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Désert barbare

TABACHNIK, MAUD

Albin Michel

dimanche 25 septembre 2011, par Éric Dumais

(4/5) Une tempête de sable en provenance du désert de Sonora vient de frapper le Québec et la grande région métropolitaine de France : on la surnomme Désert barbare, et elle représente, symboliquement parlant, le nouveau polar western de l’écrivaine à sensation Maud Tabachnik.

Désert Barbare est le vingt-huitième roman de cette auteure pour le moins prolifique. Ex-kinésithérapeute et ostéopathe de métier, Maud Tabachnik s’est découvert une passion pour l’écriture à l’aube de ses cinquante ans, alors qu’elle a été forcé de quitter son emploi suite à une intervention chirurgicale majeure. Après avoir écrit un nombre incalculable de succès les uns après les autres, notamment Le cinquième jour, Douze heures pour mourir et J’ai regardé le Diable en face, voilà qu’elle s’est remise à l’écriture, cette année, pour nous pondre un vrai raz-de-marée littéraire.

Comme à son habitude, Maud Tabachnik campe son récit dans un lieu sordide, le désert du Sonora, dans l’Arizona, où à chaque recoin se cachent des individus louches et violents, ainsi que des animaux au venin capable de paralyser un homme, aussi fort soit-il. Cette fois-ci, c’est l’énergique journaliste Sandra Khan du San Francisco Chronicle qui devra affronter les tempêtes du désert afin de mettre la main au collet de Cindy, une jeune fille de milliardaires disparue depuis un bon bout de temps déjà. En femme d’expérience qui n’a pas froid aux yeux, la journaliste s’embarque donc dans une aventure périlleuse, où elle devra tenter d’arrêter les desseins sordides d’une bande de dégénérés - que l’auteure compare à la famille de Charles Manson - laquelle est dirigée par un monstre impitoyable, un dénommé Fox. À l’aide de son ami Sam Goodman, un flic d’une grande renommée à Boston, elle tentera de ramener saine et sauve la jeune Cindy à ses parents, qui eux, sont morts d’inquiétude. Cependant, personne n’a mentionné le fait que leur escapade se déroulerait pour le mieux ; même qu’une pléthore d’embûches leurs barreront la route. Sandra et Sam réussiront-ils à arracher Cindy de son agresseur complètement fêlé ?

La qualité première d’un roman de cet envergure est sans contredit le ton objectif et sérieux donné au récit. Maud Tabachnik utilise une plume sobre, dépouillée de toute subjectivité ; un style d’écriture, bref, que l’on pourrait comparer à l’écriture scénaristique. Si les phrases contiennent plus d’adjectifs que la simple formule « sujet, verbe, complément », c’est bien parce que l’auteure devait décrire avec précision une scène de meurtre atroce, voire une tuerie sans pitié.

Ainsi, les mots utilisés sont crus, impitoyables, aussi tranchants qu’une lame de rasoir. C’est ce qui permet à Maud Tabachnik de tenir ses lecteurs en haleine, la langue presque pendante. Si l’histoire peut parfois paraître un peu complexe, en raison du grand nombre de personnages parfois fort secondaires, force est d’admettre que l’écrivaine réussit à distiller mieux que n’importe qui d’autre tous les mécanismes lui permettant de créer un thriller à donner vraiment froid dans le dos.

Si, à l’époque, le dossier épouvantable concernant Charles Manson et sa famille de dégénérés vous avait glacés d’effroi, n’imaginez pas que ce Désert barbare soit plus léger pour autant. Au contraire, certaines scènes sont à ce point épouvantables que vous arrêterez votre lecture à un moment ou l’autre pour respirer à pleins poumons. Pour ceux qui n’ont pas froids aux yeux, ce roman est un pur délice que vous ne pourrez pas lâcher jusqu’à la dernière page.

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