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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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FANTASIA 2009 deuxième semaine

vendredi 17 juillet 2009, par François Legault

Depuis une semaine déjà, le festival Fantasia bat son plein et le moment est maintenant venu de passer en revue les faits saillants des sept premières journées et de préparer son agenda pour les sept prochaines. La majorité des films à l’affiche ont été présentés devant une salle pleine, les billets s’envolant comme de petits pains chauds. Il est donc fortement recommandé de prévoir et de se procurer des billets à l’avance pour éviter les mauvaises surprises de dernière minute. Voici tout d’abord un retour sur les projections auxquelles nous avons pu assister lors de cette première semaine.

Le film Queens of Langkasuka s’est avéré à la hauteur de nos attentes et nous a fait vivre une fable haute en couleurs parsemées d’effets spéciaux rares mais efficaces. Les scènes de combats mariaient copieusement épées, arts martiaux, magie, sarbacanes et autres forces brutes et raffinées. L’éternel combat entre le bien et le mal, les côtés bienfaiteur et obscur de la force étaient au centre de ce film qui a bien exploité le sujet sans trop nous bombarder de clichés prévisibles. Le personnage principal, déchiré entre le bien et le mal, donne néanmoins l’impression que ce film est la réponse thaïlandaise à la Guerre des étoiles. Le film ne réinvente pas la roue mais regorge de décors et de costumes éblouissants et parvient à surpasser par sa splendeur la grande majorité des films américains à grand budget.

Le film japonais House exploite à tort et à travers les multiples effets qu’on croyait spéciaux dans les années 70. Les superpositions d’images et de couleurs, de plus en plus présentes dans ce film à mesure qu’il progresse, font penser à un plat qui ne veut pas se laisser digérer. Ce film d’horreur plein de soleil et de comptines au ton joyeux et surexcité rappelle les films des Beatles, quoiqu’il n’a rien à leur envier. Si ce trop long métrage bénéficie du titre de film culte, c’est sans doute parce que le réalisateur a su faire mieux par la suite. On peut, en se forçant, lui trouver une similarité avec les films Suspiria et Liquid Sky, mais ce serait trop d’honneur à lui faire.

De la norvège nous parvient une de ces rares comédies d’horreur digne de mention. Le film Dead Snow est une source de frissons aussi absurde que drôle. Le synopsis qu’on pouvait lire sur le site de Fantasia nous le présentait comme le meilleur film de zombies depuis le film espagnol Rec. Ce n’est pas faux sauf que ce film, contrairement à Rec, est une véritable comédie d’horreur. On peut le comparer sans la moindre gêne aux hilarants Shaun of the Dead et Braindead. On y trouve de nombreuses scènes où on ne voudrait pour rien au monde être dans la situation des personnages et si on sursaute pendant le film, ce n’est pas pour une porte qui claque. Le film est truffé de fausses pistes et de clichés exploités sous un angle différent d’à l’habitude et on y passe continuellement du frisson au fou rire. C’est une sage décision de présenter ce film 4 fois car il mérite d’être vu.

Book of Blood est une réussite en matière de cauchemar. Souvent les films d’horreur sont tournés volontairement dans des pièces sombres où on parvient à peine à discerner ce qui se passe. Celui-ci réussit à parfaitement doser les éclairages pour qu’on puisse apercevoir les détails et conserver l’impression d’isolement qu’on a à dormir dans une grande maison vide. Les personnages passent une bonne partie du film à dormir. On est d’ailleurs pas toujours certains s’il s’agit d’un rêve ou de la réalité. Les personnages sont beaucoup plus à l’aise avec l’occulte et l’inconnu que le commun des mortels dans cette maison où on se sent confinés et qui rappelle un peu celle du film Panic Room. On a cependant l’impression que l’action déboule rapidement vers la fin et que certains éléments viennent à manquer au dénouement de l’intrigue. Le film aurait pu bénéficier d’une dizaine de minutes supplémentaires en fin de piste pour ne pas brusquer l’ambiance qu’il parvient à instaurer lentement mais sûrement au cours de la première heure.

Enfin, pour la sixième année consécutive, le public enthousiaste de Fantasia a eu le plaisir de vivre l’expérience que fût DJ XL5 Razzle Dazzle Zappin’ Party. Marc Lamothe a présenté son collage annuel de courts métrages absurdes dans un climat de fête absolu face à plus de 700 spectateurs. Que dire de cette soirée sinon qu’il s’agit fort probablement de sa meilleure cuvée depuis les débuts du projet. Il alterne avec brio d’un court métrage à l’autre, en enchaînant bribes de publicités et extraits d’émissions de télé qui ont marqué son enfance et sans doute auraient aussi marqué les nôtres en admettant que nous aurions su les voir à l’époque du même oeil moqueur que lui. On a su pour cette édition garder le ton et l’ambiance tout au long des deux heures de projection en alternant souvent d’une histoire à l’autre et en découpant les plus longs des courts en plusieurs parties réparties ça et là au montage. Les personnages qui ont fait le succès des précédentes éditions étaient à nouveau à l’honneur ainsi que plusieurs nouveaux. Parmi les meilleurs courts, on a pu voir quelques vidéos d’animation de Patrick Boivin qui mettaient en vedette des figurines d’actions de notre enfance telles celles d’Iron man, Bruce Lee, Bobba Fett ou Optimus Prime se livrant de solides combats. Patrick Boivin s’est fait remarquer cette année par ses vidéos interactives. Bboy Jocker, lancées sur le site Youtube. Un montage liant une vieille bande dessinée du mariage de Batman à une narration des plus nulles tirée d’un vieux vinyle québécois a fait exploser la salle de rire. De plus, quelques vidéos efficaces de Dr. Tran, un préféré du public, sont venus mettre du piquant à la sauce. Le collectif québécois Roadkill Superstars a présenté un court métrage d’animation et un film de ninjas moustachus incroyablement drôle à se pisser dessus. Daniel, la mascotte éclairagiste du festival, s’est vu attribuer plusieurs rôles au sein de films montés tout spécialement pour l’occasion par l’équipe de programmation du festival. Avec une telle performance ce soir-là de la part de DJ XL5, parions que si son plus grand adversaire connu, Total Crap, était présent dans la salle, il doit encore en trembler dans sa tanière à l’idée d’affronter à nouveau celui que Daniel a présenté au public comme ’’Le meilleur DJ de montréal et au monde’’.

Ceci résume l’impression que nous a laissée cette première semaine de films de genre à Fantasia. La deuxième semaine se voudra sans doute elle aussi parsemée d’agréables moments.

Le film d’animation Hells nous vient tout droit des studios Madhouse, les mêmes qui nous ont présenté les films Metropolis, Paprika et Ninja Scroll. Il va sans dire que nous sommes en droit de s’attendre à un grand film. Hells nous fait partager l’expérience d’une jeune fille qui se retrouve en enfer, bien que vivante, et qui doit faire face à d’ignobles créatures dont un démon aux allures d’Elvis Presley. L’action semble être au rendez-vous si on se fie à la bande annonce qui rappelle à la fois le film Dead Leaves, présenté il y a de cela quelques années au festival pour son débit, et le premier des deux Vampire Hunter D, pour le coup de crayon, bien que les artistes derrière les deux films mentionnés n’aient rien à voir avec Hells. C’est un rendez-vous pour les passionnés de film d’animation qui sont plus nombreux à l’affiche cette année que lors des précédentes éditions du festival.

Le film coréen Portrait of a Beauty est en partie une fiction qui suggère qu’un peintre reconnu ayant vécu il y a quelques siècles était en fait une femme. Il était interdit aux femmes de peindre à cette époque et l’héroïne de l’histoire se voit contrainte de se faire passer pour un homme afin d’exercer son art. On lui doit plusieurs oeuvres teintées d’érotisme et nombre d’hommes l’ont entourée dans son métier. Ce film attire par la beauté de ses décors et costumes et pourrait à première vue être comparé au film Frida, bien qu’il se déroule dans un autre pays en période de guerre et nous réserve sans doute quelques affrontements.

Les longs métrages indépendants sont chose rare au Québec, particulièrement quand ils s’adressent à un public restreint. Ceux qui ont aimé le festin de tripes et de violence extrême qu’était le film Bagman ne voudront certainement pas rater Cul-De-Sac. Présenté comme le premier film de ninja québécois, ce film entièrement réalisé hors des sentiers battus de la province regorge de meurtres crapuleux et membres qui volent dans les airs semble aussi bénéficier d’un scénario et d’une intrigue. Un ex-mafiosi qui ne peut s’empêcher de perpétuer des crimes et des plans diaboliques est poursuivi par une secte de ninjas et son ancien employeur qui veulent sa peau. Les nombreux figurants qui semblent avoir étudié des chorégraphies pour être en mesure d’apparaître à l’écran tous en même temps se verront tour à tour impliqués dans des combats qui défient l’imagination. Parions que ce film sera une des plus grandes découvertes cette année pour ceux qui aiment rire du sort des autres.

Enfin, la première semaine ayant présenté une sélection annuelle de courts métrages choisis par Marc Lamothe, alias DJ XL5, la seconde se verra marquée à son tour par la sélection annuelle de Mitch Davis, autre membre fondateur du festival. Ce dernier présente à chaque année Small Gauge Trauma, une sélection de courts-métrages sombres et dérangeants qui ne s’adresse qu’aux plus endurcis des cinéphiles. On peut voir durant ces projections des gens détourner le regard de l’écran tant ils sont choqués ou indisposés par ce qu’ils y voient. Automutilation explicite, meurtres crapuleux, vaudou, sorcellerie et rictus diaboliques y sont à l’honneur mais surtout, surtout un sens de l’humour noir irrévérencieux et sans vergogne comme il ne s’en fait plus. Un résumé des courts métrages se trouve sur le site web du festival mais pourquoi se gâcher la surprise ?

Nous vous souhaitons à nouveau une semaine emplie de rires aux larmes, de cris d’épouvantes, de hoquets, de sanglots étouffés mais surtout de plaisir. Bon festival !

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