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Monogamies - Comment une chanteuse country a fucké ma vie sexuelle

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Le droit chemin

HOMEL, DAVID

Leméac/Actes sud

dimanche 6 février 2011, par Josée Paquet

(4/5) David Homel nous plonge dans le quotidien de Ben Allan, professeur de littérature française dans une université anglophone. Ben Allan, c’est monsieur-tout-le-monde : métro, boulot, dodo, marié, un ado, une auto…le jour où son essai sur l’hystérie masculine (la dromomanie) remporte un prix (et la notoriété qui vient avec), sa vie est transformée, en raison, en plus de sa crise de la cinquantaine, de Carla McWatts, la chargée de communication responsable de pondre un article sur la nouvelle vedette de l’université ; elle ne cesse, dès lors, d’intriguer Ben, en favorisant les rapprochements…

L’auteur nous captive d’entrée de jeu avec son style accrocheur et sa façon de décrire les personnages et leur environnement. Morris Allan, le père de Ben, vit dans un hospice ; c’est un juif octogénaire, à l’esprit lubrique, irrévérencieux, dont les bonnes manières et la retenue n’ont pas passé les murs de son centre pour personnes âgées. Bref, on tombe tout de suite sous le charme de ce vieux bonhomme, sans lequel l’histoire serait fade. Tony Allan, c’est l’ado qui s’exprime en monosyllabes et passe littéralement ses journées et ses soirées devant la télé. Nous découvrons aussi l’énigmatique docteur Albanna, psychiatre (ou psychopathe) à Pinel, qui fabrique de drôles de poupées. Et Laura…le fantasme de Ben, la perfection incarnée à ses yeux, la femme avec laquelle il rêve d’avoir une aventure. À noter : Laura est son épouse. Sans oublier Carla McWatts, la jeune chargée de communication et son étrange soeur.

Le récit est bien structuré, l’histoire est fluide ; il n’y a pas de très gros rebondissements, mais, dans la vie de monsieur et madame tout-le-monde, il n’y en a pas trop non plus. Un roman rafraîchissant et humoristique, qui porte tout de même à réfléchir sur notre propre vie.

« Partout où elle va, elle sème la joie. C’est moi qu’elle a préféré, pas toi, fanfaronna Morris Allan. C’est à cause de l’âge. Tu n’as pas l’air menaçant. Tu parles ! Je la ramènerais bien chez moi, je la baiserais sous toutes les coutures. Je la coucherais sur mes genoux et je lui fesserais son petit cul nu. Je lui ferais son changement d’huile, je lui en mettrais une bonne pinte. Sans blague ! Je t’en prie papa. Ne parle pas comme ça, tu veux ? Comme quoi ? Je parle comment ? »

Né de parents juifs d’origine ukrainienne, David Homel est né en 1952 à Chicago ; il est établi à Montréal depuis près de 30 ans et a, outre son métier d’auteur, traduit différents ouvrages de grands auteurs, notamment de Dany Laferrière, Daniel Pennac et Monique Proulx. Il collabore aussi aux quotidiens La Presse, The Gazette, et The Globe and Mail.

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