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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

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L’APPARTEMENT DU CLOWN

VERDIER, VIC

XYZ

dimanche 10 octobre 2010, par Éric Dumais

(4.5/5) « Fond noir. On entend des percussions en intro, beaucoup de basse de type beat-box urbain. Flash sur la porte et l’affichette collée. Flash sur le piano et le plateau de sushis. Coupes de plans rapides qui oscillent entre Vic et Arielle plusieurs fois. La caméra tourne autour du couple. Gros plan sur les yeux dorés de Vic, gros plan sur ceux bleu intense d’Arielle, comme un écho. Écran divisé en deux : d’un côté, les lèvres de Vic quittent lentement le bord de sa coupe, on voit la traînée du vin jaune sur le verre ; de l’autre, la bouche d’Arielle s’entrouvre en attente ».

Ah, ce Vic Verdier ! Il est étonnant à quel point l’auteur arrive à nous le faire apprécier tout au long du récit. En effet, c’est avec délectation que nous nous laissons emporter par la plume enchanteresse de l’auteur, Simon-Pierre Pouliot, qui a su faire naître, des limbes de son imagination fertile et délirante, ce personnage tantôt naïf, tantôt clownesque, pour lequel nous avons tant d’affection. Et pourquoi l’aimons-nous autant ce Vic Verdier ? Parce qu’il est jeune, naïf, incompris, mais tellement lucide en même temps. Nous aimons Vic parce qu’il nous ressemble et parce qu’au fond, nous sommes tous ou nous avons tous été un Vic Verdier.

Alors qu’au début du récit, le protagoniste nous dépeint avec ironie son affection pour les vendredis et sa hargne pour les lundis, son défunt grand-père, Papi Verdier, décédé depuis 1992 précisément, apparaît soudainement de l’imagination tordue du personnage, pour s’exclamer, à brûle-pourpoint : « Pis […], qu’est-ce que tu vas faire de ta liberté, garçon ? » Et que va-t-il faire, en effet ? Vic Verdier va larguer sa blonde, nommée Copine, pour laquelle il ne ressent qu’ennui et lassitude. Il va emménager, quelques jours plus tard, chez un clown, lequel est situé au 5159-B, avenue Casgrain, et qui jouxte, par pur miracle, celui de ses deux comparses invétérés, Jas et Oliver. S’ensuivent alors des péripéties toutes aussi rocambolesques les unes que les autres, à travers lesquelles Vic Verdier apprendra à ses dépens les nombreux aléas de la vie, à savoir la solitude, l’amour, l’amitié, le désespoir et la traîtrise, le tout dans un tourbillon d’aventures rocambolesques qui vous feront passer d’agréables moments en sa compagnie. Heureusement que Papi Verdier est présent tout au long de l’histoire, car qu’arriverait-il à Vic s’il était seul au monde, devant les Arielle, Catwoman et Violette (alias Fred) de ce monde, ou les Jas, Oliver, Douze, ses supposés meilleurs copains ? Vic arrivera-t-il à ouvrir le cabaret de ses rêves ? Jas deviendra-t-il l’éminent artiste qu’il souhaite être un jour ? Oliver arrivera-t-il à mettre sur pied son projet de recherche ambitieux ? Et Douze achètera-t-il son fameux domaine au Chili ?

Simon-Pierre Pouliot livre ici une histoire farfelue qui saura plaire à un lectorat diversifié. Diplômé de l’Université Laval en histoire et de l’Université McGill en communication, ce jeune trentenaire à la plume échevelée et folle comme une montagne russe travaille depuis une bonne dizaine d’années pour le Cirque du Soleil. La principale qualité de Simon-Pierre Pouliot est sans conteste son imagination trépidante, qu’il a réussi à faire déborder juste à point afin d’alimenter un discours dynamique, naturel et réaliste, insufflé par l’intermédiaire d’un jeune alter ego de 25 ans qui lui ressemble drôlement. L’appartement du clown est un roman d’un réalisme saisissant, pour lequel vous n’aurez qu’une seule envie : le dévorer jusqu’à la dernière page !

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