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FANTASIA 2010 (pt. 1 de 3)

Du 8 au 28 juillet 2010 à Montréal

mardi 27 juillet 2010, par Éric Dumais

Cher(s) lecteur(s), Il me fait plaisir de vous présenter en grande primeur un aperçu de la programmation de cette 14e édition du festival Fantasia 2010. Cette année, encore une fois, les organisateurs nous ont gâtés avec un nombre incroyable de films à voir et d’événements auxquels participer. Nous sommes allés voir les œuvres les plus attendues, autant les films locaux qu’étrangers, mais également ceux qui ont le plus retenu l’attention des médias à travers le monde. J’espère de tout cœur que cette rétrospective vous donnera l’envie d’aller voir ces films lors de leur sortie en salles, ou, à l’inverse, de participer à la prochaine édition de Fantasia l’année prochaine. Bon cinéma !

SECRET REUNION Corée du Sud | 116 min

Le célèbre cinéaste asiatique Jang Hun, un des nombreux favoris du festival Fantasia 2009, est de retour cette année pour nous présenter son deuxième long-métrage, l’envoûtant Secret Reunion. Hun, qui s’est largement fait connaître l’année dernière grâce à Rough Cut, son premier opus, a décidé d’offrir un film un peu plus accessible, avec notamment un brin d’humour jamais exagéré, ainsi que des combats et des fusillades à désarçonner même les cinéphiles les plus exigeants.

Le récit met en scène l’agent Lee (Song Kang-Ho), un homme au caractère imprévisible, mais au sens de l’humour désarmant, qui travaille au sein d’une agence gouvernementale dont l’objectif premier est de débusquer les espions nord-coréens. Ainsi, Lee et ses comparses tentent, grâce aux indices dictés par un informateur fort avisé, de mettre la main sur un tueur redoutable, que l’on surnomme Shadow (Jeon Gook-Hwan). Au même moment, Song (Gang Dong-Won), un jeune espion nord-coréen, se rend avec Shadow chez un transfuge pour le mettre sous silence. Cependant, Shadow, dans un accès de folie incontrôlable, mais toujours en plein contrôle de lui-même, abat tous les membres de la famille se trouvant sur place. L’arrivée des policiers fait place à un carnage sanglant, duquel Song et Shadow arrivent à échapper avec beaucoup de chance. Malheureusement pour Song, son identité est révélée au grand jour et il est accusé de trahison envers son pays. Six ans plus tard, les routes de l’agent Lee et du jeune Song se croisent à nouveau et s’ensuit une série d’événements aussi tragiques et cocasses les uns que les autres.

MANDRILL Chili | 90 min

Le duo chilien Marko Zaror et Ernesto Diaz Espinoza est de retour cette année avec une comédie humoristique intitulée Mandrill. Sélection officielle au Festival du film de Los Angeles 2010 et grand gagnant du Fantastic Fest 2009 (meilleur film, meilleur acteur), Mandrill n’est pas passé inaperçu depuis sa sortie en salle l’année dernière. Dans cette histoire à la fois tragique et désopilante, Zaror joue un personnage un peu plus sérieux et fantasque que celui que l’on connaît dans Kiltro et Mirage Man. En effet, l’humour est distillé avec énormément de subtilité, à la limite du vaudeville, et les scènes de combats, lesquelles sont totalement authentiques, sont d’une beauté visuelle fort étonnante.

Marko Zaror, alias Mandrill, incarne dans cette histoire un tueur professionnel dont la famille a sauvagement été assassinée alors qu’il n’était qu’un bambin. Animé d’une soif de vengeance destructrice, Mandrill n’a qu’un seul désir en tête : éliminer Cyclops, le chef d’une organisation mafieuse aux desseins sanguinaires. Pour ce faire, le héros doit courtiser sa charmante et délicieuse fille, qui est la seule personne du pays à connaître sa cachette. Bien entendu, Mandrill, au long du récit, rencontre des ennemis de taille, qu’il repousse toujours avec habileté et dignité. Si vous êtes un amateur d’arts martiaux et de blagues bien envoyées, vous aimerez à coup sûr cette comédie d’action au suspense étonnamment bien maîtrisé.

EVIL : IN THE TIME OF HEROES Grèce | 88 min

Le réalisateur Yorgos Noussias, le créateur du film Evil paru en 2005, est de retour avec un second opus hautement terrifiant : Evil : In the Time of Heroes. Avec ses deux œuvres cinématographiques, Noussias vient de placer la Grèce au sommet d’un genre en constante progression, à savoir le film d’apocalypse zombiesque. On retrouve, à travers le récit, une poignée de scènes gores, où le sang gicle comme une fontaine déréglée et où les têtes explosent de tous bords tous côtés. Il n’est pas nécessaire de vous dire que les spectateurs qui étaient sur place à Fantasia ont excessivement applaudi et rit dans la salle pendant la projection du film. Il faut néanmoins avouer que les personnages de l’histoire sont peu attachants, mais au moins, il y a une bonne poignée de zombies en guise de consolation. Et ces morts-vivants sont affamés et feront tout ce qui est en leur pouvoir pour se régaler… d’un bon festin de chair humaine !

Le récit prend place dans la Grèce antique, alors qu’une bande de guerriers grecs discutent autour d’un feu de camp et d’une bonne coupe de vin rouge. Cependant, leur plaisir s’avère de courte durée, puisqu’un nombre incroyable d’affreuses goules surgit des bois pour entamer un festin qu’ils se rappelleront pendant bien longtemps ! Puis, l’histoire nous projette trois millénaires plus tard, dans une Athènes moderne, laquelle est totalement dévastée par une épidémie jusqu’alors inexpliquée. Les membres de l’équipe, à savoir un soldat déséquilibré, une blonde à l’attitude frondeuse, une jeune adolescente gênée à l’excès et un père de famille récemment veuf, devront se serrer les coudes, et comprendre ce qui s’est passé dans la ville. Pour ce faire, ils devront faire appel à Argyris, un jeune chauffeur de taxi obsédé par le sexe, qui semble avoir déjà été en contact avec une horde de zombies auparavant. Rires et scènes gores garantis ou argent remis !

RUBBER France | 85 min

Voici l’un des films les plus attendus cette année à Fantasia : le déstabilisant et burlesque Rubber. Cet hommage décapant aux films de série B et aux comédies noires parodiques, comme Attack of the Killer Tomatoes (1978), nous plonge directement dans l’univers fantasmagorique de Quentin Dupieux, alias Mr Oizo, un DJ de musique électronique reconnu internationalement. Ce dernier, que l’on connaît notamment grâce à sa musique expérimentale assez singulière, tient les rênes de ce premier long-métrage qui met en scène un… pneu ! Et pas n’importe lequel. C’est un pneu fou à lier qui n’a qu’un seul désir : tuer tout ce qui bouge, et même ce qui ne bouge pas !

Le pneu, communément appelé Robert (la comprenez-vous ?), déambule dans le désert de l’Ouest américain à la recherche d’une proie à écrabouiller. Animé d’un désir de vengeance destructeur, car il faut comprendre que sa famille et ses amis ont tous été massacrés, Robert, le pneu psychopathe, sillonne les routes de l’Arizona dans le but d’assouvir sa soif de destruction massive. C’est pourquoi il massacre, et ce, sans aucune hésitation, des bouteilles de plastique ou de verre, de magnifiques lapins innocents, des scorpions noirs, des petits oiseaux et même des… humains ! Ah ! Vous ne le saviez pas ? Robert possède des pouvoirs télépathiques capables de réduire en miettes n’importe quoi, même des êtres humains. Il s’immobilise, se concentre, gigote sur place pendant dix bonnes secondes, et fait éclater tout ce qui se trouve sur son passage, sauf peut-être cette charmante demoiselle, Roxanne, dont il tombera follement amoureux. Aurez-vous le courage de suivre Robert dans une série de crimes tout aussi atroces les uns que les autres ?

I SPIT ON YOUR GRAVE États-Unis | 107 min

Basé sur le film culte Day of the Woman (également connu sous le même nom que celui-ci), qui a été réalisé par Meir Zarchi en 1978, l’opus I Spit on your Grave est probablement l’un des suspenses les plus dérangeants et les plus violents présentés au programme de cette 14e édition du festival Fantasia. Steven R. Monroe, le réalisateur, est demeuré extrêmement fidèle au classique : l’histoire est choc, les péripéties, violentes, et le climax, complètement ahurissant. Il faut réellement apprécier les films d’horreur tels que Massacre à la Tronçonneuse (1974), Haute Tension (2003) ou la série Décadence, pour apprécier ce petit bijou cinématographique.

Le récit met en scène Jennifer (Sarah Butler), une jeune écrivaine, qui décide de s’établir pendant quelque temps dans un chalet isolé, dans le but de plancher sur l’écriture de sa prochaine œuvre littéraire. Malheureusement pour elle, son destin est scellé dès la minute où elle entre dans une station-service et qu’une bande de voyous la dévisage bizarrement. Il n’est pas nécessaire de spécifier que Jennifer n’aura pas le temps de passer une seule nuit dans son chalet. En effet, la bande de fumiers entre de force dans sa résidence pour l’humilier, la battre et la violer, pour finalement la laisser complètement nue dans les bois, dans un état on ne peut plus lamentable. Mais Jennifer a plus d’un tour dans son sac. Avant même qu’ils aient eu le temps de lui loger une balle dans la tête, la jeune romancière disparaît dans un lac sans jamais refaire surface ! Mais ça, c’est ce que croyaient ses tortionnaires. Jennifer, à peine quelques jours plus tard, est de retour. Plus en forme que jamais. Et elle est animée par un désir de vengeance qui vous donnera une série de sueurs froides dans le dos !

TWISTED SEDUCTION Canada | 90 min

À la base, l’histoire imaginée par le jeune cinéaste Dominique Adams aurait pu devenir un classique de l’horreur en soi, tellement l’idée est hyper tordue et bourrée d’originalité. Seulement, le scénario n’a fait qu’amasser son lot de déceptions, laissant le spectateur complètement ébahi devant autant de maladresse. Situé à la limite du drame psychologique et de la comédie romantique, ce premier long-métrage de Dominique Adams ne manquera toutefois pas de vous séduire par la teneur de son propos, mais aussi par le jeu des acteurs, lequel, malgré la tournure fort déplaisante des péripéties, s’avère être une histoire d’amour irrésistiblement tordue.

Le récit met en scène un jeune homme brillant, David, qui est diplômé de la prestigieuse université Harvard, en Angleterre. Cet Anglais en apparence courtois, gentil et d’une douceur sans égale, cache cependant une facette un peu plus sombre de sa personnalité. En effet, dès le début du récit, il kidnappe scrupuleusement une jeune montréalaise, Francesca, qu’il séquestre dans une vieille manufacture de la métropole. La jeune femme, ligotée et abandonnée, doit suivre à la lettre les consignes de David, qui s’avère légèrement plus dangereux qu’elle le croyait. S’ensuit alors un jeu de séduction auquel David s’investit corps et âme, dans le seul et unique but de séduire la magnifique Francesca. Sera-t-il capable d’accomplir son dessein ? Francesca tombera-t-elle sous le charme de l’irrésistible David ? Sera-t-elle capable de pardonner à son… kidnappeur ?

DJ XL5’S SMASHIN’ ZAPPIN’ PARTY Canada | 120 min

C’est depuis l’année 1994 que le fantasque DJ XL5 (Marc Lamothe) présente au public montréalais une série de courts-métrages d’une durée précise de 110 minutes, pendant lesquelles il transforme l’ambiance énergique du Hall Building de Concordia en véritable orgie cinématographique. Les habitués du festival Fantasia savaient déjà à quoi s’attendre cette année, et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’euphorie était aussi culminante. Comme vous vous doutez, la salle était comble, et les gens avaient très hâte de voir ce que l’étonnant DJ XL5 leur avait préparé.

Le programme du Smashin’ Zappin’ Party était rempli àcraquer encore cette année. DJ XL5 n’a pas lésiné une seule seconde sur son radar, puisqu’il nous a servi coup sur coup une rafale foudroyante de vidéoclips horrifiques, tels que vieux classiques, notamment Scorpions et Lionel Ritchie, des publicités télévisées grâce auxquelles vous ferez une série de songes cauchemardesques, ainsi que des courts-métrages bizarres et burlesques.

Mais avant tout, surprise, surprise ! Après trente minutes de visionnement, les lumières se sont rallumées et DJ XL5 est descendu sur la scène, micro à la main. Au grand dam des spectateurs complètement éberlués, le cinéaste avait de bonnes nouvelles pour nous. La première : les trois membres fondateurs du festival Fantasia étaient dans la salle et se préparaient pour faire un discours pour la toute première fois, et la seconde : Daniel, la mascotte préférée des cinéphiles les plus exubérants de la métropole, allait faire sa demande de fiançailles devant nos yeux ! Ceci étant dit, mesdames et messieurs, c’était un grand moment du festival Fantasia. Un coup les applaudissements et les hurlements passés, les lumières se sont éteintes et… place aux niaiseries !

Les fanatiques du jeune vietnamien Dr Tran ont été ravis cette année, puisque DJ XL5 a présenté cinq épisodes de la toute nouvelle série. C’était aussi le retour de Simon’s Cat, avec trois nouvelles capsules follement amusantes. Sans oublier le nouveau court-métrage de Simon-Olivier Fecteau, Le Technicien, qui était déjà disponible sur le célèbre site de diffusion YouTube. Sinon, DJ XL5 s’est amusé à nous passer en rafale des extraits tous aussi absurdes les uns que les autres, dont Jake Shop, au sein duquel un homme nous enseigne, sous la forme d’une infopub bidon, la bonne manière pour couper des citrouilles, tout en prenant bien soin de se couper en même temps ; Santa : The Fascist Years, un documentaire troublant qui relate les années sombres du Père Noël ; Iron Baby, une parodie du film Iron Man qui donne le vertige même aux plus endurants ; et, finalement, Demonitron, la sixième dimension, une fausse publicité d’un film d’horreur réalisée par les créateurs de l’inoubliable Bagman, le collectif Roadkill Superstar.

C’était une très belle soirée et j’espère que vous serez de la partie l’année prochaine pour savourer les inoubliables vidéos de DJ XL5 !

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