[]

Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

GREEN ROOM

Broad Green Pictures / Film Science / Films Séville

vendredi 6 mai 2016, par Anne-Julie Lalande

(4/5) Après quelques mésaventures les ayant menés dans une salle de concert particulière en Oregon, les membres d’un groupe punk sont témoins d’un meurtre malgré eux et feront face aux conséquences de leur découverte involontaire. Avec cette prédisposition au teen survival, même au slasher, Green Room se montre curieusement intelligent et particulièrement futé au travers de moments gore à l’extrême et de scènes de poursuite teintant son ensemble.

Faisant face à un milieu auquel ils sont partiellement habitués vu leur genre musical, les membres du groupe sont cette fois-ci toutefois complètement immergés dans une salle aux allures de bunker tapissé de collants racistes et entourés de skinhead arborant fièrement un symbole SS à leur veste aussi symbolique que leurs bottes aux lacets rouges sous un rebord de pantalon emblématiquement relevé. De prédisposer ainsi la violence est une des plus grandes forces du film, certes sans être explicitement ou volontairement politique, cela permet de faire écho à une citation qu’il nous faut adapter au lieu : il y a quelque chose de pourri aux États-Unis.

De choisir un milieu comme celui du punk underground et de permettre l’élaboration des personnages du groupe en combinant une musique brutale à un environnement haineux est un coup de génie qui permet de concevoir un milieu, un univers dans lequel cette brutalité et cette haine ont raison d’exister tout en donnant naissance à la violence qui l’entretient. Sans oublier de mentionner que ce cadre forme un thriller vachement efficace qui tient le spectateur au bout de sa chaise et le souffle coupé à plusieurs reprises. Le choix de la scène musicale supporte également une conception sonore toujours originale et rythmée.

Le réalisme narratif du film lui donne également une fluidité et contribue encore une fois à son ambiance saisissante, toujours dans un huis clos qui s’étend au-delà des murs de ladite chambre verte par l’opacité verdâtre de presque tous les plans, qu’il ne s’agisse de la direction photo ou de la forêt environnante. Et par réalisme narratif, il faut entendre qu’il s’applique principalement aux personnages, qui ne sont pas nécessairement définis, mais qui réagissent de façon plus logique que beaucoup d’autres films du genre devant une situation où leurs vies sont toutes menacées : soit par la panique et surtout la difficulté à se résoudre à la violence. Narguant finalement la nécessité de définir un personnage voué à sa perte avec brio à la toute fin du film, les acteurs interprètent tout de même avec justesse leur personnage : principalement Anton Yelchin et Imogen Poots. Celui qui crève l’écran sans pour autant y être présent à outrance est sans aucun doute Patrick Stewart, dont l’ombre à la Walter White néo-nazi criminel plane sur l’ensemble du film dès sa première apparition, qui change nettement de l’image Star Trek et X-Men qu’on lui connaît le mieux.

Ce dernier film du jeune réalisateur américain Jeremy Saulnier possède plusieurs ressemblances thématiques avec son précédent Blue Ruin, mais il s’approprie ici un genre entre le thriller gore et le survival rudement compétent et encore plus accompli esthétiquement.

Voir en ligne : Green Room Official Trailer #2

Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0