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FANTASIA 2007 : The End (Texte #4)

En Conclusion

jeudi 26 juillet 2007, par François Legault

Les vingt jours du festival Fantasia sont déjà derrière nous. Le texte qui suit est présenté en deux parties, la première résumant les quelques films auxquels Emoragei a assisté au cours de la dernière semaine, la deuxième relatant les hauts et les bas de la onzième édition du festival Fantasia.

Vendredi dernier, DJ XL5, alias Marc Lamothe, conviait les cinéphiles à une nouvelle cuvée de courts métrages délirants. Cet amalgame, pour la première fois présenté sous forme de film comportant un générique de début et de fin s’est avéré une partie de plaisir pour tous. Le judicieux choix de courts films de tout acabit a semblé plus court que les deux heures annoncées, ce qui est important pour une présentation semblable qui, trop souvent, se veut dure à suivre après la première heure. Seuls les courts métrages Neurotically Yours (où on avait peine à comprendre ce que disaient les personnages qui parlaient trop aigu et trop vite) et Everything will be OK de Don Hertzfeldt qui s’étalait sur 17 longues minutes ont fait un peu d’ombre sur un programme survolté. Marc Lamothe s’est fait des amis avec ce programme au cours des années et certains d’entre eux, dont Don Hertzfeldt, lui ont offert des premières mondiales. Difficile de dire non dans ce cas à un film un peu long ou un peu moins animé que souhaité. Malgré tout, le programme dans son ensemble est une réussite et tous veulent revoir les épisodes absurdes de Dr Tran. Ceux-ci se trouvent facilement grâce à www.youtube.com pour les curieux.

Le dessin animé Yobi the Five Tail Fox a su ravir les plus fervents amateurs d’animés japonais. Le réalisateur qui nous avait offert le sublime My Beautiful Girl Mari a mis les bouchées doubles pour ce long métrage familial digne des plus grands chefs d’oeuvres d’Hayao Miyazaki. Le film déborde d’idées géniales et de personnages fabuleux. Dommage qu’il ne se soit pas mérité une mention spéciale lors de la remise des nombreux prix de Fantasia. Le fait que le film a été projeté à midi un dimanche a sans doute nuit à sa visibilité. Ce film se retrouvera sans aucun doute sur les tablettes de votre club vidéo sous peu. Ne manquez pas la chance de le voir si elle se présente à nouveau.

Always : Sunset on Third Street est une adaptation en film d’un manga fort populaire au Japon. Ce film s’apparente aux excellentes comédies Drive et Blessing Bell qui ont triomphé lors des précédentes éditions du festival. Peut-être que les lecteurs du manga diraient que ce dernier est meilleur comme c’est toujours le cas pour une adaptation, mais le film ne semblait pas sauter du coq à l’âne et l’histoire y était très bien racontée. Le réalisateur a réussi à faire encore mieux que son film Returner qui était déjà fabuleux.

Memories of Matsuko s’est mérité tous les honneurs cette année. Le film a reçu plusieurs mentions dont meilleur film pour l’ensemble du festival. Comme c’était le cas pour A Bloody Aria, la bande annonce de ce film pratiquement nulle ne laissait présager rien de bon. On croyait avoir affaire à une comédie musicale. Heureusement qu’il a été présenté à nouveau lors de la journée supplémentaire du festival, étant donné qu’il s’agit bel et bien d’une bombe, d’un incontournable. Le film rappelle l’excellent Survive Style 5+ présenté l’an dernier qui s’était mérité le prix de l’écran fantastique, prestigieuse revue européenne. Fantasia comparait ce film au Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, ce qui est loin d’être faux. On y apprend à connaître Matsuko, une femme qui a vécu toutes sortes d’aventures, passant d’enseignante à danseuse, de meurtrière à yakuza. On pourrait aussi comparer ce film à l’Opus de Mr Holland, étant donné que bien qu’elle s’occupe à plusieurs activités au court de sa vie, ce qui importe au bout de ce voyage, c’est l’impression qu’elle a laissé sur ces gens qui la respectent, bien qu’ils n’aient aucune idée de ce qu’elle devient. Le débit de ce film est incroyable. Il parvient à nous faire part de la vie entière de quelqu’un que personne ne peut oublier.

Le controversé 13 Beloved était annoncé par Fantasia comme un des grands moments du festival. Curieusement, ce film m’a laissé froid. Un homme qui a tout perdu se fait offrir de jouer à un jeu étrange apparenté à la télé-réalité dans lequel il doit réussir 13 épreuves mettant progressivement à l’écart toute valeur morale en échange d’une somme d’argent astronomique. Plusieurs passages sont tirés par les cheveux. On y voit clairement un technicien de scène à un moment où il n’est censé y avoir personne (seule erreur que j’aie remarquée dans un film cette année). L’idée, bien que géniale, est très mal exploitée. Les gens échangeaient à la sortie du film sur ce qui aurait pu s’y passer à la place de ce qu’on y a vu. Les Américains ont acheté les droits de ce film et parviendront peut-être à le surpasser. Pour ma part, le film m’a donné envie de revoir le film américain The Game mettant en vedette Michael Douglas et Sean Penn qui, selon mes souvenirs, était excellent.

Mes coups de coeur pour cette année :

Tekkon Kinkreet : comme c’est le cas pour plusieurs, le film d’ouverture m’a ravi. Il s’agit d’un dessin animé d’une rare beauté. Sans doute le seul film qui peut encore faire compétition à Pixar au niveau de la qualité d’animation.

Isabella : une formidable histoire d’amour impossible et de famille éclatée qui aborde un sujet délicat avec légèreté et laisse un souvenir à la fois agréable et impérissable.

Special : comédie américaine à mourir de rire qui fait de Michael Rappaport un acteur majeur à surveiller de très près qu’on peut désormais comparer à Steve Buscemi et Vincent Gallo.

A Bloody Aria : comédie ou drame, ce film drôle et violent nous rappelle combien il est bon de rire du malheur des autres.

Always : Sunset on Third Street : ce genre de film familial drôle et touchant est essentiel pour dissocier Fantasia des zombies et des yakuzas. Espérons que le réalisateur offrira à Fantasia son prochain long métrage.

Lors de la conférence de presse de Fantasia, tenue une semaine avant le début du festival, Marc Lamothe a dit que la résolution pour cette édition du festival était de commencer les projections à l’heure et éviter autant que possible les retards. Cette résolution était également celle de l’édition 2006 et avait été, ma foi, bien tenue. Ce fut le cas encore cette année. Aucun des films n’a commencé avec un retard de plus de dix minutes, ce qui s’explique très bien vu le temps que la foule met à évacuer et à remplir la salle. Finis les retards de 30 à 60 minutes. Bravo à toute l’équipe qui se mérite une chaude main d’applaudissements, voire une ovation debout pour ce progrès qui semblait impossible à atteindre. Bravo aussi à Daniel, le technicien de scène qui fut maintes et maintes fois applaudi au cours de cette édition et qui le mérite entièrement. Bravo aussi à Simon Laperrière (si ma mémoire est bonne) qui, suite à son aide constante au festival au cours des années, s’est trouvé une place auprès des programmateurs. Espérons qu’on pourra le voir présenter plusieurs films devant la foule comme le font présentement Mitch Davis et Marc Lamothe, étant donné qu’il a fait la présentation la plus claire et la plus intéressante lors de la conférence de presse. On ne voit passer souvent ces gens qui, comme Pierre Corbeil, fondateur du festival, se trouvent éclipsés face au public, ce qui explique en partie le statut de star de Daniel.

Les coups de coeur étant passés, le coup de masse est à venir. La résolution 2007 de commencer les films à l’heure tenue, voici ma suggestion pour la résolution 2008 : réduisez les erreurs techniques. Souvent, les films sont privés à un moment ou un autre de leur projection de sous-titres, de son ou d’image. Il arrive même que le film arrête un moment avant de repartir, soit au même endroit, soit quelques secondes plus loin. Le film The Backwoods comportait plusieurs scènes en espagnol dépourvues de sous-titres. Le festival a offert des billets aux spectateurs en compensation à la sortie. Je comprends à quel point il doit être difficile d’organiser pareil festival et de veiller à tout et je suis certain qu’en y mettant les efforts nécessaires l’équipe est en mesure de réduire ce genre d’erreur. Je trouve aussi dommage qu’on ne voit jamais les membres du jury, vedettes pourtant sélectionnées avec soin dans divers domaines de la culture québécoise. On peut lire presque chaque jour l’opinion du chroniquer de Z Télé Pascal Forget qui tient un blog fort intéressant sur le festival, bien qu’il ne fasse pas partie du jury, mais on n’a aucune idée de l’opinion d’Yves Pelletier ou de René Homier Roy sur le festival. Je profite aussi de l’occasion pour réitérer ma demande pour des nachos et du fromage.

La cuvée 2007 se veut meilleure que jamais et c’est autant un honneur qu’un plaisir pour Emoragei de chroniquer le festival depuis 2003.

Merci à vous lecteurs et merci à Fantasia

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