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Suite(s) impériale(s)

ELLIS, BRET EASTON

Robert Laffont

dimanche 7 novembre 2010, par Éric Dumais

(4/5) L’écrivain américain à sensation Bret Easton Ellis récidive cette année avec un nouveau roman, Suite(s) Impériale(s), qui est la suite, précisément 25 ans plus tard, de son percutant ouvrage de jeunesse, Moins que zéro (1985). Dans cette nouvelle histoire sombre d’un Los Angeles plus fantomatique que jamais, Clay, un scénariste et producteur éminemment respecté dans le milieu cinématographique, retrouve ses bons vieux amis de jeunesse, notamment Blair, Trent, Julian et Rip avec lesquels il tente de reprendre contact. Cependant, les choses ont changé depuis son départ de la majestueuse Cité des Anges et chacun doit faire face aux aléas de la vie hollywoodienne, où la vacuité, la solitude et l’égocentrisme tentent de les emprisonner chacun à tour de rôle. « Dans l’appartement, tremblant et trempé, tenant à deux mains un verre de vodka dans l’obscurité du balcon, les orages balayant toute la ville, je regarde la Mercedes noire aller et venir dans Elevado, et puis je reçois un SMS en provenance d’un numéro bloqué – Hé, gringo, tu ne peux pas te cacher – accompagné d’un smiley qui cligne de l’œil […]. »

Dans ce nouveau récit sordide, on retrouve plusieurs mécanismes propres aux films noirs. En effet, l’atmosphère générale est constamment oppressante, les scènes sont d’une noirceur presque maladive, et les sentiments d’angoisse, de tension et de peur sont sans cesse en train de guetter le personnage. Clay se rend rapidement compte, alors qu’il a vécu plusieurs années à New York, que son retour à Los Angeles n’est pas aussi idyllique qu’il le croyait. Ses amis semblent avoir changé, ses fréquentations n’inspirent plus la confiance de jadis, et l’anti-héros, de fait, ne sait plus très bien sur quel pied danser. Un jour, Clay fait la rencontre de Rain, une jeune actrice au talent questionnable mais au physique parfait, et tente le tout pour le tout pour qu’elle participe à son prochain film, intitulé Les Auditeurs. Il lui fait de fausses promesses, tente de la manipuler, mais bientôt tout s’embrouille, tout s’obscurcit : est-ce Clay qui se fait manipuler par ce qu’il semble être une femme fatale ? Car le protagoniste reçoit plusieurs SMS anonymes au cours du récit, sans compter les nombreuses fois où il est filé par une mystérieuse Jeep bleue. Dans ce récit, les personnages semblent tous être possédés par les mêmes démons, celui de la luxure, de la drogue, de l’alcool et des fêtes grandioses et opulentes.

Au premier coup d’œil, le style sobre et épuré de Bret Easton Ellis est ce qui lui permet d’imaginer et de mettre en scène un récit aussi vivant que possible, qui ressemble à de nombreux moments à un récit cinématographique. Les chapitres sont aussi très courts, ce qui accentue la tension et le suspens au fil du récit. C’est, règle générale, un roman très bien construit et digne de l’honorable réputation de l’auteur.

Bret Easton Ellis est né en 1964 à Los Angeles. Depuis la publication de son premier roman Moins que zéro, en 1985, il a connu une notoriété sans précédent, ce qui lui a permis de devenir un écrivain éminemment respecté de son époque. L’auteur a également écrit Les Lois de l’attraction (1988), American Psycho (1992), Zombies (1996), Glamorama (2000) et Lunar Park (2005). Son œuvre a été traduite et adaptée au cinéma et demeure encore aujourd’hui un monument imposant de la littérature américaine contemporaine.

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