans une ferme afin d’exécuter un dernier exorcisme qui sera filmé par une équipe de documentaristes chevronnés. Cotton Marcus, dont le passé douteux lui a permis de s’enrichir auprès de fidèles pauvres (étant donné qu’il avait la réputation d’être l’un des rares prédicateurs américains experts en la matière), doit donc pratiquer un exorcisme sur Nell (Ashley Bell), qui, d’après les dires de son père Louis Sweetzer (Louis Herthum), est possédée du démon. Mais les choses ne se passeront pas comme le révérend l’espérait. Et pire encore : Cotton Marcus devra mettre de côté toutes ses connaissances, car le monstre épouvantable qui cohabite dans le corps de la jeune Nell n’est pas du tout d’humeur à plaisanter. Si vous avez envie d’une rencontre avec le Diable en personne, le film The Last Exorcism est pour vous !

THE HUMAN CENTIPEDE Pays-Bas | 90 min

Le réalisateur Tom Six, originaire d’Alkmaar aux Pays-Bas, n’est pas passé inaperçu à la première mondiale de son dernier film, The Human Centipede (First Sequence). En effet, il a tiré, lors de sa présentation au Festival Frightfest de Londres, un nombre incroyable de journalistes et de critiques de leur torpeur habituelle. L’œuvre de Tom Six, sans être le film le plus horrifiant au monde, risque de vous dégoûter néanmoins avec une bonne série de sueurs froides dans le dos. C’est une œuvre à déguster avec précaution, si vous voulez mon avis.

Dès le début du récit, les actions commises par les deux personnages, Lindsay et Jenny, s’inspirent des clichés du cinéma d’horreur : deux jeunes Américaines qui sont en « road trip » sur les routes allemandes, avec pour seuls moyens de défense leurs longs ongles et leurs cris aigus. Évidemment, la soirée tourne au vinaigre, puisqu’elles ont, dès le début du récit, une crevaison avec leur voiture. Seules, perdues au milieu des bois, les deux jeunes femmes doivent se frayer un passage à travers la végétation afin de trouver de l’aide au plus vite. Quelques minutes plus tard, elles dénichent une somptueuse demeure et, trempées jusqu’à la moelle, sonnent à la porte. Un homme au regard perçant et à l’air farouche leur ouvre la porte. Évidemment, Lindsay et Jenny ont frappé à la mauvaise porte, car il s’avère que le Dr Heiter, un sinistre personnage complètement timbré, est passé maître dans la création de nouvelles créatures. Et ce qu’il a en tête dépasse l’entendement : il veut créer le premier mille-pattes humain au monde !

DELIVER US FROM EVIL Danemark | 93 min

La vie de Johannes et de sa femme Pernille semblait aller pour le mieux : ils ont quitté récemment la métropole pour une petite ville tranquille, où Johannes peut pratiquer paisiblement son métier d’avocat et élever ses deux enfants dans un calme presque angélique. Cependant, cette paisible tranquillité n’était qu’un doux moment éphémère dans la vie du jeune couple. Un jour, Lars, un camionneur long-courrier grincheux et agressif, percute de plein fouet une femme à moto sur une longue route déserte.

Évidemment, Lars, éreinté et à moitié saoul, décide de mettre le blâme sur un pauvre homme sans histoire, Alain, celui qui travaille pour le compte de Johannes. La mort d’Anna, la motocycliste, va faire énormément de vagues auprès de la petite communauté, et toute cette histoire totalement inattendue prendra un virage sanglant d’une violence à couper le souffle. Alain, le réfugié serbe, se cachera chez Johannes, en attendant que le calme s’établisse, en vain. Qu’adviendra-t-il du pauvre Alain ? Johannes et sa famille seront-ils blâmés par la foule de justiciers assoiffés de sang et de justice ? Lars admettra-t-il son méfait au grand jour ?

Si vous avez envie de voir un film percutant, à la fois tragique et sincère, qui ressemble à quelques exceptions près au réalisme sidérant de 21 grammes, vous aimerez à coup sûr le nouveau film du réalisateur et scénariste de The Substitute, Ole Bornedal.

SCOTT PILGRIM VS THE WORLD É-U | 112 min

Le réalisateur à succès Edgar Wright vient de larguer une nouvelle bombe incendiaire : Scott Pilgrim Vs the World, une adaptation fort originale de la bande dessinée du célèbre Bryan Lee O’Malley.

Dans cette histoire complètement abracadabrante, Scott Pilgrim (Michael Cera), un jeune Torontois de 22 ans, est bassiste pour la formation rock Sex Bob-Omb. Cependant, Scott, ultime fainéant et paresseux professionnel, doit absolument changer ses habitudes de vie, car il s’avère qu’il a eu la chance de croiser sur son parcours de vie la jeune et magnifique Ramona Flowers (Mary Elizabeth Winstead), qui vient tout juste de débarquer en ville, et qui, de surcroît, travaille chez Amazon.ca. Wow ! Scott Pilgrim doit faire des pieds et des mains pour conquérir le cœur de la charmante demoiselle, et ses avances, d’une maladresse incommensurable, l’amèneront à parler d’un combat musical auquel participe Sex Bob-Omb. Cependant, un ex de Ramona est présent au concours et donne une bonne raclée à son concurrent, le pauvre Scott Pilgrim. Arrivera-t-il, malgré ses gaucheries, à conquérir Ramona ? Sa maladresse habituelle lui mettra-t-elle des bâtons dans les roues encore une fois ?

TUCKER & DALE VS EVIL Canada/É.U | 88 min

Un nouveau film canadien vient de faire son entrée à Fantasia : Tucker & Dale Vs Evil, une comédie horrifique complètement désopilante, qui a fait fureur à Sundance un peu plus tôt cette année. Avec cette première œuvre cinématographique féroce, le réalisateur et coscénariste Eli Craig est maintenant bien équipé pour s’offrir une belle carrière en tant que cinéaste de renommée !

Exit Shaun of the Dead, même si cet opus d’Edgar Wright demeure encore une référence de choix pour les plus grands cinéphiles de ce monde. Voici maintenant Tucker (Alan Tudyk) et Dale (Tyler Labine), un duo d’hommes Cro-Magnon qui se retrouvent exactement là où ils n’auraient jamais dû être. En effet, les deux péquenauds en salopettes bleues font la rencontre, et ce, dès le début du récit, d’un jeune groupe de collégiens bourgeois en camping. Cependant, maladroits comme ils sont, les deux pauvres hommes, qui ont l’allure grotesque de deux psychopathes sanguinaires, s’attirent un paquet d’ennuis : tout ce que Tucker et Dale disent ne fait qu’empirer la méfiance que les jeunes bourgeois ont déjà à leur égard. S’ensuit alors une bagarre générale au sein de laquelle tout le monde devra combattre pour sa survie. Bien entendu, des gallons entiers de sang humain couleront tout au long de l’histoire, au grand détriment de nos deux dadais, qui se croient aux prises avec une série de suicides collectifs.

J’espère sincèrement que cette rétrospective vous donnera l’eau à la bouche et que vous courez voir l’événement de clôture, Metropolis, un grand classique du cinéma muet des années 1920. Pour ceux qui auraient manqué la plupart des films présentés à Fantasia cette année, je vous conseille de jeter un œil sur le programme ainsi que sur le DVD, qui contient pas moins de trois heures de bandes-annonces de haute qualité, et de courir les voir en salles lorsqu’ils sortiront pour le grand public. Sinon, soyez patients et soyez sûrs qu’ils se retrouveront dans les clubs vidéo indépendants de la grande métropole. À l’année prochaine pour une autre édition du festival Fantasia !

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