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La suite... (2ième semaine)

FANTASIA 2007 (Texte #2)

vendredi 13 juillet 2007, par François Legault

Déjà la première semaine de Fantasia touche à sa fin. Il est maintenant temps de prévoir la seconde. Tel que promis, voici un retour sur quelques-uns des films présentés au cours de la dernière semaine et un aperçu de ce qui s’en vient dans la deuxième.

La projection du film d’ouverture du festival, Tekkon Kinkreet, s’est avérée un grand succès. Le fabuleux film d’animation en provenance des mêmes studios qui ont crée Animatrix a conquis l’audience entière et nous a permis durant une heure ou deux de partager un rêve éveillé d’une rare beauté. Film d’action coloré véhiculant des valeurs fraternelles, l’histoire des deux amis Black et White adaptée d’un populaire manga s’est voulu très divertissant et à la fine pointe des technologies d’animation les plus récentes. Son imminente parution en format dvd fera bien des heureux.

Le premier bloc de courts métrages portant sur le thème de l’animation sous tous ses angles, Au Delà de l’Animation, fût présenté à la salle J.A. De Sève. On a pu y voir un pot-pourri de courts métrages d’animation sélectionnés par Marc Lamothe chacun élaboré d’une différente façon. Animation 2D, 3D, stop motion et autres s’enchaînaient à qui mieux mieux durant plus d’une heure. Cette sélection fort intéressante fût un des points forts de la semaine.

Dimanche le film japonais Ten Nights of Dreams, adapté d’un roman écrit il y a un siècle cette année, n’a pas fait l’unanimité. Divisé en dix segments chacun signés par un différent réalisateur, le film se présente comme un recueil de nouvelles chacune extrêmement différente de l’autre et bien que deux ou trois de ces courts métrages furent intéressants, l’ensemble de ceux ci avait de quoi faire bailler aux corneilles. Même le segment signé Yoshitaka Amano, bien que merveilleux visuellement, était boiteux et ennuyeux. Environ 20 de ces 100 minutes furent néanmoins une partie de plaisir mais ont bien su se faire attendre. Plusieurs ont été déçus mais l’audience a néanmoins chaudement applaudi après la représentation. C’est à se demander si on peut être à la fois difficile et ouvert d’esprit.

Le film de Hong-Kong Diary d’Oxyde Pang fut à la hauteur des attentes. Très semblable au film Audition de Takashi Miike tant au niveau des idées que de la trame narrative, ce plus récent film de celui qui nous a présenté dans le passé Re-Cycle, The Eye et The Tesseract a su tour à tour désorienter, choquer et faire rire. Reconnus pour leurs effets spéciaux, les films des frères Pang ont su se tailler une place de choix au sein du festival avec les années. Ce dernier avait de quoi flanquer la chair de poule et, bien qu’on riait de certaines scènes, il s’agissait d’un rire bien nerveux.

Jade Warrior, présenté par la bande annonce comme un film d’arts martiaux à la Tigre et Dragon s’est avéré fort décevant. Jouissant d’une photographie superbe et d’un budget de toute évidence fort intéressant, le film n’a fait que tourner en rond tergiversant entre deux époques distinctes. L’histoire, bien qu’originale, ne rendait pas hommage à l’exquise bande annonce qui présentait en deux minutes l’intégrale des scènes intéressantes du film. L’acteur principal, peu convaincant, ne faisait que nous rappeler Christophe Lambert et ce film entier semblait dérivé d’un Highlander sans action.

The Unseeable, film d’horreur thaïlandais, a surpassé les attentes. La bande annonce ne disait pas grand chose sur le film et ne semblait pas très convaincante non plus. Les films Thaïlandais ont toujours été encensés par l’équipe de fantasia et sont toujours les bienvenus au festival. La plupart d’entre eux traitent soit d’arts martiaux ou de fantômes. The Unseeable, pour sa part, est un film de fantômes. On peut comparer ce film à The Exorcist en ce qui a trait aux scènes inexpliquées. Ce qui faisait peur dans l’exorciste, c’est cette flamme au grenier et ces griffes sortant de la statue de Marie qui étaient là sans trop qu’on nous explique pourquoi. Dans The Unseeable, il y a toujours un fantôme derrière l’héroïne du film qui disparaît lorsqu’elle se retourne et il y en a même parfois qu’on est seuls à voir, ce qui n’effraie pas les personnages du film. C’est ce qui permet au spectateur de sentir qu’il fait partie de l’histoire. La musique très sombre aide aussi à créer cette ambiance sombre. Ce qui surprend encore dans ce film comme dans la plupart des films thaïlandais c’est la beauté des images et de la photographie. Les films thaïlandais parviennent grâce à leur beauté à nous faire voyager et apprécier les décors de ce pays.

Le dessin animé à la fois vulgaire et très beau Aachi & Ssipak a fait crier et applaudir à maintes reprises la foule présente à fantasia pour sa projection. Digne successeur des Fritz the Cat et Tarzoune la Honte de la Jungle, ce film violent à souhait et haut en couleur a déferlé à un rythme effréné un lot de séquences d’action où les mitrailleuses s’en donnait à coeur joie, faisant voler les têtes un peu partout dans l’écran. Ce film est définitivement fait pour les festivals. Il est conçu pour être projeté sur un grand écran devant une foule en délire. Suivant un peu le principe du film Dead Leaves, présenté il y a deux ans au festival, Aachi & Ssipak est une vraie bombe qui n’en finit plus d’exploser et se veut un film culte instantané. Si par chance ce film se trouve à nouveau présenté dans un cinéma, ne manquez pas votre chance d’être du nombre des spectateurs.

Le drame de Hong Kong Isabella est d’une beauté somptueuse. La musique et la photographie sont d’une richesse incroyable et les personnages attachants nous font à la fois rire et pleurer. Fantasia ouvre la porte de plus en plus grande à la diversité et nous présente un éventail de films très varié. Ce film est d’une beauté rare et pourrait trouver sa place au sein de nombreux autres festivals. Traitant parfois de sujets violents sans toutefois présenter de scènes violentes, ce film touche et rappelle par moments l’excellent Crying Fist présenté à Fantasia auparavant.

En provenance du Mexique, l’horrible KM 31 est épouvantable à en dresser les cheveux sur la tête. Ce film où plusieurs personnes perdent la vie au même endroit sur le bord d’une route près de la borne 31 surprend si souvent que l’auditeur est constamment sur le qui-vive. Les quelques scènes où on peut apercevoir un démon quelconque ont de quoi marquer pour la vie. La finale digne d’un bon film noir n’a rien de la traditionnelle queue de poisson et laisse un malaise en tête à la sortie de la salle. Un film mexicain qui glace d’effroi à classer quelque part entre Ring et The Devil’s Backbone.

Et maintenant, voici en résumé les films qui ont retenu notre attention pour la semaine du jeudi 12 au mercredi 18 juillet.

Jeudi après-midi, une comédie intitulée Special met en vedette un jeune homme timide qui se porte volontaire pour tester un nouveau produit qui donne confiance en soi. Ce produit s’avère plus puissant que prévu et lui donne des pouvoirs de super héros comme voler et passer au travers des murs. Cette comédie américaine rafraîchissante rappelle un peu la comédie désopilante Nothing où deux amis faisaient disparaître ce qu’ils n’aimaient pas par leur simple volonté, à commencer par quelques objets pour aller jusqu’à l’univers entier. Fantasia ne présente pas beaucoup de comédies américaines, on peut donc se fier à leur jugement. Pour certains le choix sera difficile étant donné que ce film est présenté en même temps que la cuvée Small Gauge Trauma 2007, collection de courts métrages noirs qui ont acquis une certaine notoriété au festival avec les années et qui font maintenant l’objet d’une parution en dvd suite à leur présentation. Le film Silk projeté en fin de soirée semble aussi très intéressant. Il s’agit de l’histoire d’un savant qui parvient à isoler l’âme d’un enfant décédé dans un cube de miroir miniature et qui tente de l’étudier. Les gens qui croisent le regard de l’enfant meurent les uns après les autres et les autorités en place semblent s’intéresser à cette découverte pour des raisons autres que scientifiques. Le réalisateur du film a écrit le scénario du film Double Vision qui a profité d’une sortie américaine dans lequel on enquêtait sur des morts sordides comme par exemple une noyade dans un bureau...sans eau. Ce film recèle sans doute de bonnes idées.

Vendredi le film The King of Kong traite d’un sujet toujours à la mode ; les jeux vidéo. On pourra y voir un champion de Donkey Kong tenter de défendre son titre à nouveau des années plus tard. Une comédie pleine de maniaques stressés. Midnight Ballad for Ghost Theater est un film familial semblable à Beetlejuice dans lequel les fantômes d’un théâtre et une jeune fille essaient d’empêcher la destruction de leur résidence. Le réalisateur montréalais qui a présenté l’excellent film gore Slashers nous revient avec un film fort attendu. The End of the Line présente une secte qui est persuadée de faire le bien en découpant les usagers du métro. Les gens doivent sauver leur peau alors que prêtres et croyants se précipitent à leurs trousses, crucifix à la main. Ceux qui n’aiment pas se faire réveiller par les témoins de Jéhovah s’estimeront bien chanceux que la situation n’en soit pas rendue là. Dans un même ordre d’idée, The Rage, qu’on pourrait aussi qualifier de ’’film halloween’’ sera projeté aux alentours de minuit. Il s’agit d’un film d’horreur semblable à Braindead et Evil Dead réalisé par un expert en maquillages. Encore une fois à Fantasia, un groupe d’adolescents iront mettre leur nez là où il ne faut pas et y passeront des vacances mémorables. Mutants, sang et tripes sont au menu.

Samedi le festival offre un programme double en présentant tour à tour les films Death Note et Death Note : The Last Name. Basés sur un populaire manga, ces films traitent d’une liste mortelle où figurent à l’avance les noms de ses victimes. Un jeune homme accompagné d’une espèce de démon qui ressemble à la fois à Edward Scissorhands, au lapin de Donnie Darko et au polichinelle de Brainscan semble être à l’origine de la liste en question. Encore une fois deux films intéressants sont projetés en même temps quoiqu’ils seront tous deux projetés une seconde fois par la suite. Le premier de ces films, Puritan, est un film noir où un homme (un des jeunes acteurs de Lock, Stock & Two Smoking Barrels) fait la rencontre d’un homme étrange qui lui présente une femme étrange mariée à un mafieux étrange. L’idiot entreprendra une liaison avec elle. Certains aiment jouer avec le feu. L’autre film est annoncé par Fantasia comme la venue du messie. 13 Beloved raconte l’histoire d’un homme au bout du rouleau qui participe à un jeu télévisé en temps réel où il doit sacrifier tous principes moraux en s’adonnant à d’étranges jeu s’il veut remporter la cagnotte. Les droits du film ont été acheté par les américains alors comme c’est le cas pour tous ces films victimes d’un remake (américain en plus, pitié) sans la moindre exception aucune, il faut voir l’original. Pour l’instant les deux représentations affichent complet mais parions qu’une autre projection trouvera sa place lors des dernières journées du festival. Deux autres films à l’affiche cette même soirée de samedi ; Mulberry Street où la ville de new York est en quarantaine suite à une infestation de rats porteurs d’une bactérie qui rend les gens assoiffés de violence et de sang et Poultrygeist, film de la célèbre firme Troma où des poulets géants zombies attaquent un restaurant fast-food. L’équipe québécoise qui a réalisé le désormais célèbre court métrage Bagman a prêté main forte à Lloyd Kaufman pour le tournage de ce film qui est à ce qu’on dit sa plus grande réussite.

Ce dimanche les super héros sont en vedette. D’abord avec la projection de Hero Tomorrow, film dans lequel un jeune artiste s’invente un costume et un personnage et qui décide de donner vie lui-même à son personnage en prenant en charge la protection de sa ville. Les films chiliens Kiltro et Mirageman mettent en vedette le même duo d’acteur et de réalisateur. Il s’agit de grands films ayant connu un franc succès que Fantasia nous présente en grande première. Vous pourrez y voir un expert en arts martiaux revêtir divers costumes et anéantir une armée de vilains. Les films Memories of Matsuko et Wool 100% semblent tous deux adressés au même type de public. Bien qu’il y ait plus d’une heure de différence entre leurs projections, les deux films se trouvent quand même à jouer en même temps ce qui est dommage. Dans Memories of Matsuko, une jeune fille visite la maison de sa tante décédée. Elle fait son enquête pour tenter de connaître cette tante dont elle n’a que vaguement entendu parler. Elle y découvrira plusieurs secrets qu’elle partagera avec le souvenir de cette tante inconnue. Ce film est une étude de personnage comique qui s’apparente au Fabuleux Destin d’Amélie Poulain et qui met en vedette l’excellente actrice des deux premiers Ringu japonais. Le film Wool 100% met en vedette deux soeurs qui partagent tout dans une maison bric à brac parsemée de trésors qu’on pourrait aussi appeler déchets. Elles offrent le gîte temporairement à une jeune fille qui vient rompre la monotonie de leur quotidien et les force à modifier leur rythme de vie. Ce film est parfois interprété par des actrices, parfois par des marionnettes et est parfois présenté sous forme d’animations. Ces deux films semble facilement s’apparenter et rappellent les excellentes comédies A Taste of Tea et Survive Style 5+ présentées l’an dernier au festival. Espérons qu’un heureux concours de circonstances nous permettra de visionner les deux films malgré tout.

Lundi la journée débute de façon inattendue par une projection spéciale du film Stalker dans la salle Hall. Ce grand classique allemand n’ayant pu franchir la frontière à temps pour la projection du 8 juillet, l’équipe de Fantasia a décidé de projeter ce très beau film dans la grande salle à 13h30 contrairement à ce qui était prévu. Cette décision nous permettra d’apprécier ce film à sa juste valeur sur un écran géant. Le film autrichien Dead in Three Days nous fait peur grâce à des coups de téléphone que cinq jeunes reçoivent les avisant qu’ils mourront dans trois jours. La formule surexploitée par des films tels que Phone et One Missed Call semble avoir une fois de plus fait des petits. Espérons que le film apporte quand même des idées nouvelles. Le film The Ferrymen rappelle un peu le très bon film américain Fallen. On peut y voir un démon posséder divers personnes et changer quand bon lui semble. Ce concept devient angoissant car il est adapté à un groupe de personnes perdues sur un navire qui découvre un autre bateau avec à son bord un seul survivant. Le démon pouvant se mouvoir d’un corps à l’autre s’amusera à monter les victimes les unes contre les autres et à ébranler la confiance qu’ils ont entre eux. Enfin, le film The Last Winter traite d’un sujet brûlant d’actualité ; le réchauffement de la planète. Un groupe organise une expédition au pôle nord afin d’y installer un puit de forage. La terre, attaquée en son point névralgique, décide de prendre des moyens bien étranges pour se défendre et l’équipe, dont la plupart des membres sont écologistes et déjà contre le projet, devra se défendre contre un ennemi qui ne leur veut que du bien. Un thriller d’horreur écologique comme il ne s’en fait pas souvent. En fait c’est sans doute le premier.

La journée de mardi débute par la projection du film A Battle of Wits dont l’action se déroule en chine plusieurs siècles avant Jésus Christ et où un homme seul sans arme arrivera à soulever une armée entière. Plus tard dans la journée le réalisateur qui nous a présenté Executive Koala et Calamari Wrestler lors des éditions précédentes du festival nous présentera cette fois The Rug Cop, dans lequel un policier applique une loi antigang en lançant sa perruque comme un boomerang. Aussi au menu ce mardi, le film We Are the Strange. Entièrement réalisé par une seule et unique personne, ce film d’animation débile dotée d’une trame sonore 8 bits ahurissante fait parler de lui depuis près d’un an et colle très bien à la mission du festival qui essaie d’innover chaque année en nous présentant un cinéma de genre qui se renouvelle.

Mercredi plusieurs films sont projetés pour la seconde fois au festival et quelques blocs de courts métrages sont à l’affiche. On pourra aussi voir le film coréen The King and the Clown dans lequel une troupe de théâtre parodiant le roi devra présenter sa pièce devant ce dernier et le faire rire si elle veut éviter l’échafaud. Le film japonais Nightmare Detective essaiera ensuite de faire la lumière sur une affaire de meurtres perpétrés dans les rêves des victimes. On peut toutefois s’attendre à un film bien différent de Nightmare on Elm Street.

Comme je l’ai mentionné la semaine dernière plusieurs autres films sont à l’affiche et la plupart d’entre eux sont présenté deux fois au cours du festival. Emoragei est fier d’être à nouveau associé à Fantasia et vous invite à venir consulter le prochain texte hebdomadaire où vous pourrez lire un compte rendu de certains films présentés dans la semaine et un aperçu de la semaine suivante.

Bon Cinéma !!! www.fantasiafestival.com

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