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BORN TO BE BLUE

New Real Films/ Lumanity/ Black Hangar Studios

mardi 8 mars 2016, par Anne-Julie Lalande

(3/5) Le réalisateur canadien Robert Budreau s’était déjà intéressé à Chet Baker dans son court-métrage The Deaths of Chet Baker en 2009. Avec Born to Be Blue, il réalise et écrit un film qui mêle faits réels et inventés à la vie du célèbre trompettiste après ses années les plus glorieuses. Le film débute donc avec un Chet emprisonné en Italie dans les années 60 alors qu’un homme vient payer sa caution afin qu’il puisse interpréter son propre rôle dans un film sur sa vie.

Chet Baker étant déjà un personnage en soi, né sur une ferme en Oklahoma, romantique à ses heures, majoritairement héroïnomane à d’autres, Budreau se permet de réinventer son parcours de façon parfois quelque peu maladroite et nébuleuse. La vie du défunt musicien étant déjà un film en soi, quelle était la véritable nécessité d’en faire une fiction ? Sa principale lacune se retrouve d’ailleurs dans son écriture, et plus précisément dans les extraits du film en préparation où Chet rencontre la femme qu’il fréquentera. Ceux-ci sont en noir et blanc et ajoute un effet très soap à un ensemble relativement classique et bien maitrisé…l’impertinence de ces scènes à l’effet mélodramatique rend ce « biopic fictif » un peu moins digeste dans son ensemble.

Ethan Hawke sauve l’ensemble du film et le tient sur ses épaules du début à la fin. L’acteur de 42 ans a déjà eu plusieurs occasions de nous prouver son immense talent, qu’il ne s’agisse de ses nombreux films avec Richard Linklater ou bien du film de 2001 Training Day pour lequel il s’était mérité une nomination aux Oscars, mais il offre probablement dans Born to be Blue un des rôles les plus marquants de sa carrière. Tout en subtilité, il joue un Chet qu’il est impossible de mépriser grâce à son jeu authentique et complètement dévoué à rendre compte de l’humanité d’une légende à travers ses nombreux défauts.

De s’approprier la vie d’un artiste afin de la remodeler avec pour but de rendre compte de la déchéance, mais aussi de l’amour et de la dépendance reste plutôt intelligent. Portait de l’artiste torturé, esclave de ses démons qui rechute dans ses mauvaises habitudes, Born to be Blue est une oeuvre efficace qui aurait pu être un peu mieux fignolé afin de rendre compte d’un moment clé dans la vie de Chet Baker. Avec l’incroyable performance d’Ethan Hawke et les très belles envolées musicales (il a d’ailleurs pris des cours de chant et appris la trompette pour le rôle) qui le ponctue, Born to be Blue vaut le détour et diverti du début à la fin avec une structure assez traditionnelle qui se permet parfois de petits égarements malhabiles.

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