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SALON DU DISQUE ET DES ARTS UNDERGROUND DE MONTRÉAL

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Kinderesser

LAPORTE, MARIE

Les Six Brumes

dimanche 2 janvier 2011, par Josée Paquet

(4/5) Il y a de ces livres qui savent nous surprendre, tant au niveau de leur histoire que de leur nombre de pages. Toutefois, plusieurs lecteurs risquent d’être sceptiques en voyant le format de Kinderesser. Quoi ? Un roman policier qui tient en une soixantaine de pages ? Allons donc ! Pourtant, Marie Laporte a réussi ce tour de force, et haut la main ! Et la classification 16 ans et plus nous annonce d’ores et déjà une intensité hors du commun pour une intrigue policière.

Des enfants disparaissent, sans qu’on parvienne à élucider le mystère. Un jour, sur un chantier de construction, des travailleurs découvrent, horrifiés, une véritable fosse commune, remplie de restes d’enfants. Robert, un détective homosexuel de la ville de Sherbrooke, cherche à tout prix à élucider ces meurtres sordides, qui semblent être l’œuvre d’un fou furieux, et à traduire le coupable en justice. Sa découverte lui coûtera cher, très cher…

Infirmière de formation et réviseure linguistique à ses heures, Marie Laporte maîtrise parfaitement son art, nous tenant en haleine du début à la fin. Son livre est cru ; un chat s’appelle un chat, point final. Les événements sont narrés avec un sang-froid désarmant, à nous en donner des frissons. Bien que le récit soit très bien structuré, force est d’admettre que certains passages sont à la limite de ce qui est soutenable. Dans ce roman, l’auteure met en évidence la peur de tout parent, soit celle qu’il arrive malheur à sa progéniture. De voir cette crainte mise par écrit, de lire ce qu’une personne à l’esprit machiavélique peut faire subir à autrui et à plus forte raison à un enfant, de voir toute la monstruosité qui se cache dans un être humain… Non seulement on ressent un malaise à la lecture de certains paragraphes, mais notre esprit de vengeance prend vite le dessus et on souhaite vivement que le coupable soit jeté derrière les barreaux… ou bien pendu, écartelé et éviscéré, c’est selon notre tempérament.

Quoi qu’il en soit, ce petit roman est une pure merveille, même s’il est préférable d’opter pour des lectures moins terrifiantes comme livre de chevet. Il faut espérer que Marie Laporte poursuive son incursion dans le monde littéraire et que son lectorat aura droit à d’autres petits chefs-d’œuvre comme celui-ci, car elle a un talent indéniable. En attendant, assurez-vous de bien surveiller vos enfants en allant au supermarché, car Kinderesser peut frapper n’importe où, n’importe quand…

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