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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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1ère semaine

Une douce folie collective

jeudi 10 juillet 2008, par François Legault

Lors de la présentation de la cuvée annuelle des courts métrages de DJ XL5, Marc Lamothe, de son vrai nom, a remercié l’équipe de Fantasia, plusieurs collaborateurs du festival ainsi que tous ceux et celles qui assistent aux projections et permettent du fait même de maintenir le festival en vie et en bonne santé. C’est à ce moment qu’il a désigné le festival comme une douce folie collective, expression qui ne pouvait pas mieux résumer en quelques mots ce qu’est le festival Fantasia auquel on ne peut assister qu’une seule fois sans avoir envie d’y retourner.

C’est avec un grand plaisir qu’Emoragei est à nouveau invité, pour une cinquième année, à partager cette folie avec ses lecteurs et lectrices. Comme ce fût le cas lors des précédentes éditions du festival nous vous invitons à nous retrouver de façon hebdomadaire afin de prendre connaissance d’un résumé de la semaine et de nos conseils en matière de cinéma. Le festival prenant de l’envergure d’année en année, il est évident que nous ne pouvons être partout à la fois et assister à toutes les projections. Il nous fait toutefois plaisir de partager avec vous nos impressions sur les quelques films visionnés durant la semaine.

Ce vendredi 4 juillet les amateurs de films d’animations japonais étaient conviés à se régaler du nouveau long métrage des studios 4ºC, une valeur sûre au festival, qui nous a déjà présenté les films Tekkon Kinkreet et Mindgame lors des deux précédentes éditions de Fantasia. Ce nouveau film, Genius Party, divisé en sept segments indépendants les uns des autres chacun réalisé par un orfèvre différent s’est voulu à nouveau un spectacle d’une rare beauté. Il est de plus en plus rare de voir des films d’animation de cette qualité, ce qui est dommage étant donné que Fantasia aimerait sûrement nous en présenter plus. On peut déjà deviner quel film du studio sera présenté l’année prochaine au festival étant donné qu’une suite à celui ci est déjà en chantier.

Un peu plus tard dans la même soirée le film d’horreur espagnol (REC) a pris l’affiche. Annoncé comme un film épouvantable et horrifiant (REC) a su ravir et faire frémir les amateurs du genre. Souvent filmé à l’épaule comme l’était le premier Blair Witch Project, (REC) s’attaque à la peur viscérale qu’est la claustrophobie. On s’y sent enfermé, on veut fuir la situation et la seule issue possible semble de plus en plus difficile à percevoir. Il est difficile d’écrire quoi que ce soit sur ce film sans en révéler le contenu alors il suffira de mentionner qu’il est à la hauteur de sa réputation. Une version américaine est malheureusement censée paraître sur nos écrans sous peu sous le nom Quarantine (on peut déjà visionner la bande annonce sur Internet et c’est un plagiat plus qu’un remake).

Le film suivant nous emmène au dimanche soir 8 juillet. Fantasia a eu l’honneur de projeter en présence du réalisateur le film What We Do Is Secret. Ce film a déjà beaucoup fait parler de lui lors de divers festivals un peu partout en amérique. Il relate l’histoire du groupe punk The Germs, formation de Los Angeles qui a influencé nombre de groupes dont Nirvana et Red Hot Chili Peppers. Le film fort intéressant n’est pas présenté comme un documentaire mais bien comme une histoire de la formation du groupe jusqu’à sa triste fin. Les acteurs qui interprètent les membres du groupe offrent tous une solide performance si bien qu’on croirait assister aux représentations courtes mais légendaires du célèbre groupe. La période de questions qui a suivi le film fût très enrichissante. Il est évident que le réalisateur qui a mis quinze ans en tout à polir ce bijou est très bien renseigné car il a su nous livrer plusieurs secrets et informations complémentaires à l’oeuvre.

Mardi soir un délicieux film noir de nos cousins français a su ravir l’audience. Il s’agit de La Crème, comédie dans laquelle deux hommes au chômage se livrent bataille afin d’obtenir un poste de vendeur. La bataille devient vite inégale quand un des deux chômeurs fait main basse sur un petit pot de crème magique qui lui permet de devenir l’espace d’un instant une célébrité qui rend tout le monde fou sur son passage. Comme toute médaille a son revers, ce dernier viendra tout foutre en l’air et nous propulsera vers une finale des plus sordides. Une délicieuse comédie réalisée de main de maître par un réalisateur à surveiller.

C’est ce même soir qu’a eu lieu un des événements les plus prisés du festival, DJ XL5’s Helzapoppin’ Zappin’ Party. Depuis maintenant quelques années DJ XL5, l’un des fondateurs du festivals, nous gave une fois l’an d’ une sélection de courts métrages qui s’enchevêtrent à qui mieux mieux lors d’une session de plus de deux heures complètement sautée. Auparavant présentée vers l’heure du souper en semaine, la popularité du programme lui a valu une présentation en fin de soirée, moment fort propice pour un party semblable. Il est difficile de décortiquer les divers moments de cette projection tant ils sont nombreux à avoir atteint sinon surpassé les attentes. Il faut vraiment être présent dans la salle pour comprendre l’atmosphère qui règne lors de ces soirées toujours très attendues. Les capsules et extraits de films se succèdent un peu comme les disques sur la platine d’un DJ. La musique occupe une place de choix lors du programme et les neuf cent personnes sur place tapent des mains en cadence suivant le rythme des divers pièces entraînantes, passant de Queen à Nirvana sans oublier le délicieux vidéo d’un jeune Eddie Murphy tentant sa chance à la chanson au sommet de sa carrière d’acteur. Le trio de réalisateurs qui nous a présenté le film Le Bagman lors d’une précédente édition du festival a aussi présenté quelques courts métrages absurdes lors du programme au grand plaisir de la foule. Ninjas, lutteurs, mémé à mitraillettes et génie du basket se sont donné la réplique pour faire de cette soirée un succès foudroyant. Ceux qui ont manqué la projection de l’année dernière pourront se régaler gratuitement ce samedi 12 juillet lors de sa projection sous les étoiles au parc de la paix.

Près d’une cinquantaine d’autres films ont été projeté lors de cette première semaine au festival et ce sera à nouveau le cas pour la deuxième. Jusqu’à présent l’équipe d’Emoragei compte bien être présente lors de la projection de Small Gauge Trauma ce jeudi 10 juillet, projection annuelle de courts métrages noirs et énervants qui a su se tailler une solide réputation au fil des ans. Dimanche on pourra voir Always : Sunset on Third Street 2, seconde partie d’un film familial très amusant tiré d’un populaire manga qui fût un des moments forts de l’année dernière. Le film Stuck est aussi à surveiller. On pourra y retrouver Mena Suvari au bord de la crise de nerf après avoir renversé un homme en voiture dans un film de Stuart Gordon, le même esprit tordu qui a nous présenté il y a quelques temps à fantasia le somptueux Edmond, film qui traitait de la déchéance d’un homme qui décide de plaquer du jour au lendemain famille et boulot pour commencer à vivre. Si Stuck est aussi bon qu’ Edmond, ce qui devrait être le cas, on peut s’attendre à nouveau à un délicieux film noir. Dans le même ordre d’idée, tout de suite après Stuck, Fantasia présente le film Red. Ce film psychologiquement violent nous fait partager la peine et la soif de vengeance d’un vieil homme qui a vu son chien fidèle se faire tuer devant ses yeux par de jeunes voyous. L’homme n’aura d’autres choix que de se faire justice lui-même.

C’est tout pour cette semaine, revenez nous la semaine prochaine pour un compte rendu de la deuxième semaine de Fantasia et un avant goût de la troisième. Merci à Fantasia et à tous nos fidèles lecteurs. Bon festival à tous !

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