Le quatuor anglais exclusivement féminin signe avec No shouts no calls son quatrième album studio en carrière. Le disque semble reprendre le travail là où la formation l’avait laissé avec The power out (2004), opus qui avait été suivi par un disque d’ordre plus expérimental et quelque peu décevant : Axes (2005). La puissance mélodique est donc remise à l’honneur par ce groupe au son éminemment organique : capables de s’appuyer et de se relancer avec une rare complicité, les filles d’Electrelane semblent toujours attentives aux moindres variations que les autres induisent pour faire évoluer les pièces. Hypnotique et nerveuse, la musique du quatuor entretient une tension presque permanente qui se module au rythme des changements de dynamique, marque de son caractère « post-rock ». Ceci se vérifie pleinement sur la pièce Five, mais aussi sur After the call. Les structures répétitives et le primitivisme des compositions rappellent leurs influences krautrock et post-punk, mais une écoute attentive permet de déceler les variations subtiles qui font apparaître le raffinement sous-jacent des pièces. Quelques morceaux de l’album mettent aussi en valeur des instruments qui ne constituent pas le cœur instrumental de la formation, notamment le magnifique violon sur In Berlin. Certaines pièces proposent également des digressions bienvenues, comme la « quasi-métaleuse » Between the wolf and the dog, ou encore la joyeuse Cut and run avec son ukulélé bien mis en évidence. La voix de Verity Susman est partie prenante de presque chaque pièce et les claviers (surtout l’orgue) demeurent un ingrédient essentiel des compositions. Avec No shouts no calls, Electrelane vient sans contredit de signer son disque le plus efficace mélodiquement, mais aussi le plus achevé.
Desc. : Indie rock organique
R.S.V.A. : Stereolab, Mogwai, The Organ
