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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

SING STREET

Cosmo Films/ Distressed Films/ FilmWave/ FilmNation Entertainment/ Likely Story/ PalmStar Media

vendredi 29 avril 2016, par Anne-Julie Lalande

(3/5) Dublin, 1985. Connor (Ferdia Walsh-Peelo, dans son premier rôle au cinéma) est un jeune adolescent de quinze ans vivant avec ses deux parents au bord de la séparation, sa soeur et son frère, qui lui servira d’ailleurs de mentor indirect dans sa carrière musicale à en devenir. Après avoir été transféré d’une école à une autre plus abordable après constatation de difficultés financières familiales, Connor se retrouve dans un milieu pauvre, violent, dans lequel la loi du plus fort semble sévir. Le tout fortement agrémenté par des styles vestimentaires représentatifs du Royaume-Uni des années 1980 qui rappelle le look de certains personnages voyous du réalisateur britannique Alan Clarke. Assez rapidement dans le cours du récit, Connor rencontre une fille qu’il voudra impressionner en montant un groupe de musique afin qu’elle figure dans leur premier vidéoclip.

D’entrée de jeu, Sing Street se présente fidèlement et honnêtement à ce qu’il tend à être : un boy meets girl sympathique ponctué de moments musicaux. Ceux-ci sont souvent hilarants, ensuite jouissifs et malheureusement parfois un peu anachroniques. Les premières chansons du groupe restent bien dans un esprit qui s’apparente aux influences du personnage en même temps que ses looks vestimentaires, de Duran Duran à The Cure, mais plus le film avance, plus les chansons originales ressemblent à du Coldplay…à prendre ou à laisser !

Au-delà de ce défaut tout de même assez irritant, il est impossible de ne pas garder le sourire pendant la quasi-totalité du film pour toute personne ayant déjà pensé ou essayé de fonder un groupe étant adolescent. Il s’agit également d’un plaisir sans nom pour toute personne ayant réussi à définir sa façon d’être, son habillement et même sa personnalité grâce à la musique. Parce qu’ici, de former un groupe et de devenir un outcast volontairement est également synonyme d’une grande volonté d’affirmation de soi ainsi qu’une protection devant l’autorité et l’injustice.

Une des choses les plus charmantes du film réside sans aucun doute dans sa distribution. John Carney et son équipe ont passé en audition plusieurs jeunes non professionnels afin de sélectionner leur acteur principal et les autres membres de son groupe. En dehors du personnage du grand frère interprété par Jack Reynor, déjà une étoile montante (il a entre autres joué dans le dernier Transformers), les acteurs en sont donc presque tous à leur tout premier rôle au cinéma. L’ensemble en devient donc agilement authentique par l’âge réaliste des interprètes et la candeur de leur jeu à la fois étonnamment accompli.

Sing Street épouse une forme classique s’apparentant au teen film et termine abruptement sur de dernières minutes plutôt décevantes et peu crédibles face à un ensemble qui se veut être une ode à la jeunesse, à la musique et tout ce que cette combinaison permet. Il ne faut par contre pas oublier que ce dernier film de John Carney est finalement ce à quoi il fallait s’attendre : un film assez classique contenant divers moments agréables et cocasses qui procurera finalement et certainement beaucoup de plaisir à ceux qui s’y laisseront embarquer malgré ses quelques carences en terme d’originalité au niveau de sa structure narrative.

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