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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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8 FOIS DEBOUT

TVA Films/Select

samedi 26 novembre 2011, par Elina Wattebled

(1.5/5) Huit fois debout est un film de construction. Construction de personnages, d’une ambiance, d’un réalisateur, de carrières professionnelles laborieuses.

Il traite de personnalités bancales sans lui-même être vraiment stable. Jolie fable moderne un peu déséquilibrée, qui n’est malheureusement pas sauvée par la prestance habituelle des acteurs. Trop lent, trop long, et désespérément paternaliste. Une histoire avec beaucoup de potentiel et une bande-son qui auraient pu au fond être mieux exploitées, mais qui restent toujours l’une comme l’autre à la surface des choses.

Quelques scènes touchantes se noient dans l’inutilité du reste et on reste sur notre faim. On se plaint des blockbusters hollywoodiens, mais à la vue de ce film on doute de la survie du cinéma indépendant. Et pourtant… Et pourtant… Ce film aurait pu vraiment avoir de l’allure. Ça aurait pu être brillant. Le chômage est un sujet sensible à bien des égards, et dans tous les sens du terme. Les deux protagonistes sont portés très aisément et, sinon avec brio, au moins avec véhémence et consistance, par des comédiens dont on ne peut contester la finesse de l’interprétation et la justesse du ton. Cependant, quatre épaules ne peuvent supporter l’immense platitude du scénario. Des efforts semblent avoir été faits, mais ils sont vains. Dommage…

On s’exploite, on exploite, on expire une fois de plus, avant de reprendre son souffle pour foncer un peu plus en avant et tomber, encore. Se relever encore et tomber, encore. Et se relever insatiablement. Mais durant le temps du film, on voit les chutes en entrapercevant les victoires, sans jamais avoir rien de concret, qui nous donnerait une note d’espoir, non pas sur la vie, mais sur la vitalité même du film. Car au fond, ce qu’on veut c’est oublier que l’on est dans un film et se projeter au-delà, mais ça bloque. Elsa semble stupide et Mathieu, fainéant. Ils se ratent et on se dit que finalement, c’est mieux comme ça. Courber le dos et accepter le destin ? C’est ce qui semble ressortir de la scène finale. On aurait voulu un peu plus que cette maxime fataliste et je-m’en-foutiste.

Des scènes d’exception dans la forêt, et près de la rivière ne suffisent pas. Xabi Molia est un réalisateur qui semble prometteur et il ne faut pas juger quelqu’un sur son coup d’essai. Et on doit lui reconnaitre, toutefois, la gageure de ne pas nous faire tomber dans la mièvrerie d’un Happy End ou d’une comédie romantique classique. Aimer, comme on s’aime, entre amour et haine, entre compassion et pitié. Ça ne rattrape pas forcément le reste mais au moins, ça permet de ne pas tomber plus bas et d’espérer se relever une neuvième fois.

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