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Les suppliciés

MESSIER, CLAUDE

Les Six Brumes

dimanche 3 avril 2011, par Éric Dumais

(4/5) « Mes yeux s’habituent lentement à la pénombre. Je sens mon cœur se suspendre dans le temps et l’espace. J’éclaire la chambre de ma torche électrique et j’avance. […] Mon faisceau lumineux asperge le lit de son rayon. Sans déplacer les objets, je m’approche du crime. […] Ligoté par des fils barbelés, un couple est enlacé sur la couchette. Ils baignent dans le sang. Leur chair est déchiquetée par les pointes métalliques. Ils ont aussi une couronne, non pas de laurier, mais de fer sur la tête. Leurs pieds ont été flagellés et l’on peut clairement voir les meurtrissures. Tout a été saccagé. »

Pour ceux qui ne sont pas très familiers avec le roman policier, ce genre littéraire grandement exploité par des écrivains tels que Conan Doyle, Maurice Leblanc et Agatha Christie, force est d’admettre que le nouveau roman de l’auteur québécois Claude Messier n’est peut-être pas le meilleur guide initiatique en soi. En réalité, Les suppliciés est un récit sombre, d’une noirceur à effrayer même les chauves-souris, qui entraîne le lecteur dans un univers réaliste et glauque, où ont lieu divers meurtres tous plus atroces les uns que les autres.

Terreur extrême. Tortures atroces. Scènes sanglantes. Voilà un peu à quoi se résume le roman Les suppliciés. Le récit met en scène Jacques Beaudoin, lieutenant pour la police de Montréal, un homme peu sympathique mais néanmoins attachant, lequel est aux prises avec les mêmes problèmes que les personnages des films noirs : l’alcool, la cigarette et le sexe. Et il est aussi atteint d’une maladie ô combien casse-tête : le mal de vivre. Ce mal-être n’est qu’accentué face aux scènes de meurtre tragiques auxquelles il est confronté. Et le plus insolite dans cette histoire, c’est que les corps retrouvés possèdent tous une seule et même caractéristique : les victimes sont des handicapés. Qui peut bien avoir une dent contre des gens aussi vulnérables ? Et pourtant il existe, cet être infâme, puisqu’il s’acharne à tuer d’innocentes victimes pendant que l’inspecteur Beaudoin tente de ramasser toutes les preuves possibles pouvant mener à son arrestation. L’inspecteur Beaudoin réussira-t-il à mettre la main sur le tueur aux barbelés ?

La beauté de ce roman se résume à sa forme et à son écriture : il est aussi aéré qu’un scénario de film et aussi séduisant qu’un best-seller. L’action est si bien distillée à travers les paragraphes que les événements s’écoulent comme le sable dans un sablier retourné. Outre l’usage de dialogues parfois excessivement vulgaires et d’anglicismes un peu trop redondants, la plume de Messier est concise, directe, tranchante. Les suppliciés serait d’ailleurs un excellent film policier s’il était porté au grand écran un jour.

Claude Messier est atteint de dystonie musculaire depuis sa naissance. Ce handicap ne l’empêche pourtant pas de pratiquer des sports extrêmes et de participer à des tournages cinématographiques ni d’écrire des romans ainsi que diverses publications. Il est l’auteur de Traversées de nuit (1999) et de Confessions d’un paquet d’os (2002). Les suppliciés est son premier roman policier.

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