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Les Criquets Crinqués (CISM 89,3 FM)

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La nuit des morts-vivants

BLAIS, FRANÇOIS

L’instant même

dimanche 13 novembre 2011, par Laurence Lebel

(3.5/5) Bien que le titre puisse rappeler un film d’horreur bien connu des cinéphiles, le roman de François Blais n’a rien à voir avec l’œuvre de Romero. La nuit des morts-vivants prend place à Grand-Mère. Les deux protagonistes principaux, Pavel et Molie, ne sont pas très sociables et préfèrent vivre la nuit. Nous suivons donc ces deux zigotos alors que leurs vies et leurs relations avec le monde sont au neutre.

D’un côté, il y a Pavel, jeune homme dans la trentaine qui fantasme sur la serveuse du bar du coin et qui travaille de nuit comme cireur de plancher pour la compagnie Maintenance des Chutes. De l’autre côté, il y a Molie, une chômeuse invétérée qui connait les rues de Grand-Mère comme personne d’autre. Molie habite en compagnie de sa sœur carriériste qui, bien qu’elle soit plus jeune qu’elle, est beaucoup plus mature et organisée que sa grande sœur. Les personnages de François Blais n’ont aucune quête à accomplir dans La nuit des morts-vivants. Le lecteur n’est pas témoin d’une histoire rocambolesque, il est plutôt observateur de deux vies. Au fil de l’histoire, le lecteur apprend à connaitre Pavel et Molie à travers leurs anecdotes, leurs réflexions, leurs joies et leurs peines.

La nuit des morts-vivants est écrit sous forme de journal intime. Tout d’abord, le journal intime de Pavel qui est écrit à la troisième personne et qui raconte les rencontres du personnage et les diverses discussions qu’il entretient avec son meilleur ami Henrik et la copine de ce dernier, Anna. Plusieurs sujets sont abordés au fil des chapitres concernant Pavel dont la philosophie, la littérature, les relations hommes-femmes, la musique et bien entendu le hockey !

Pour ce qui est de Molie, l’écriture de son journal intime se fait sous plusieurs formes. François Blais a fait de Molie une amoureuse de l’exercice de style. En plus d’écrire ses mémoires et ses réflexions au « je » plutôt qu’à la troisième personne comme Pavel, elle teste plusieurs styles d’écriture et de syntaxe. Par exemple, plusieurs chapitres seront écrits sans aucune ponctuation. Le rythme est donc rapide et peut des fois nuire à la compréhension et à l’appréciation du journal intime de Molie. Reste que les propos du personnage sont drôles et bien ponctués.

François Blais est natif de Grand-Mère et La nuit des morts-vivants est son 5e roman à être publié aux éditions L’instant Même. Exerçant le métier de traducteur, il vit maintenant dans la grande ville de Québec.

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