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Dernière nuit à Twisted River

IRVING, JOHN

Éditions du Seuil

dimanche 10 juillet 2011, par Éric Dumais

(3.5/5) Le grand romancier John Irving vient de faire paraître aux Éditions du Seuil un drame de longue haleine baptisé Dernière nuit à Twisted River. L’auteur, devenu célèbre suite à la parution de son roman à succès Le monde selon Garp, s’est donné une lourde tâche en s’infiltrant dans la peau de trois générations d’hommes, des années 50, à la guerre du Vietnam, en passant par les tristes évènements du 11 septembre 2001. C’est ainsi que nous suivons les destins tragiques de Dominic Baciagalupo, de son fils Daniel Baciagalupo, alias Danny Angel, et Ketchum, l’immortel bûcheron et ami de la famille.

Le récit débute en 1954 alors que Dominic Baciagalupo, veuf de Rosie, retrouvée morte dans la rivière, travaille comme cuisinier dans le New Hampshire. Dominic, pour qui les drames s’accumulent comme une montagne de dettes, devra également se consoler du décès subit de sa maîtresse, l’Indienne Jane, que Danny avait accidentellement prise pour un ours. Père et fils devront fuir la colère intempestive du shérif du comté, le ténébreux Carl, qui s’est promis de les retrouver coûte que coûte pour leur faire payer cet impardonnable affront. Les deux fugitifs visitent Boston, où Dominic décroche un emploi comme cuisinier dans un restaurant italien, alors que Daniel, de son côté, rêve de devenir un jour un grand écrivain, chose qu’il accomplira à merveille dans un avenir proche. Prochaine étape, le Vermont, puis Toronto. Mais père et fils ne se doutent pas à quel point la vengeance du shérif sera terrible !

Dernière nuit à Twisted River est un roman qui ne s’apprivoise pas en un claquement de doigts. Les chapitres sont longs, ardus parce qu’extrêmement descriptifs, et c’est ainsi que John Irving, à la manière d’un Dostoïevski des temps modernes, nous fait entrer dans un univers sombre, froid, rocailleux, celui de la Twisted River dite « la sinueuse », dans le comté de Coos, dans le New Hampshire.

Avec ce chef-d’œuvre du XXIe siècle, John Irving nous dépeint un microcosme à la manière de L’Idiot, autour duquel bon nombre de personnages gravitent tels des âmes en peine, dont le vieil ermite Ketchum, Pack de Six, Tombe du Ciel, Patrice, Lupita et Carmella et Charlotte. Le lecteur, grâce à la plume analytique du romancier, ne peut faire autrement que de s’attacher à ceux-ci, tellement ils sont bien décrits, décortiqués et analysés au peigne fin. L’écriture de l’auteur rappelle à certains égards celle de Stephen King, pour l’étude des détails et la mise en place des péripéties, mais n’atteint en aucun cas la solidité du maître de l’horreur.

Dernière nuit à Twisted River est en soi un grand ouvrage de la littérature qui confirme le talent indubitable de John Irving comme grand romancier de notre époque, qui risque par contre de décourager un grand nombre de lecteurs, compte tenu de sa longueur et de son ardeur.

John Irving est né en 1942 et il a grandi dans le New Hampshire. Depuis la parution de son roman à succès Le monde selon Garp (1980), l’auteur américain ne cesse d’accumuler les succès. Dernière nuit à Twisted River est son douzième roman et est actuellement en première position des romans étrangers au palmarès Gaspard.

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