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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

FANTASIA 2005

Introduction

samedi 9 juillet 2005, par François Legault

Pour une troisième année consécutive, l’équipe d’Emoragei a le plaisir et l’opportunité de présenter à ses lecteurs les faits saillants du festival de cinéma de genre Fantasia. L’événement prend de l’ampleur à chaque année et permet de faire connaître aux cinéphiles une foultitude de bijoux dédiés au grand écran dont l’indéniable qualité et le souci pervers du détail font de ces quelques semaines un moment attendu avec impatience par tous ceux et celles qui considèrent que le cinéma commercial n’arrivera jamais à combler leurs attentes. La programmation préparée avec soin par une équipe dynamique et consciente de sa mission est pour le moins dire à la hauteur cette année avec une sélection qui met l’eau à la bouche. Bien que plus court que l’année précédente, le festival regorge de films de diverses origines et sera couvert de façon hebdomadaire par nos chroniqueurs. Voici ce que nous réservent les premiers jours de l’événement. Chaque mardi, nous ferons la lumière sur ce qui est passé et ce qui est à venir.

La soirée d’ouverture, jeudi le 7 juillet, sera comblée par deux présentations exclusives où les réalisateurs seront présents pour présenter leurs films respectifs et répondre aux questions de l’audience. Il s’agit tout d’abord du film japonais Ashura, dont les effets spéciaux impressionnants et la bande annonce plutôt étrange laissent prévoir un film dans la veine des tigres, dragons et héros qui ont fait la renommée du cinéma asiatique commercial des années précédentes. Ce film bénéficie toutefois d’un budget apparemment plus restreint, mais aussi de moins d’investisseurs, ce qui laisse une profonde liberté au réalisateur qui nous présentera non pas ce que l’Américain typique veut voir et comprendre, mais bien ce que ce premier a envie de nous présenter. D’apparence plus satyrique que morale, cette histoire risque d’ouvrir la porte à une série de films qui feront leur marque sans la présence de producteurs-dictateurs étrangers. Le second film à l’horaire, Crying Fist, raconte l’histoire d’un homme délaissé par sa femme qui veut revoir son enfant et d’un jeune pour qui la vie ne rime plus à rien. Tous deux rendus au bout du rouleau, ils s’investiront corps et âmes dans une discipline qui leur tient à cœur : la boxe. L’amitié et l’empathie que partagent les deux hommes leur mettront des bâtons dans les roues quand leurs encouragements mutuels les mèneront à s’affronter. Ceux qui ont eu la chance de voir le film Old boy reconnaîtront l’acteur principal dans le rôle du plus âgé des deux boxeurs. Ce film a d’abord joué à Cannes avant de se retrouver parmi les exclusivités du festival.

La seconde journée du festival comblera les fanatiques du cinéma d’animation. Le film Place promised in our early days a fait un malheur partout où il a été présenté. On compare son film à ceux d’Hayao Miyazaki, mais ceux qui, comme moi, ont trouvé que le dernier film de Miyazaki n’était pas à la hauteur de leurs attentes seront sans doute comblés par ce film qui surprend par sa beauté et son charme. Ce film semble être à première vue le film d’animation le plus intéressant du festival, mais le film Mindgame qui est présenté dans la grande salle quelques minutes après la fin de Place promisedin our early days sera probablement récipiendaire de ce titre. Du même auteur que le passionnant Nekojiru-So (paru depuis en version domestique sous le nom Cat Soup), le film promet de séduire autant sinon plus de spectateurs que ceux qui ont nommé Nekojiru-So court métrage de l’année lors d’une précédente édition du festival. Mélangeant images de synthèses et dessins animés, ce film semble présenter une nouvelle facette du cinéma d’animation qui se veut bigarrée et festive. Une confiance aveugle mérite d’être vouée à ce film qui se verra attribuer le titre de film culte suite à cette présentation. Le film thaïlandais Shutter saura ensuite combler les amateurs de fantômes et d’émotions fortes. À en juger par la bande annonce, ceux qui ont aimé les séries des Ring et Grudge y trouveront les frissons recherchés. Un fantôme se retrouve présent dans les photographies personnelles des personnes infectées ou possédées. Les films thaïlandais s’étant démarqués des autres productions au cours des dernières éditions du festival par la qualité de leurs images et de leurs scénarios, ils nous portent à croire que ce long métrage a le potentiel requis pour nous surprendre et surpasser les films auxquels il s’apparente. Enfin, ceux qui se rongeaient les ongles et le sang en visionnant la version originale du film The Grudge l’année dernière se feront un plaisir de dévorer ce deuxième volet à l’histoire. Notez que la version américaine résume tant bien que mal les deux films japonais, mais est à des lieues d’être aussi efficace que ce chapitre qui est le plus stressant des Grudge. Ceux qui ont apprécié Ring 0 et qui ont vu les deux versions américaines savent de quoi il en retourne.

La journée de samedi attirera les passionnés d’arts martiaux qui ne voudront pas manquer The new one-armed swordman dans lequel un guerrier pratique une méthode de combat bien particulière suite à la perte d’un de ses bras. Les fanatiques des Shaw Brothers y trouveront leur compte avec ces spectaculaires combats qui ont contribué à faire la renommée de Fantasia lors de ses premières éditions. Le film Arahan, présenté ensuite, se moque des films à grand déploiement de super héros en nous faisant partager la vie d’une jeune femme qui grimpe aux édifices et saute d’un à l’autre et d’un jeune élu qui tente de maîtriser une force qu’il ne comprend pas. Cette comédie débordante d’action présente les arts martiaux avec humour, un peu à la façon de Shaolin soccer, et traite l’action à la façon des Spiderman. Une série de courts métrages québécois présentée sous le nom Vitesse lumière sera à l’affiche samedi et dimanche dans la salle J.A. De Sève. Au menu : trippes, zombies et épouvante. Si les films à l’affiche sont à la hauteur du film Le bagman que j’ai eu la chance de visionner cette semaine, ce festin sanguinolent promet d’en mettre plein la vue. Takashi Miike, cette année, n’a qu’un film à nous présenter mis à part le court métrage qu’il signe avec deux amis réalisateurs au sein de Three… extremes. Il s’agit du film Izo qui relate l’histoire d’un combattant assez violent et qui semble s’apparenter plus à l’énorme succès Ichi the killer (qui détient, je crois, le record de représentations au festival : quatre ou cinq la même année) qu’aux films noirs et étranges Gozu et Audition. La soirée se termine par la présentation d’un des films les plus attendus au festival cette année. 2001 maniacs est une version moderne du classique Two tthousand maniacs d’Herschell Gordon Lewis paru en 1964 dans lequel la « playmate » Connie Mason se retrouvait au sein d’un bien étrange festival où on se gavait de chair humaine. La nouvelle version présentée en première canadienne est réalisée par ceux qui nous ont livré Cabin fever, Intruder et Remember the titans. L’acteur Robert Englund, réputé pour son personnage de Freddy Krueger, y joue le rôle du maire de ce village en proie à la démence.

Ceux qui ont manqué quelques uns des films des journées précédentes pourront se reprendre le dimanche car la plupart des films présentés cette journée-là ont déjà joué une fois. Les deux gros titres à retenir pour cette journée sont The taste of tea et The birthday. Réalisé par celui qui nous a livré il y a quelques années l’excellente comédie d’action Shark-skin man and peach hip girl et mettant en vedette l’acteur qu’on retrouvait l’année dernière dans Last life in the Universe (encensé par le public autant que par le jury et meilleur film étranger de l’édition 2004), le film Taste of tea est un festin visuel, une poésie pour les yeux. On y rencontre une famille dont chaque membre un peu fou vit à la fois au sein de sa famille et dans un monde parallèle imaginaire qu’on découvre et partage avec eux. Le film The birthday semble inspiré par The shining de Stanley Kubrick. Pas étonnant que ce soit le film préféré du réalisateur. Le personnage principal est invité à accompagner sa nouvelle flamme dans sa famille où il ne connaît personne pour célébrer dans un luxueux hôtel un anniversaire douteux qui lui fait vivre une paranoïa qui dégénère en cauchemar. Il semble que ce dernier soit bien malgré lui l’invité d’honneur d’une secte religieuse qui attend avec impatience la fin du monde.

Lundi, en fin d’après-midi, le théâtre Hall présentera une série de courts métrages réunis sous le nom DIY international qui permettra de découvrir ce qu’il est possible de faire quand on aime le cinéma, qu’on n’a pas les moyens d’un studio d’Hollywood et qu’on veut réaliser soi-même des films impressionnants. Les films, pour la plupart sombres et inquiétants, démontrent que l’idée d’un scénario vaut parfois beaucoup plus que les effets spéciaux qu’on y confère et que la plupart des effets spéciaux qu’on réalise soi-même sont empreints d’un réalisme qu’on ne retrouve pas dans les grosses productions. Le film One missed call 2 est une suite au succès de Takashi Miike de l’an dernier. Réalisé par un nouveau venu dans le domaine, ce film dans lequel des jeunes gens disparaissent suite à l’écoute d’un message prédisant leur mort reçu par téléphone semble digne de son prédécesseur et risque d’en surprendre plusieurs.

Enfin, je recommande à ceux et celles qui achètent leurs billets à l’avance et qui ne veulent pas avoir de mauvaises surprises de se procurer des billets le plus tôt possible pour les sessions de courts métrages Small gauge trauma et DJ XL5 zappin’ party extravaganza. Les films Live freaky ! die freaky !, Creep et Night watch sont aussi à surveiller étant donné qu’ils ne figurent qu’une seule fois à l’horaire et semblent très intéressants. Rendez-vous mardi pour un résumé et des commentaires sur les films mentionnés ci- haut ainsi qu’un aperçu de la semaine suivante. Bon festival !

L’équipe d’Emoragei

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