[] [] [] [] [] []

Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

Accueil du site > Bouquinerie > VIDAL, GILLES

Les portes de l’ombre

VIDAL, GILLES

Coup de tête

dimanche 21 août 2011, par Laurence Lebel

(2.5/5) « Ô Seigneur, je vous jure que je vaincrai la bête immonde qui sommeille dans l’Homme. »

Plusieurs accidents et suicides sordides se multiplient aux alentours de la petite ville de Chanelet. Le commissaire Marc Berchet se voit donc confier cette affaire plutôt obscure. Au fil de l’enquête, Berchet et son équipe voit un point de corrélation entre toutes les victimes. Il semblerait que chacune d’elle ai un passé noir où arnaques, mensonges, trahisons et vols se sont chevauchés. Cependant, ce que le commissaire ne sait pas, c’est qu’il a affaire à un archange directement descendu sur Terre pour accomplir ce ménage malsain. Étrangement, le Mal lui-même s’est emparé d’un jeune homme afin que celui-ci effectue la lourde tâche. À travers l’histoire, Berchet fera la rencontre d’une jeune femme handicapée qui semble pouvoir ressentir les sentiments des victimes avant leur fin. En plus de toutes ces embuches, Berchet travaillera fort pour conquérir le cœur d’une femme et tenter de renouer avec son père.

L’histoire de Gilles Vidal, d’abord tirée par les cheveux, prend excessivement de temps à décoller. Le lecteur se promène entre trois histoires qui indépendamment traine elles-mêmes de la patte. Ensuite, les personnages eux-mêmes ne sont pas attachants. Prenons par exemple le commissaire Berchet, ce dernier est très caricaturé. Il semble être tout droit sorti d’un film noir des années 50. Il est toujours de mauvaise humeur, il n’entretient pas de bonnes relations avec ses collègues, mais il en a une excellente avec l’alcool. Il a un passé qui le hante et de très gros problèmes avec les femmes. Au niveau de l’écriture de l’auteur, son abus des passages descriptifs peut-être une chose assez déplaisante. Souvent ces passages ne sont pas nécessaires et ajoute seulement de la lourdeur au texte. De plus, il n’y a très peu de fluidité dans le roman. On saute souvent du coq-à-l’âne et il peut être fréquent que le lecteur doive retourner à l’arrière afin de mieux comprendre ce qu’il est entrain de lire. Pas pratique du tout ! Finalement, plus le livre avance et plus les meurtres deviennent grotesques. Le lecteur a seulement hâte d’en finir. Heureusement, Les portes du monde se termine sur un épilogue qui remet les choses en place et qui répond à plusieurs des questions que le lecteur a pu se poser tout au long de sa lecture.

Gilles Vidal a plus d’une trentaine de livres derrière la cravate. Tous ses romans sont empreints d’un style très personnel, souvent entre le journal intime et la fiction dite sociale. Avant de devenir auteur, Gilles Vidal a été libraire à Paris. Vers la fin des années 80, il ouvre sa première maison d’édition : Les éditions L’Incertain où il a pu publier les écrits de Richard Brautignan et Raymond Carver, pour ne nommer que ceux-là. Malheureusement pour Gilles Vidal, les éditions de L’Incertain ne survivent pas. Il publie par la suite quelques titres dont Les derniers du colt aux éditions Baleine, Nul si découvert chez Le Castor astral et enfin Sombres héros chez Atelier de presse.

Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0