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GIMME DANGER

Low Mind Films / New Element

mercredi 23 novembre 2016, par Anne-Julie Lalande

(3/5) Deux films de Jim Jarmusch étaient présentés au Festival de Cannes en mai dernier ; Paterson, fiction mettant en vedette Adam Driver qui n’a toujours pas de date de sortie au Québec, ainsi que Gimme Danger, documentaire sur les Stooges. Quelque peu éclipsé par Paterson en compétition officielle, Gimme Danger vaut le détour pour n’importe quel fan du groupe mythique. Composé de plusieurs entrevues en « talking heads » avec les membres du groupe, le film de Jarmusch agit comme un hommage aux Stooges en n’empruntant presque aucun détour (contre toute attente, considérant l’importante carrière solo d’Iggy Pop).

Construit de façon très conventionnelle, Jarmusch met en scène l’histoire des Stooges de façon très linéaire et prudente, réalisant un documentaire musical comme tous les autres, mais avec beaucoup d’enthousiasme et d’amour. On y sent donc malgré tout une touche très personnelle, toutefois peu adéquate par moment. Une très longue partie du film s’attarde aux quelques comebacks du groupe après leur séparation et leurs années de gloire ; c’est là que Jarmsuch semble s’égarer. En filmant ces rockstars adoucies (pour la plupart) avec le temps, tente-t-il d’apprivoiser sa propre vieillesse, de justifier une volonté de revisiter des anciennes idoles afin de regagner momentanément un éclat d’attitude punk égarée avec le temps ? Ce long segment prend beaucoup plus de place qu’il ne l’aurait dû, mais permet tout de même une vision à la fois rédemptrice et élogieuse des membres restants et défunts des Stooges.

Plusieurs séquences animées ajoutent un dynamisme et une touche humoristique aux nombreux échanges et confidences des sujets du documentaire. L’ensemble du documentaire en soit est plutôt dynamique et sympathique ; considérant le lien d’amitié entre Jim Osterberg et Jim Jarmsuch, il aurait été étrange qu’il en soit autrement.

Documentaire principalement musical, Gimme Danger s’illustre également comme hymne d’une génération et comme hymne à la musique elle-même, mettant l’accent sur l’importance qu’ont eue les Stooges sur l’ensemble de la musique alternative des années les ayant suivis jusqu’à la musique alternative contemporaine. Somme toute réussi, Gimme Danger retrace finement le parcours des Stooges et saura en satisfaire plusieurs malgré son caractère plutôt classique et convenu.

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