[] [] [] [] [] []

SALON DU DISQUE ET DES ARTS UNDERGROUND DE MONTRÉAL

Finir en Beauté

FanTasia 2008

Conclusion du festival

jeudi 31 juillet 2008, par François Legault

Il est déjà temps de faire un trait sur l’année 2008 en ce qui a trait au festival Fantasia. Mission accomplie, comme diraient plusieurs super héros ayant connu leur moment de gloire au cinéma. On peut lire sur le site Web de Fantasia que le bilan de cette édition est des plus positifs. Plusieurs dizaines d’invités spéciaux, de nombreuses projections devant une salle pleine à craquer et un nombre grandissant de festivaliers ont contribué cette année encore à surpasser les attentes et à faire de Fantasia un incontournable de l’été à Montréal. Voici cette semaine encore un résumé des quelques longs métrages auxquels l’équipe d’Emoragei a eu le privilège d’assister.

Le film coréen Going by the Book a été présenté à deux reprises devant une salle comble. Les projection de cette comédie fort attendue s’annonçaient déjà complètes depuis la première semaine du festival et ont ravi les cinéphiles qui ont été plusieurs à mentionner qu’il s’agissait de leur film préféré cette année au festival. On pouvait y voir un policier jouer le rôle d’un voleur de banque dans le cadre d’un exercice policier hautement médiatisé qui tourne au vinaigre. L’événement, censé se clore en quelques minutes et redorer le blason un peu terne du système policier de la ville où les braquages ont lieu, est perturbé par l’audace et le souci de bien faire du policier voleur qui prend son rôle trop au sérieux. Ce film rappelle les populaires films de Kim Sang-Jin qui ont tous été chaudement applaudis lors des précédentes éditions du festival. On parle ici de Ghost House, Jail Breakers, Kick the Moon et bien sûr d’Attack the Gas Station.

Samedi le 19 juillet, Fantasia nous conviait à une grande première internationale en présence de ses quatre réalisateurs thaïlandais respectifs. 4Bia est un long métrage constitué de quatre courts métrages d’une durée d’environ vingt-cinq minutes chacun. Les quatre films jonglent avec des thématiques d’horreur, d’humour et de suspense, mais chacun bien à sa façon. Chacun d’entre eux semble aussi traiter de vengeance en quelque sorte. Une jeune fille qui s’intéresse à un inconnu qui se manifeste sous forme de messagerie texte via son téléphone cellulaire se retrouve dans une position assez inconfortable. Un enfant victime de la violence des autres élèves de son école songe à la magie noire pour se venger. Un groupe d’ados en canot-camping se raconte des histoires de fantômes avant d’aller dormir sans trop savoir de quoi il en retourne. Une hôtesse de l’air tente de plaire à son unique passagère, une princesse capricieuse, et lui fait goûter sa propre médecine sans se douter qu’elle devra raccompagner la dame vers son cercueil au voyage du retour. Le premier film est digne des nombreux films d’horreur qui exploitent les téléphones et leur message mortel. Le second est très visuel et foisonne d’effets spéciaux intéressants. Le troisième est hilarant et fait délibérément référence à de nombreux films populaires. Le quatrième rappelle les nouvelles de Stephen King et les films d’horreur pour adolescents. Les quatre forment un tout en quelque sorte puisque certains légers détails relient les histoires entre elles. Les réalisateurs ont pris le temps de répondre aux questions du public après la présentation. Heureusement qu’une interprète les accompagnait.

Dimanche le 20 juillet, le festival nous réservait une première mondiale où était présente toute la ribambelle d’acteurs qui y figurent. L’excellent film Pig Hunt en a mis plein la vue au public. Le film colle tout à fait au style du festival en général. Un délire d’action festif qui n’en finit plus d’exploser, voilà ce que nous réservait le film de James Isaac dans lequel on peut retrouver un groupe de chasseurs aux prises avec des rednecks hyperactifs très fâchés, un groupe de nymphettes qui s’occupent de gigantesques plants de marijuana et un sanglier éventreur légendaire de plus de trois mètres de haut. Le film, très imprévisible, dévoile surprise après surprise et se joue des clichés évidents dans lesquels il aurait pu tomber, un peu comme le faisait Cabin Fever, il y a de cela quelques années. La présence de Les Claypool, célèbre chanteur du groupe Primus, qui signe la trame sonore et joue le rôle d’un prêtre redneck aussi affreux que violent, ajoute une note d’humour noir et de plaisir à ce remarquable tour de force.

Suite à la demande générale, le festival a réitéré une expérience déjà concluante dans le passé, c’est à dire prolonger le tout d’une journée pour donner la chance aux festivaliers de se gaver encore plus. Midnight Meat Train est un film américain pour la forme réalisé par un Asiatique qui a déjà su faire ses preuves avec, entre autres, le très populaire film Versus. Adapté d’une nouvelle écrite par Clive Barker il y a de cela une vingtaine d’années, le film relate l’histoire d’un photographe qui tente de capturer l’essence même de New York en prenant des clichés de la réelle violence qui hante la ville. Il percera le secret d’un meurtrier sanguinaire en le suivant dans tous ses déplacements. Certains secrets méritent néanmoins de demeurer secrets. L’acteur Vinnie Jones, qui y incarne ni plus ni moins le tueur en personne, jouit d’un statut de vedette incontestée à Fantasia depuis la projection de Survive Style 5+, sans aucun doute l’un des meilleurs films projetés sur les écrans de Fantasia depuis ses tous débuts. On connaît aussi l’acteur pour son autre rôle de tueur à gages, cette fois dans le film de Guy Ritchie Lock, Stock and Two Smoking Barrels. Adapter une nouvelle en long métrage n’est pas une mince tâche. Certains diront que les scènes de romance sont parfois superflues, mais un film a parfois besoin de ce genre de scène pour donner plus d’impact aux plus courtes scènes d’action. Le film n’aurait toutefois pas souffert si on lui avait enlevé une quinzaine de minutes. Parions que c’est ce qui arrivera quand ce film prendra l’affiche dans peu de temps un peu partout au Québec. Ce ne seront malheureusement pas les scènes d’amour qui subiront la censure à ce moment.

Le film de clôture fut une surprise de dernière minute. Annoncé lors des derniers jours du festival, le film australien Dying Breed nous plonge en plein coeur de la forêt tasmanienne où un groupe d’explorateurs tente de faire la lumière sur les mystères d’une mort inexpliquée huit ans auparavant, de la disparition des tigres de Tasmanie et de l’attitude étrange des habitants de la région. Le film exploite diverses intrigues et nous perd à mi-chemin. L’horreur y est présente, les instants de panique et de doute aussi, mais l’ensemble de l’oeuvre demeure confus. On a droit à plusieurs dénouements qui s’enchevêtrent sans donner raison aux diverses hypothèses qu’on élabore au long du film. De bonnes idées sont utilisées un peu de travers, ce qui donne un film un peu décousu, mais pas pour autant dépourvu de bons moments. On ne peut pas avoir des films comme Bon Cop, Bad Cop en finale à chaque année et Dying Breed va rejoindre Suspect Zero présenté en 2004 dans les choux blancs de dernière minute.

La sélection des films présentés cette année au festival a été assez explosive dans son ensemble. La plupart des films ont attiré des foules immenses et très très peu d’entre eux se sont avérés de mauvais choix. Le festival semble s’améliorer d’année en année, si bien que les attentes pour 2009 se veulent plus énormes encore. Les erreurs techniques ou retards à la programmation sont maintenant pratiquement chose du passé et Fantasia mérite amplement tout le bien dont on en dit. Fantasia est à la hauteur de sa réputation et c’est pour Emoragei un honneur renouvelé que d’y être présent à nouveau. Merci à tous nos fidèles lecteurs d’encourager l’évènement et merci aussi à Fantasia qui nous ouvre toutes grandes ses portes depuis maintenant six ans.

Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0