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Hypothermie

INDRIDASON, ARNALDUR

Le point

dimanche 2 octobre 2011, par Josée Paquet

(4/5) « – C’est une idée qu’on a eue pendant une beuverie. Ils ont voulu la mettre en pratique. Il leur manquait un cobaye. On n’a qu’à prendre le théologien, qu’ils ont dit. Et l’envoyer en enfer. L’un deux était… était mon cousin, un type plein aux as qui avait une putain de fascination pour la mort. Je n’étais pas en reste non plus de ce côté-là et il le savait parfaitement. Il m’a offert l’équivalent d’un salaire mensuel entier de l’époque si j’acceptais. Il y avait aussi une fille dans la bande… une fille pour laquelle j’en pinçais un peu. Peut-être que j’ai fait ça pour elle. Je ne dis pas le contraire. Ils étaient plus avancés que moi dans leurs études, mon cousin était en dernière année et cette fille-là aussi. »

En Islande, le commissaire Erlendur Sveinsson enquête sur le suicide de Maria, une jeune femme sans histoire, retrouvée pendue dans son chalet au bord du lac Thingvellir. Son mari, atterré, tente de comprendre comment sa femme en est arrivée là. Au fur et à mesure de ses recherches (formelles et informelles), Erlendur découvrira que Maria était obnubilée par le surnaturel, par la vie après la mort, par la communication avec les esprits. L’enquête qui s’annonçait routinière se transformera en véritables méandres au cœur desquels le commissaire fera des découvertes surprenantes…

Ce huitième roman mettant en vedette le commissaire Erlendur (mais dont les six derniers seulement ont été traduits de l’islandais) a remporté le prix du Meilleur polar des lecteurs de Points. Amateurs d’enquêtes policières tortueuses et de noms d’endroits imprononçables, vous serez servis ! L’auteur nous présente ici un commissaire curieux, qui toutefois laisse le lecteur perplexe quant aux pistes qu’il semble emprunter. Pour peu, nous nous croirions en plein Columbo, et le visage familier du regretté Peter Falk se superpose facilement à celle du personnage principal, policier avec une trentaine d’années de service, qui mène son enquête de façon peu conventionnelle, mais combien efficace.

À ses recherches pour élucider cet étrange suicide se joignent aussi deux autres enquêtes en parallèle, des histoires remontant au début des années 70, qu’Erlendur tente une ultime fois de résoudre, ne serait-ce que pour apporter des réponses au père mourant de l’une des victimes. À quelques reprises, le lecteur pourrait se sentir dépassé par les événements, se demandant où l’auteur veut nous mener ; mais plus la lecture avance, plus les pistes se précisent et force est de constater que ce roman, dont le début présageait une histoire morne avec un rythme lent, est une agréable surprise. L’écriture, fluide, dénote un talent inné pour la plume, et les personnages sont empreints d’un réalisme saisissant. Souhaitons que tous les ouvrages de monsieur Indridason puissent nous parvenir dans la langue de Molière.

Né en 1961 à Reykjavik, Arnaldur Indridason détient un diplôme en histoire de l’université d’Islande. Ancien critique cinématographique, il publie son premier roman, Synir duftsins (littéralement « Fils de poussière », inédit en français). Il a reçu le Prix Clé de verre, décerné au meilleur auteur policier scandinave, en 2002 et 2003. Il a également gagné le Gold Dagger Award, prix littéraire britannique, en 2005 pour La Femme en vert. Il vit à Reykjavik avec sa femme et ses trois enfants et est le fils de l’écrivain Indridi G. Þorsteinsson.

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