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Pages à brûler

QUIVIGER, PASCALE

Boréal

dimanche 21 novembre 2010, par Éric Dumais

(3.5/5) La romancière d’origine québécoise Pascale Quiviger vient de faire paraître aux Éditions du Boréal son dernier souffle créatif, l’envoûtant et exquis Pages à brûler. Dans ce roman policier déguisé en thriller poétique, l’auteur arpente les terrains sinueux d’une enquête policière, tout en explorant, dans un autre ordre d’idées, la frontière qui sépare l’être humain de la folie. Cet ouvrage moderne, écrit dans un style souple qui permet l’exploration de divers points de vue narratifs, est définitivement le meilleur roman de l’écrivain à ce jour.

Le récit débute avec la disparition d’une femme, Clara Chablis, laquelle est portée disparue. C’est l’inspecteur Bernard Lincoln qui, dès les balbutiements de l’histoire, se porte volontaire pour retrouver la jeune victime. Cependant, l’inspecteur Lincoln rencontre plusieurs difficultés qui ne lui assouplissent pas la tâche, bien au contraire : Clara Chablis ne possède pas de casier judiciaire, elle ne semble pas avoir eu l’intention de se suicider et il n’arrive pas à mettre la main sur un quelconque antécédent relié à cette disparition. Elle a tout simplement disparu sans laisser de traces. Malheureusement, un cadavre est retrouvé dans une décharge publique et il semble que le corps de la victime, gravement mutilé, corresponde avec celui de la jeune femme. Alors que la mère de Clara jure que c’est bel et bien sa fille qu’ils ont retrouvée, le petit ami, Daniel, est certain que c’est le corps d’une autre femme. Forcément, il y a anguille sous roche. Mais un constat indéniable surgit fort rapidement du côté de l’enquête policière : le code génétique du corps retrouvé est identique à celui du suspect numéro un.

« Avant la fin de son enfance minable, Clara a passé plusieurs autres mauvais quarts d’heure, dans plusieurs familles d’accueil. […] C’est vers 16 ans que j’ai commencé à la perdre de vue. J’avais un copain, je ne pensais à rien d’autre et Clara était devenue plus étrange que jamais. En y repensant maintenant, je me dis qu’elle a probablement eu une sorte de crise mystique, elle disait qu’elle se tenait prête pour le jour où, je la cite, une conjonction d’événements lui permettrait de s’affranchir. »

L’auteur Pascale Quiviger a définitivement inventé un genre littéraire nouveau, celui du thriller poétique. En effet, elle déploie tout au long du récit une écriture envoûtante, mystérieuse et attachante à la fois, au sein de laquelle se dégage une maîtrise des points de vue narratifs et des voix fort impressionnante. Son écriture, d’une fluidité ensorcelante, explore une quantité d’images poétiques à couper le souffle, en plus de nous tenir constamment en haleine. Décidément, une histoire émouvante et enivrante, parsemée ici et là de métaphores et de mystères, qui vous pousseront à relire le roman pour en comprendre les innombrables subtilités.

Pascale Quiviger est originaire de Montréal. Elle a vécu dix ans en Italie avant de s’établir en Angleterre où elle vit actuellement. Elle est l’auteur de Ni sols ni ciels (2001), du Cercle parfait (2004), pour lequel elle a remporté le Prix du Gouverneur général et grâce auquel elle a été finaliste pour le prix Giller, sans oublier La Maison des temps, paru aux Éditions du Boréal (2008).

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