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La réparation

GAGNON, KATIA

Boréal

dimanche 5 juin 2011, par Laurence Lebel

(4.5/5) Chaque année, plusieurs jeunes étudiants québécois se font taxer, humilier et tabasser entre les murs de leur institution scolaire. L’intimidation est malheureusement une réalité alarmante qui fait beaucoup de victimes. Les effets de cette violence psychologique et parfois même physiologique peuvent être dévastateurs pour celles-ci : la perte totale de l’estime de soi, le rejet de la part de leurs comparses, un rendement scolaire difficile et, dans des cas extrêmes, le suicide. C’est d’ailleurs de ce sujet dont il est question dans le premier roman de l’auteure Katia Gagnon, La réparation.

Un bon matin, Marie Dumais, journaliste pour La nouvelle, apprend qu’une jeune adolescente, Sarah Michaud, s’est enlevée la vie après avoir été victime d’intimidation scolaire. Ayant un don pour les reportages en milieu difficile, la journaliste se fait confier l’affaire. À son arrivée à Rivière-aux-Trembles, Marie va à la rencontre des parents, des professeurs et des autres élèves qui ont côtoyé Sarah Michaud dans le but précis de percer le mystère. Elle découvre un environnement rempli de compétitions, d’hostilité et de jalousie. Au cours de son enquête, des questions s’imposent d’elles-mêmes : pourquoi Sarah Michaud s’était-elle enlevée la vie la veille de son anniversaire ? Qu’est-ce que la bande de Florence Dugré avait contre elle ?

Parallèlement à cette enquête, une seconde histoire évolue à travers les pages de La réparation ; celle de la jeune Marie-Lune Provencher, cinq ans, habitant avec sa mère, Jeanne Provencher, une femme ayant d’énormes obsessions religieuses et souffrant de délire schizoïde. On suit Marie-Lune tout au long de sa réinsertion sociale et de son apprentissage scolaire.

Katia Gagnon a su faire évoluer deux histoires complètement différentes avec une grande habileté. Les chapitres s’alternent avec fluidité et nous relatent la vie de deux enfants qui ont subi d’énormes traumatismes. L’écriture et le vocabulaire utilisés sont simples et directs. L’auteure va droit au but, n’abuse pas des métaphores et met surtout l’emphase sur les émotions. Tout au long de la lecture, on se surprend à développer un énorme sentiment de compassion face à la petite Marie-Lune. Son cas est décrit de façon plutôt médicale, et l’histoire évolue par le biais des rencontres avec les médecins et les psychiatres. Tandis qu’avec Sarah Michaud, Katia Gagnon nous fait plutôt découvrir son histoire par l’enquête que mène Marie Dumais. L’histoire se développe beaucoup plus sous forme de questions-réponses et de déductions que la journaliste soulève tout au long de son enquête. Une manière très efficace de garder le lecteur en haleine jusqu’à la fin.

Katia Gagnon est journaliste. Elle commence sa carrière comme correspondante parlementaire pour La Presse Canadienne. Puis, elle se dirige vers le quotidien La Presse en tant qu’éditorialiste et reporter spécialisée en sujets sociaux. Katia Gagnon a su toucher et émouvoir son lectorat avec des papiers traitant de sujets très durs tels que la prostitution, l’itinérance et la maladie mentale. Sa plume sensible lui a d’ailleurs valu le prix Jules-Fournier en 2009. À ce jour, Katia Gagnon est responsable de la direction des informations générales à La Presse et La réparation est son tout premier roman.

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