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SALON DU DISQUE ET DES ARTS UNDERGROUND DE MONTRÉAL

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RETOUR SUR FANTASIA 2003

jeudi 21 août 2003, par François Legault

À chaque année c’est plus difficile de voter... Preuve que Fantasia s’est bien remis d’une année d’absence et d’un déménagement pour un site enchanteur muni d’un toit pour faire la file quand il pleut. L’université Concordia accueillait quelques 720 fantasiaques dans une grande salle de classe et 170 autres dans la salle J.A De Sève de l’autre côté de la rue. On a maintenant moins de chances de se tuer en courant d’une salle à l’autre entre deux films que l’édition précédente (en 2001) où il fallait se rendre du cinéma impérial au théâtre ex-centris en moins de dix minutes. Arriver en retard mais juste a temps (même parfois trop). Le timing fût bon cette fois et la variété impensable. Des fillettes zombies qui cherchent l’amour ou qui se suicident par trentaines, des prisonniers français qui s’évadent par la lecture d’une bible peu recommandable. Un docteur réputé qui fait de ses collègues ses cobayes en les améliorant d’une technologie révolutionnairement dangereuse. Ou même des spectres qui reviennent éternellement nous hanter suite à un "accident" ou à un coup de téléphone.

Je lève mon chapeau à l’équipe pour s’être surpassée cet été. La meilleure idée fut celle de fixer la mise en vente des billets pour l’ensemble des films dès le début du festival. Les files d’attente interminables sont maintenant choses du passé à l’exception des premiers cinq jours. Lors des éditions précédentes, il fallait se procurer ses billets 48 heures d’avance ce qui forçait souvent les adeptes à se rendre à la billetterie seulement pour s’assurer d’avoir ses billets. Pour ceux qui habitent l’extérieur de Montréal (tel que moi) l’expérience s’avérait souvent source de déceptions et de stress. Il m’arrivait de perdre une soirée en transport en commun pour rentrer bredouille. Grâce a ce nouveau système le stress à laissé la place à l’engouement, me permettant du fait même de dormir le soir sans rêver a la file d’attente où je passais plus de temps qu’en salle. Une autre bonne idée fût celle de remplacer la passe qui donnait un accès illimité au festival par une réduction des prix lors d’un achat compulsif (10 billets). La passe d’autrefois obligeait le détenteur à se procurer ses billets en même temps que tout le monde. Quelqu’un qui évaluait sauver de l’argent en allant voir un certain nombre de films n’arrivait pas nécessairement à voir tous les films prévus et payait parfois plus cher en fin de compte pour un sentiment de sécurité trompeur. Le programme du festival n’était pas gratuit cette année mais en vente pour un faible trois dollars. Cette décision a certainement dû sauver une bonne partie de nos forets si on se souvient du tapis permanent de brochures qui accueillait les gens au cinéma impérial. On a même eu droit a un dvd contenant la plupart des bandes annonces des films à l’affiche. J’aurais cependant aimé qu’ils offrent le programme gratuitement à l’achat de dix billets. L’horaire était bien respecté pour la plupart des présentations. Dix à quinze minutes de retard par film n’ont pas fait perdre patience a l’audience qui, à chaque défaillance technique, s’en donnait à coeur joie de porter le blâme sur le dos de ce cher Daniel, mascotte bien malgré lui du festival.

Les films les plus populaires cette année fûrent sans aucun doute Tamala 2010 et Ichi the killer présentés à chaque fois devant une salle comble. De mon côté, j’ai adoré les films allemands old men in new cars et anatomie 2 qui à ma grande surprise égalaient ou même surpassaient leurs prédécesseurs (les deux étant des suites). Les asiatiques nous en ont mis plein la vue avec des thrillers à couper le souffle tels que phone, suicide club et surtout new blood. Quelqu’un a même crié d’horreur durant ce dernier faisant sursauter du même coup une bonne partie de l’audience. Les français nous ont surpris cette année avec deux films très sombres : Dans ma peau et maléfique ainsi qu’un bijou d’animation:Kaena the prophecy. Même les prévisibles américains ont su se démarquer avec des oeuvres telles que cabin fever, love object, dead end et le sanglant documentaire backyard. La Thailande s’impose comme pilier du septième art avec the eye et bang rajan. L’humour espagnol est sanglant avec les films accion mutante et mucha sangre qui défient la censure à grands coups d’incisives. Deux bonnes comédies romantiques au programme (eh oui ! Ça existe !):kick the moon et my sassy girl. Toute médaille a son envers cependant et certains films se distinguent par l’ennui mortel qu’ils occasionnent...C’est le cas pour deux films américains (coïncidence ?) sixteen tongues (le prix citron) et reflections of evil (élu film le plus innovateur par le public ?!?). Les ricains, peuple reconnu pour ses flops à gros budget, ont acheté les droits pour plusieurs des films présentés cette année. Tom Cruise a lui-même fait main basse sur the eye. Certains films asiatiques ont d’ailleurs été financés par les États-Unis. On peut s’attendre à une pluie de remakes tels que ring dans la prochaine année.

L’édition 2003 est la quatrième à laquelle j’assiste. Vingt-cinq films en quelques semaines et mon principal regret est de n’avoir pu me gaver plus encore. Mes préférés fûrent old men in new cars, new blood, accion mutante, maléfique, shark skin man and peach hip girl ainsi que tamala 2010. Le meilleur conseil que je peux donner à l’organisation est de varier le menu. L’entracte de quinze minutes entre les films n’est pas suffisante pour aller au restaurant et on se lasse vite du pop-corn pour dîner et souper. Nachos et fromage seraient les bienvenus. Je me considère dorénavant comme un fantasiaque endurci et je me promet une plus grande cuvée pour l’année 2004.

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