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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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FANTASIA 2005

Un menu pour tous les goûts

mercredi 31 août 2005, par François Legault

La neuvième édition du festival de film de genre Fantasia a cette année encore battu son plein entre les murs de l’université Concordia. Un peu plus d’une centaine de longs métrages et environ la même quantité de courts métrages ont assuré au public une programmation alliant quantité et qualité. À chaque année, le record d’assistance au festival atteint de nouveaux sommets. Cette année, plus de 75 000 billets on été vendus dont près de la moitié dans les premières 48 heures suivant la mise en vente. Le succès évident qu’a connu le festival cette année a permis à l’équipe de Fantasia de nous promettre une dixième édition l’année prochaine qui aura lieu pour une quatrième année consécutive dans les deux salles de l’université Concordia, c’est-à-dire le théâtre Hall et la salle J.A. De Sève pouvant accueillir respectivement 700 et 200 personnes. Retour sur les hauts et les bas de l’édition 2005.

Tout d’abord, un coup de cœur et un coup de masse. Coup de cœur pour ces réalisateurs étrangers qui contribuent à chaque année à une programmation diverse et éclatée en nous faisant part de leurs nouvelles créations. Ce geste de dévouement fort apprécié permet au public de suivre le cheminement de ceux-ci et de partager un sentiment de fidélité entre le festival, le réalisateur et le public. Je parle entre autres ici de Kim Sang-Jin qui nous a d’abord présenté il y a de cela quelques années la comédie Attack the gas station. Le film ayant bénéficié d’un accueil chaleureux et d’un tonnerre d’applaudissements, il allait sans dire que le prochain film du réalisateur se devait d’être à l’affiche au festival. C’est ce qui fut le cas au cours des années suivante avec les films Kick the moon, Jailbreakers et cette année encore avec la présentation du film Ghost house. Même coup de cœur pour Katsuhito Ishii qui, cette année, nous a présenté le film Taste of tea. Lors d’une précédente édition du festival, son film Shark skin man & peach hip girl a également séduit le public. Le réalisateur danois Lasse Spang Olsen nous a lui aussi fait part de trois films avant de nous livrer l’excellent Sharks de cette année. Il s’agit de In China they eat dogs, Old men in new cars et The good cop. Enfin, le réalisateur des superbes comédies dramatiques Drive et Morning bell n’a présenté aucun film cette année. Espérons en voir un à la programmation de l’année prochaine. Maintenant un coup de masse pour le cinéma d’horreur asiatique en général. Reconnaissez-vous ce scénario ? Quelqu’un meurt d’une mort inexpliquée. Un ou une journaliste enquête sur la mort suspecte et se retrouve à son tour menacé(e). Un fantôme aux cheveux longs accumule les victimes et passe près de tuer l’héros ou l’héroïne du film à plusieurs reprises jusqu’à ce que les pièces du casse-tête s’emboîtent les unes dans les autres. On découvre ensuite un cadavre ou un squelette qu’on exhume et le fantôme aux cheveux longs revient une dernière fois nous poursuivre en rampant. La recette s’ap¬plique autant aux Ring, Grudge, Phone, One missed call, The eye, et cette année fait non seulement stagner le cinéma japonais, mais reculer d’un pas énorme le cinéma thaïlandais suite à la projection du film Shutter qui n’amène rien de nouveau au concept. Rappelons-nous que l’année dernière, le cinéma thaïlandais était en plein essor et promettait beaucoup. Cette année, les films P et Shutter nous démontrent que le cinéma thaïlandais n’a rien perdu de la richesse de sa photographie, mais a tout à apprendre au niveau du scénario. Aucun film d’horreur asiatique n’était à l’égal cette année des sublimes Uninvited et Tale of two sisters de l’année dernière.

Parmi les films les plus acclamés cette année, on retrouve Mindgame, dessin animé éclaté dans lequel on exploite plusieurs techniques d’animation différentes et dont l’action défile à une vitesse affolante, laissant à peine le temps au cinéphile de cligner des yeux. Le film Survive style 5+ déborde lui aussi d’idées extravagantes qui parviennent de façon surprenante à se tailler une place dans un récit saturé réalisé avec brio et dont chaque seconde est un délice. L’un des acteurs principaux, Tadanobu Asano, fait également partie de la distribution du superbe Taste of tea qui, lui aussi, se démarque des autres films par son côté absurde, burlesque et contemplatif. Crying Fist s’est mérité un prix pour la remarquable performance de l’acteur Choi Min-sik qu’on a pu admirer auparavant dans le film Old boy.

En ce qui me concerne, j’ai également beaucoup aimé les films d’animation Corto Maltese la ballade de la mer salée, Place promised in our early days et Phantom master : dark hero from ruined empire. J’aurais aussi aimé qu’une mention spéciale soit attribuée au bien étrange thriller The Birthday ainsi qu’à l’excellent film d’humour noir français Atomik circus : le retour de James Bataille. Le film d’action de Hong Kong, Breaking news, aborde un sujet délicat et l’exploite si bien qu’il ne serait pas surprenant que les Américains nous présentent leur version des faits prochainement. La session de courts métrages de Marc Lamothe, déguisé sous le pseudonyme DJ XL5, surpassait celle de l’année précédente et a fait rire aux éclats l’audience comblée par ce pot-pourri de farces et attrapes. La plupart des meilleurs courts métrages présentés cette année se retrouvaient dans ce bloc qu’il faut désormais considérer comme un incontournable au même titre que Small gauge trauma. Le festival s’est terminé en apothéose grâce à la présentation du film Night watch, film russe d’envergure internationale où le bien et le mal s’affrontent suite à un pacte fragile qui ne demande qu’à être rompu. Si les deux prochains volets de cette trilogie sont à la hauteur du premier, Lord of the rings, The matrix et même Star wars croupiront dans l’ombre de ce chef-d’œuvre.

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